décembre 2, 2020

Blanche-Neige – Le Plus Horrible des Contes

Titre Original : Snow White – A Tale of Terror

De: Michael Cohn

Avec Sigourney Weaver, Sam Neill, Gil Belows, Monica Keena

Année: 1997

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur, Fantastique

Résumé :

Le conte de Grimm revisité dans une version bien plus horrifique que celle de Disney. Claudia, une femme belle et acariâtre, n’arrive pas à accepter la présence de sa belle-fille Lili dans sa vie. La rendant de plus responsable de sa fausse couche, elle se charge de la faire tuer. Arrivant à échapper au piège tendu par sa belle-mère, Lili est recueillie par sept vagabonds…

Avis :

A l’origine, les contes des frères Grimm n’étaient pas forcément destinés à un jeune public. Violents, crus, parfois sauvages avec des enfants qui se faisaient découper en rondelles avant de macérer dans des tonneaux, les contes des deux frères allemands n’étaient pas là pour faire rigoler dans les chaumières, mais plutôt pour lancer des avertissements. Ce n’est qu’au fil du temps que les réécritures ont vu le jour pour s’adapter à un jeune public et balancer des morales plus universelles. Et Disney d’en faire ses choux gras. Mais bien évidemment, revenir aux origines, en refaire des contes horrifiques, était une idée tentante et certains ont passé le pas, comme Michael Cohn.

Inconnu au bataillon (d’ailleurs quand on fait des recherches sur internet, on trouve un architecte parisien), papa de seulement deux films et quelques téléfilms, Michael Cohn livre un film très moyen, voire médiocre, et qui ne vaut son coup d’œil que pour la prestation éclatée d’une Sigourney Weaver risible au possible. Retour sur un film qui avait tous les ingrédients pour être horrifique, mais qui se perd complètement par manque d’ambition.

Où sont les nains ?

Avec cette relecture du conte, Michael Cohn va essayer de chambouler certaines de nos habitudes avec cette histoire. Le film commence avec la mort de Liliane, alors enceinte, et très rapidement, nous faisons un bond de seize ans en avant, retrouvant le pauvre riche homme avec sa fille qu’il aime tant. Cependant, il souffre de solitude et décide de se marier à Claudia, une belle et mystérieuse femme qui a du mal à se faire à Lily et va tout faire pour la foutre dehors. Jusque-là, ça ressemble au conte de base que l’on connait tous. Lily s’enfuit et se retrouve alors avec sept brigands (ce ne sont plus des nains bien qu’un des brigands soit un nain) qui sont patibulaires et peu sympathiques, mais qui vont tout de même l’aider dans sa survie. A l’aide de son miroir, Claudia va alors chercher des solutions pour se débarrasser définitivement de Lily.

Avec un tel pitch, on peut effectivement croire que le film va être glauque à souhait et que l’on aura des passages assez effrayants, notamment dans les différentes façons de tentative de meurtre. Malheureusement, le réalisateur se fourvoie de manière chronique. L’histoire n’est finalement qu’un cycle qui se répète encore et encore, avec une tentative de meurtre instaurée par le miroir, puis un échec avec un des sept brigands qui va mourir. Et histoire de donner un peu de sens à certaines morts, juste avant, on nous dresse un portrait plus ou moins touchant de la prochaine victime. Une façon de faire assez grossière et qui démontre le manque d’écriture de ce métrage qui tente de survivre avec la simple présence d’un casting prestigieux, ou tout du moins d’un couple de stars qui avaient le vent en poupe à l’époque. Mais rien ne sauvera le film d’un certain désastre.

Actor Studio

On le sait, parfois un acteur peut sauver un film de par sa prestation. Et s’il est difficile de masquer le vide d’un scénario par une simple prestation, force est de constater que certains acteurs transcendent un film. Ce qui n’est clairement pas le cas ici. Si l’on excepte Sam Neill assez juste dans le rôle d’un père fatigué et manipulé, tout le reste du casting est une catastrophe. Surtout Sigourney Weaver, ce qui est étonnant. Jouant ici la méchante, elle surjoue constamment et n’arrive jamais à se rendre vraiment détestable. Au mieux, on s’en fout et elle reste monolithique alors qu’elle est normalement machiavélique. Le problème vient de son personnage amorphe, dont les ambitions ne sont clairement pas établies. Elle manque d’épaisseur et l’actrice ne parvient jamais à dépasser son personnage. Il en va de même avec les seconds couteaux, tous mauvais sans exception, surtout Monica Keena, aussi convaincante qu’un anorexique à Koh Lanta.

Le Plus Horrible des Montages

L’autre gros défaut de ce film, c’est son montage mais aussi sa réalisation. Michael Cohn ne décide jamais vraiment de la direction artistique de son métrage. Il délivre une ambiance quelconque qui pourtant, méritait un vrai traitement gothique. Quelques fulgurances vont venir parcourir le film, mais c’est réduit à peau de chagrin. Seul le final sort un peu du lot, avec un passage un peu gore et des effets pyrotechniques au ralenti qui démontrent que l’on pouvait faire quelque chose de ce film. Malheureusement, cet éclair de génie survient à la toute fin du métrage, après des séquences toutes plus laborieuses les unes que les autres. Les différentes mises à mort sont quelconques et très mal filmées. On pense par exemple à cet éboulement dans la mine, qui est très mal fichu au point d’en devenir illisible. Mais aussi à ce moment gênant où Claudia se retrouve grimée en vieille femme qui tient plus de l’orque que de l’être humain…

Le film souffre aussi d’un montage terrifiant, mais pas dans le bon sens du terme. C’est-à-dire que le film essaye de se dérouler en deux lieux différents en même temps. D’un côté nous avons Lily et les brigands, et de l’autre, Claudia dans son château avec le miroir maudit. Le film fait sans cesse des allers-retours entre les deux lieux et cela casse réellement le rythme du film. Déjà que l’ensemble est très lénifiant, ici, on va ressentir un sacré ennui à cause d’une rythmique paresseuse et d’un montage qui joue au ping-pong. A cela, il faut rajouter des personnages sans profondeur, des amourettes défendues sans intérêt qui donnent à l’ensemble un sentiment de statisme assez désolant…

Au final, Blanche-Neige – Le Plus Horrible des Contes est un film totalement dispensable qui ne sait jamais sur quel pied danser. Film d’horreur, film fantastique, film gothique, Michael Cohn ne choisit jamais et livre un film hybride et maladif. Rien n’est vraiment à sauver dedans, si ce n’est une fin un peu plus dantesque que tout le reste. Un film dans lequel tous les acteurs surjouent, même Sigourney Weaver qui doit encore se demander ce qu’elle est allée faire dans cette galère.

Note : 06/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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