novembre 30, 2020

Le Jour d’Après

Titre Original : The Day After

De : Nicholas Meyer

Avec Jason Robards, JoBeth Williams, Steve Guttenberg, John Cullum

Année: 1984

Pays: Etats-Unis

Genre: Science-Fiction

Résumé :

L’histoire effrayante d’une catastrophe nucléaire qui secoua la ville de Kansas City, aux Etats-Unis.

Avis :

Réalisateur américain quelque peu oublié, Nicholas Meyer, c’est avant tout un scénariste qui a une jolie carrière. Oscillant entre le cinéma et la télévision, Nicholas Meyer a travaillé sur « Sherlock Holmes attaque l’Orient-Express« , « Sommersby« , « Meurtre par intérim« , « Dommage collatéral » ou plus récemment sur des séries comme « Houdini« , et presque comme une évidence, sur « Star Trek: Discovery« , car oui, si Nicholas Meyer a réalisé quelques films, c’est son apport à la saga « Star Trek » qu’on a tendance à bien plus retenir de lui, car en plus d’avoir travaillé sur le scénario du merveilleux « … Retour sur Terre » de Léonard Nimoy, il est aussi le réalisateur de deux films sortis dans les années 80,  » … La colère de Khan » et « … Terre inconnue« .

Après s’être essayé à l’univers « Star Trek » en 1982, Nicholas Meyer revenait avec un film assez ambitieux, « Le jour d’après« . Pour son troisième film, le réalisateur a voulu s’embarquer dans une guerre atomique qui fera basculer le monde. Entre tensions qui montent crescendo et argument fort et passionnant, Nicholas Meyer nous entraîne dans un film qui sera malheureusement bancal, car son œuvre est scindée en deux, avec une première partie affolante et une deuxième bien plus classique et sans surprise, ce qui aura tendance à quelque peu abîmer tout ce que le réalisateur aura fait en amont. Quoi qu’il en soit, entre qualités et défauts, entre fabuleux et oubliable, je ne regrette pas de m’être arrêté sur cet oublié de Nicholas Meyer.

Près de Kansas City, des hommes et des femmes mènent une vie normale et paisible. Un médecin retrouve son épouse, après que sa fille lui ait dit qu’elle allait partir habiter loin d’eux. Une jeune femme va se marier dans deux jours. Un militaire est heureux d’avoir une permission. Bref, la vie suit son cours normal et pourtant, ces deux jours sont les derniers d’une vie normale, car en Europe, la colère gronde et bientôt une ascension de violence commence et quand l’Otan est attaqué, c’est une guerre nucléaire qui éclate.

Comment le monde peut-il de nouveau basculer dans l’horreur de la guerre, surtout avec la menace du nucléaire ? « Le jour d’après« , comme je le disais plus haut, est un film qui assez bancal, notamment dans sa deuxième partie qui va se révéler moins passionnante, alors même qu’elle aura des éléments qui vont être terriblement intéressants. Mais bon, j’y reviendrais.

« Le jour d’après » est donc un film qui se scinde en deux, entre la montée d’un conflit mondial, puis les conséquences d’une frappe nucléaire sur la population survivante.

La première partie, qui dure un peu plus d’une heure, est affolante. C’est dingue la précision qu’arrive à insuffler Nicholas Meyer à son récit pour rendre cette montée de tension et de violence crédible et surtout terrifiante. Franchement, son film, à force de réalisme, fait froid dans le dos. Nous plaçant au même niveau que ses personnages, on va découvrir avec eux, à travers leur télévision et leur radio, l’inexorable montée en tension qui amènera au point de non-retour. Il y a quelque chose de l’ordre de l’impuissance, qui voit ce conflit naître et éclater en quelques heures. Un conflit dont les personnages vont être témoins, sans vraiment y croire, ne pensant pas basculer en si peu de temps. C’est donc là le génie de Nicholas Meyer qui prend tout le monde en otage de la situation. Le réalisateur arrive à rendre ces dernières heures de tranquillité aussi passionnantes que terrifiantes.

Mais c’est aussi pour cela qu’après cette heure folle, d’une maîtrise incroyable, bien que la dernière heure du film ait de l’intérêt, notamment en ce qui concerne les retombées radioactives, ou encore l’absence du gouvernement pour aider la population plongée dans le chaos d’une Amérique détruite, ce que Nicholas Meyer choisit de nous raconter se fait plus classique et surtout moins prenant. Cette tension a disparu, et malgré les éléments décris plus haut, clairement le cinéaste n’arrive pas à rendre le tout aussi passionnant. Ainsi, de petites longueurs naissent et on sent une hésitation, comme si le metteur en scène ne savait pas quelle direction prendre pour conclure son film et c’est dommage, car ça abîme, ou plutôt ça entache tout ce qui a été fait avant.

« Le jour d’après« , même s’il peut décevoir dans sa deuxième partie, demeure un film très intéressant, et même passionnant. La façon dont les éléments s’enchaînent, le réalisme des situations décrites, le côté sans artifice, le côté témoin impuissant de l’inévitable, ou encore la mise en scène de Nicholas Meyer qui du moins dans sa première heure, ou dans l’attaque, dégage quelque chose de terrifiant. Le réalisateur nous offre aussi des personnages intéressants, et surtout, il n’épargne personne après cette attaque. D’ailleurs, en parlant d’attaque, même si cette dernière a pris un petit coup, elle reste très bien fichue.

Bref, « Le jour d’après » retombe un peu dans sa deuxième heure, mais il n’en reste pas moins un oublié à découvrir et plus largement un film intéressant qui fait froid dans le dos. Albert Einstein est cité à un moment avec cette phrase « – Je ne sais pas comment sera la troisième guerre mondiale, mais ce dont je suis sûr, c´est que la quatrième guerre mondiale se résoudra à coups de bâtons et de silex » et à la découverte du film de Nicholas Meyer, ce dernier peut en être une belle et triste définition.

Note : 14/20

Par Cinéted

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