décembre 2, 2020

Briller Pour les Vivants – Jérôme Hallier

Auteur : Jérôme Hallier

Editeur : Flammarion

Genre : Historique

Résumé :

Voici l’histoire vraie de Takeichi Nishi, dit le baron Nishi, né au début du XXe siècle dans une famille traditionnelle. Champion d’équitation aux Jeux olympiques de 1932, sa trajectoire fantasque et tragique est le symbole d’un siècle tourmenté, de son enfance solitaire et violente, ses frasques à Hollywood, son amitié avec son cheval Uranus jusqu’à sa chute à Iwo Jima en 1945.
Comment rester un cavalier, un ami et un père dans un monde en feu, où les compagnons d’hier sont devenus les ennemis d’aujourd’hui ?

Avis :

Tout d’abord, un immense merci à l’auteur pour nous avoir envoyé son second roman, agrémenté d’une dédicace émouvante qui nous rappelle que le travail de chroniqueur est magique !

Après La geisha et le joueur de banjo, Jérôme Hallier continue de nous émerveiller avec le Japon, un pays qu’il affectionne tout particulièrement. Cette fois-ci, l’auteur a choisi de nous présenter un personnage historique, ayant marqué la lignée des jeux olympiques japonais. Une figure plutôt méconnue du grand public qui méritait d’entrer dans nos cœurs.

Le baron Nishi n’est pas un personnage attachant de prime abord. Violent, égoïste, indépendant, alcoolique et indiscipliné, il renvoie constamment une mauvaise image de lui. Aux lecteurs, aux étrangers qu’il croise, à ses proches ou à ses collègues de travail. Pourtant, et c’est en cela que l’on reconnaît le talent habile de l’auteur, le lecteur finit par l’apprécier, à avoir pitié de lui, à l’admirer et même à le plaindre. Les quelques chapitres racontant l’enfance du personnage aident quelque peu à le comprendre, du moins à s’habituer à ses comportements extravagants et poussifs. Quant aux dernières pages, elles émeuvent et rendent un bel hommage à cet homme incroyable.

Certains passages du roman s’avèrent tragiques ou malaisants, douloureux ou énervants. L’auteur ne prend pas partie et reste simple observateur, laissant aux lecteurs le soin de se faire une opinion sur le personnage. Ce choix avisé aide à la lecture ; les mots choisis, le vocabulaire ou les tournures de phrases rythment à merveille ce récit de vie fascinant et plein de surprises.

Tous les personnages secondaires trouvent leur place, que ce soit l’oncle, le maître d’équitation ou le chauffeur. Qu’ils aient ou non existé, l’auteur précise d’ailleurs cela dans ses notes à la fin du roman, ils vibrent tous de réalisme. Les descriptions succinctes suffisent à nous les approprier et à nous les imaginer.

Les chevaux, également bien représentés dans l’ouvrage, apportent une touche de douceur. Ils font partie des héros de ce roman ; leur force, endurance et courage imprègnent les pages peignant les jeux olympiques et les entraînements difficiles. Le lecteur apprend à les connaître ou comment s’occuper d’eux, en même temps que notre héros. D’ailleurs, le baron Nishi fait preuve d’une remise en question très intéressante à ce propos ; la violence animale est décriée, et l’intégrité morale de chaque cheval est appuyée. La relation entre l’Homme et le cheval, joliment mise en valeur dans ce roman, nous inspire des fresques épiques et touchantes.

L’histoire est d’autant plus passionnante qu’elle représente aussi l’Histoire, celle avec un grand H. L’auteur nous donne à s’imprégner d’une époque révolue, de guerres entre voisins, et d’un état d’esprit bien différent de celui de notre époque, bien que les conditions des femmes ou celles des étrangers n’aient pas véritablement évolué en conséquence. Des personnages importants viennent fouler les pages du roman, tels que Harry Chamberlain, un cavalier émérite de l’armée américaine, et des lieux connus envahissent certains chapitres, tels que le Hollywood de la prohibition, celui des années folles.

Le roman met en valeur le destin tragique du baron Nishi. Enfance difficile, adolescence tourmentée, star de l’équitation, père et époux indigne, champion olympique, professeur irrespectueux, soldat téméraire et défenseur émérite. Il aura fallu du temps à Takeichi Nishi pour trouver enfin sa place dans ce monde, et ce que à quoi il était doué. L’ouvrage nous rappelle qu’il faut croire en ses capacités pour réussir et se donner tous les moyens de parvenir à ses objectifs. La soif de victoire et la rage de vaincre du baron lui auront permis de persévérer et d’atteindre le plus haut niveau mondial. Jérôme Hallier offre un récit qui donne matière à réfléchir sur sa propre vie.

Un autre narrateur se glisse dans le roman. Ses quelques interventions intriguent jusqu’à ce que l’on devine son identité. Cette alternance donne du rythme à l’histoire et attendrit le lecteur. Elles dirigent nos sens vers une autre vision du baron, un point de vue plus affectueux.

La fin de l’ouvrage résume quelques faits historiques tout en donnant quelques informations supplémentaires sur les personnalités historiques rencontrées. Ce dossier final comble nos lacunes et finit de nous convaincre : la qualité du travail acharné de l’auteur semble indiscutable. En plus de nous présenter une figure méconnue de l’Histoire, l’auteur partage avec ses lecteurs son amour du Japon, son attachement à une culture controversée, que les mangas et animés ne retranscrivent pas à leur juste valeur.

Le baron Nishi reste un individu impénétrable, une figure grandiose d’une ère tourmentée, à laquelle il est ardu de s’attacher. Cependant, son parcours inspire et son histoire force l’admiration ! Découvrez sa vie endiablée dans Briller pour les vivants, un ouvrage réussi qui met en lumière un mort, tout en illuminant nos esprits.

Note : 16/20

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Par Lildrille

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