décembre 2, 2020

Furies – Fortune’s gate

Avis :

Furies est un groupe parisien fondé en 2013 par la batteuse Zaza Bathory. Au départ, il s’agit d’un groupe 100% féminin, avec Alice Atkins à la basse, Meteor au chant, Kim Hell White à la rythmique, et Lévana Bajnouni à la guitare lead et aux backing vocals. En 2015, après un premier EP, le line-up évolue avec l’arrivée de Lynda Basstarde (un des meilleurs pseudos de bassiste de tous les temps) qui prend la basse et le micro et un an plus tard, le groupe devient paritaire avec l’arrivée des gratteux Billy Laser et Sam Flash (un droitier et un gaucher). Le groupe sort une cassette démo 2 titres, Unleash the Furies et se produit sur une émission de Canal +, puis se font remarquer de médias plus généralistes avec la reprise de Mourir sur Scène de Dalida, plutôt fun, jusqu’à l’artwork où Dalida est écrit avec la typo du logo de Metallica. Cette notoriété grandissante leur permet de brûler les planches aux côtés de groupes comme ADX ou Diamond Head et de tourner en festivals.

Premier album des parisiens, Fortune’s Gate offre un voyage dans le temps salutaire à une époque franchement moins anxiogène et plus décomplexée et ce, sans casser son PEL pour acheter un DeLorean. Furies, c’est du heavy metal à l’ancienne, période 80s, sous influences de groupes comme Iron Maiden, Judas Priest et lorgnant presque vers le power metal. Lynda Basstarde, qui a fait ses armes au sein de Hemoragy dès 2003, et de Women In Iron Form, possède une voix puissante et une capacité à pousser dans les aigus que n’auraient pas renié Doro Pesch et Marta Gabriel de Crystal Viper. De plus, le mixage met en avant la basse et Lynda assure franchement de côté. Zaza Bathory et rapide, technique et se montre autant à l’aise dans le mid-tempo que quand il s’agit d’envoyer de la vitesse.

Aux cordes, la paire Billy Laser/Sam Flash sont tout bonnement impressionnants, livrant des riffs imparables et des solis vertigineux. Dans un genre qui a toujours valorisé la virtuosité des six-cordistes, ils se montrent au rendez-vous. Un exemple parmi tant d’autres, Never Say Die est un petit bijou. Voodoo Chains est un tube immédiat qui fleure bon l’époque des battle jackets dès le premier riff. Delusions of Daylight donne une furieuse envie d’aller au contact et faire voler en éclats les mesures barrières. Même confiné et seul, on lève les doigts de metal comme un réflexe tout au long de Fortune’s Gate. Seul titre chanté en anglais, Antidote surprend au début mais avec le recul, sonne comme le générique d’un dessin animé badass et le côté « madeleine de Proust » à crinière longue fonctionne à plein régime.

A une époque où regarder les infos peut donner envie de se défenestrer, même du rez-de-chaussée, Fortune’s Gate, fait appel à nos souvenirs d’une époque bénie et presque insouciante et offre une bouffée de fraicheur. Rapide, technique, savamment mixé, c’est un premier album solide et dont le groupe Furies peut être fier. Espérons qu’on en finisse bientôt avec ce virus pour voir Zaza Bathory, Lynda Basstarde, Billy Laser et Sam Flash le défendre, tout en sirotant une bonne bière, une veste à patch sur le dos. 

  • You & I
  • The Fortune’s Gate
  • Voodoo Chains
  • Antidote
  • Delusions of Daylight
  • Never Say Die
  • Superstition
  • Prince of the Middle East
  • Fire in the Sky
  • Unleash the Furies

Note : 15/20

Par Nikkö

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