décembre 2, 2020

Bloodline

De : Henry Jacobson

Avec Seann William Scott, Mariela Garriga, Dale Dickey, Kevin Carroll

Année: 2018

Pays: Etats-Unis

Genre : Horreur, Thriller

Résumé :

Evan valorise la famille avant tout, et quiconque se met entre lui, son épouse et son fils nouveau-né l’apprend à la dure. Mais entre la protection de ses proches et la violence débridée, il y a une mince frontière qu’Evan ne peut s’empêcher de franchir…

Avis :

Depuis maintenant de nombreuses années, la maison de production Blumhouse a la mainmise sur les films d’horreur. Avec Paranormal Activity, Jason Blum a vite compris que de petits concepts avec peu de budget pouvaient rapporter gros. De ce fait, la maison produit beaucoup, notamment des films qui sont voués au marché de la VOD ou du DVD. C’est le cas de Bloodline sur lequel on s’arrête aujourd’hui. Sorte de thriller horrifique porté par un Seann William Scott qui veut changer de registre, le film n’apporte rien de nouveau au genre, bouffe un peu à tous les râteliers qui ont du succès aujourd’hui et malgré un concept intéressant, se plombe dans un rythme pénible. Bref, comme bon nombre de petites productions Blumhouse, Bloodline n’arrive pas à se défaire de son statut de film low cost, et cela malgré quelques bonnes intentions.

La Mort dans la Peau

Evan est un psychologue scolaire qui aime son métier. A un tel point que lorsqu’il reçoit certains de ses patients martyrisés par leurs parents, son sang ne fait qu’un tour, et il ressent une irrépressible envie de tuer ces derniers. Et c’est d’ailleurs ce qu’il fait le soir, quand sa femme dort. Mais Evan est aussi père de famille et il commence à avoir du mal à conjuguer toutes ses activités. Heureusement, sa mère va venir aider à la maison, et le recadrer dans toutes ses activités. Pitch intéressant et novateur, Bloodline laissait supposer un bon petit thriller à tendance horrifique, avec quelques jolis meurtres à la clé. Mais malheureusement, si sur le papier cela semblait sympathique, il va en être tout autre chose à l’image. Il faut dire que le film manque d’ampleur dans son écriture et ne prend pas vraiment le temps de développer les choses. Ou s’il le fait, c’est de façon molle et maladroite, enchainant les gimmicks pénibles aux années 80.

On n’échappera pas aux néons bleus et rouges qui sont utilisés à outrance. On ne passera pas à côté d’une musique synthwave qui ne colle pas vraiment à l’ambiance voulue. Ces tics de réalisation deviennent vite lassants, s’organisant plus comme un argument marketing nostalgique que comme une véritable plus-value sur le métrage. Mais le véritable problème de Bloodline, c’est clairement son manque d’ambition, que ce soit dans le script ou dans la mise en scène. Il s’agit-là d’un film très statique, de champs/contre-champs sans saveur, qui mise tout sur son ambiance eighties, et cela ne prend pas vraiment. Le film fonctionne aussi sur un twist final qui laisse songeur quant à la moralité de l’ensemble. On voit que le réalisateur veut surprendre avec un retournement inattendu, une prise de position étonnante, mais globalement, cela ne marche pas.

Doutes

Le film raconte donc comment un homme perclus de pulsions macabres, décide de faire le « bien » en tuant des adultes violents envers de jeunes gens. Sorte de bras vengeur de la justice, il trouve un équilibre en faisant le mal à des personnes mauvaises. Bien entendu, cela inclus une réflexion sur la peine de mort. Et le film va carrément prendre parti. C’est-à-dire que l’on aurait pu croire à une prise de conscience, à un malaise suite à une erreur sur la personne. Mais non, le film reste sur ses positions puantes et délivre sans pression un message pour la peine de mort. Il ira même plus loin en montrant la jeunesse du personnage principal, d’où il tient ces pulsions et comment, petit à petit, il va transformer sa femme, que l’on pourrait croire apeurée. Et là, ça va encore plus loin, transformant le bras vengeur en simple tueur et en acceptant cet état de fait.

On va donc avoir des doutes sur les intentions de ce film. Dénonce-t-il la peine de mort en mettant en avant un tueur qui ne trouve pas la paix ? Ou bien en fait-il l’apologie en mettant en avant un tueur qui a été formé et qui n’est jamais condamné, même par sa femme ? Le film met le doute et semble choisir le plus mauvais chemin, prônant comme excuse les valeurs de la famille et le fait de se protéger les uns les autres. Dans le délire psychotique, on retrouve un Seann William Scott qui se fait trop rare. Celui que l’on dénomme Stiffler suite à American Pie change de registre pour camper un sociopathe. Il est convaincant même si parfois, il en fait des caisses. A ses côtés, on retrouve une Dale Dickey impeccable mais trop effacée ou encore une Mariela Garriga toute discrète mais qui fait le taf en atout charme.

Reste alors le fait que le film puisse être un divertissement un peu gore. Mais là encore, on va vite déchanter. Le problème réside dans le rythme du film qui se veut langoureux et assez lent. Cela ne sert strictement à rien et au final, il n’est qu’une répétition qui piétine. Un enfant maltraité, un adulte kidnappé, un meurtre au couteau avec des révélations faites sur un magnétophone. Et cela revient inlassablement, avec quelques changements pour fournir un plot twist inutile et tape à l’œil qui revient sur la scène d’ouverture où une nana à poil se fait égorger sous la douche. Rien de bien folichon donc, et on pourra même pester sur l’ambiance qui lorgne plus du côté du thriller conventionnel que de l’horreur. Si voir quelques gouttes de sang suffit à catégoriser un film en horreur, il n’y aurait plus beaucoup d’autres genres…

Au final, Bloodline est un film assez décevant. Plutôt court et original dans son idée de base, dans son concept, le film se perd totalement en prenant le parti de son personnage et en faisant presque un film qui cautionne la peine de mort. Si l’on outrepasse le message grossier et puant, le film de Henry Jacobson ne gagne pas pour autant des galons, se voulant lent et tape à l’œil dans sa mise en scène un peu eighties. Pour faire bref, ce film fait partie des toutes petites productions Blumhouse pour lesquelles on ne va pas se battre pour les voir…

Note : 07/20   

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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