novembre 30, 2020

Black Stone Cherry – The Human Condition

Avis :

Originaire du Kentucky, cela fait maintenant quatorze ans que Black Stone Cherry roule sa bosse dans le monde du Southern Hard Rock. Après un premier album éponyme en 2006, le groupe trouve réellement le succès avec le troisième effort, Between the Devil and the Deep Blue Sea. Dès lors, impossible d’arrêter le quatuor, qui va sortir un album tous les deux ans dans un timing métronomique. Et force est de constater que l’énergie ne cesse de croître au fur et à mesure des albums. Magic Mountain confirmera le groupe, alors que Kentucky montrera une facette un peu plus touchante. Très attaché à leur terre et à leur famille, c’est en 2018 que sort Family Tree, et que l’on sent les premiers frémissements d’une baisse de régime. Rien d’alarmant, mais une sorte de redite, comme si le groupe resservait la même recette inlassablement. Est-ce le cas ici ?

La crainte que l’on peut avoir avec The Human Condition, c’est que le groupe se repose sur ses lauriers ne propose aucune nouveauté. Et en l’état, au bout d’une petite écoute, on peut y voir un peu de fainéantise. Le groupe ne surprendra personne avec cet album, qui est calibré, reste dans le crédo habituel et manque peut-être d’une paire de titres qui nous sortent de notre zone de confort. Dès le départ, le ton est donné. Ringin’ in my Head sonne comme un hymne du groupe qui mélange assidument un Hard bien senti avec quelques infusions bluesy. Le côté couplet gentillet et refrain plus nerveux fonctionne du tonnerre et on va se surprendre à chanter en même temps que Chris Robertson. Et c’est peut-être là la force du groupe. Que malgré l’aspect redondant et facile, on se laisse prendre au jeu et on se fait embarquer.

Ce constat, on va le faire durant tout l’album, au fil des morceaux. Again est là pour en attester. Premier morceau choisi pour « vendre » l’album, le titre est ultra efficace. Les riffs sont puissants, le couplet, plus lent, permet au chanteur de placer sa voix chaude, on nous cale un petit solo des familles au milieu. Bref, c’est calibré, bien fondu dans un moule, mais ça marche à plein régime. Push Down & Turn ira chercher du côté du Hard bien senti des familles, et le résultat sera très convaincant. Certes, le quatuor ne réinvente rien, mais c’est maîtrisé du début à la fin et les riffs, plus lourds, donnent une belle dynamique à l’ensemble. Cette énergie, on la retrouve dans d’autres morceaux comme Live This Way et son rythme infernal ou encore The Chain et son démarrage tout timide en mode Grunge bluesy. Bref, le groupe a encore la pêche.

Bien évidemment, l’album contient aussi son lot de titres un peu moins marquants. Des titres qui passent, qui sont de bons moments, mais qui manquent soit de puissance, soit de passages qui restent. A titre d’exemple, on peut citer le timide When Angels Learn to Fly, qui débute comme une ballade rock mais qui n’arrive pas vraiment à déployer ses ailes pour nous emporter pleinement. La faute à un carcan trop resserré pour se la jouer beau gosse dragueur. Il en va de même avec In Love With the Pain, malgré un refrain catchy à souhait qui rentre directement dans le crâne. Alors oui, c’est bien fichu, mais ça reste très classique, peut-être trop. Et de la part d’un gros groupe comme Black Stone Cherry, on en attend un peu plus aujourd’hui. Et on ne parle pas de The Devil in Your Eyes, relativement transparent malgré son côté blues assumé.

Histoire de bien voir que le groupe se repose un peu trop sur ses acquis, on retrouvera quelques gimmicks qui reviennent sur quasiment chaque album. Bien évidemment, on n’échappera pas à la ballade qui se veut touchante et mielleuse. Le problème, c’est qu’avec If my Heart Had Wings, on reste dans un mélo trop cliché et qui manque d’originalité. Le groupe nous avait habitués à bien mieux en matière de ballade. On aura aussi droit à la reprise. Ici, c’est Don’t Bring me Down du Electric Light Orchestra, qui est à peine revisité, avec un riff un peu plus rugueux, mais ça reste sensiblement la même chose. Bref, le groupe ne se foule pas trop pour le coup. Néanmoins, comme dit auparavant, l’ensemble fonctionne. Le groupe garde une énergie communicatrice et la production est tout simplement parfaite. Bref, malgré le goût de déjà-vu, Black Stone Cherry arrive à nous charmer.

Au final, The Human Condition, le dernier effort de Black Stone Cherry, est un bon album. Il est difficile de dire le contraire quand on voit la générosité des compositions et l’efficacité de ces dernières. On se plait à chanter les refrains à tue-tête et à se laisser bercer par la voix chaude de Chris Robertson. Malgré une recette qui commence à se répéter langoureusement, le groupe arrive à nous embarquer sans aucun mal et on ne redemanderait presque encore une petite louchette.

  • Ringin’ in my Head
  • Again
  • Push Down & Turn
  • When Angels Learn to Fly
  • Live This Way
  • In Love With the Pain
  • The Chain
  • Ride
  • If my Heart Had Wings
  • Don’t Bring me Down
  • Some Stories
  • The Devil in Your Eyes
  • Keep on Keepin’ on

Note: 15/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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