décembre 2, 2020

Le Jeu de la Dame

D’Après une Idée de : Scott Frank et Allan Scott

Avec Anya Taylor-Joy, Marielle Heller, Thomas Brodie-Sangster, Bill Camp

Pays: Etats-Unis

Nombre d’Episodes: 7

Genre: Drame

Résumé:

En pleine Guerre froide, le parcours de huit à vingt-deux ans d’une jeune orpheline prodige des échecs, Beth Harmon. Tout en luttant contre une addiction, elle va tout mettre en place pour devenir la plus grande joueuse d’échecs du monde.

Avis:

Même s’il est indiqué « saison un », il n’est pas du tout certain qu’une suite verra le jour, malgré le succès de la série, et ses innombrables bonnes critiques. Quel dommage ! Cependant, la fin est de qualité, tout comme le reste des épisodes. La boucle est bouclée, un merveilleux destin nous est conté ; on ne peut pas vraiment se plaindre tant la série regorge de passages inoubliables et marquants. Une fois commencée, vous ne pouvez plus vous arrêter. Binge watcher une série avec Le jeu de la dame n’a jamais été aussi simple.

La série nous happe dès les premiers instants, grâce à un casting dingue, une atmosphère des années soixante irrésistible, et une réalisation sans fausse note. On ne s’ennuie pas une seconde ! Que vous sachiez jouer ou non aux échecs, que vous compreniez quelque chose ou non aux multiples stratégies de ce jeu compliqué, n’hésitez plus et plongez dans Le jeu de la dame : vous ne serez pas déçus !

Tiré du roman  du même nom, écrit par Walter Tevis, et publié en 1983, Le jeu de la dame ne nous raconte pas une histoire vraie. Lui-même joueur d’échecs, Walter Tevis s’est entouré d’autres grands joueurs pour relire son texte et corriger certaines des parties qu’il y décrit en détails. Malheureusement, de cette époque, on ne retient aucun nom féminin ayant participé aux plus grands tournois d’échecs, bien qu’il y en ait eu.

Contrairement à ses consœurs, le personnage de Beth Harmon dans la série combat des adversaires masculins mondialement connus, et ne se contente pas des tournois entièrement féminins, peu retransmis et rarement mis en valeur. Beth Harmon constitue un personnage fascinant : orpheline difficile, jeune adolescente addict aux tranquillisants, adulte dépressive et alcoolique, et grande championne d’échecs, à l’esprit stratégique incroyable et à l’intelligence fulgurante. Sa personnalité ensorcèle dès les premiers instants.

Beth Harmon est une jeune femme imparfaite, tout comme nous autres ; elle a conscience de ses défauts et qualités mais ne s’empêche pas de vivre et de s’amuser pour autant. Malgré une enfance douloureuse, la jeune femme a su rebondir et vivre de sa passion. On ne peut que l’admirer, rester fascinés et la respecter pour cela. D’autant plus que la vie de maître aux échecs demande de l’entraînement ardu, une discipline stricte et une volonté de fer.

Jouer aux échecs doit se percevoir comme un véritable sport cérébral, qui demande autant de temps et de pratique que la course à pieds ou la natation. Et qui requiert un apprentissage aussi long et semé d’embuches que n’importe quel sport. Connaître le déplacement de chaque pièce ne suffit pas ; de nombreuses stratégies existent, les joueurs se les approprient et les automatisent, jusqu’à ne plus se laisser troubler par le jeu de leurs adversaires. Comme tout sport, les échecs nécessitent également un moral d’acier pour ne pas perdre pieds.

Même si le personnage s’avère génial dans sa construction, le jeu de l’actrice Anya Taylor-Joy (déjà vue dans Les nouveaux mutants ou Peaky Blinders) donne du poids à Beth. La série est clairement portée par cette incroyable jeune femme. Son jeu étonne constamment ; son regard fascinant, sa beauté saisissante et son charisme indéniable ne nous laissent pas indifférents. Anya Taylor-Joy s’intègre à la perfection dans le décor des années soixante, comme s’il avait été fait rien que pour elle. Ses coiffures, ses tenues et son vocabulaire nous plongent avec délectation au sein de cette époque, tout comme les décors sublimes, la musique, la mise en scène et les jeux de lumière efficaces.

En plus de la performance magistrale de l’actrice, d’autres acteurs secondaires talentueux l’accompagnent. L’actrice est entourée de Marielle Heller, qui interprète sa mère adoptive avec justesse, d’Harry Melling sous les traits d’un de ses amis et adversaires (que vous avez peut-être connu grâce à son rôle de Dudley Dursley, le cousin de Harry Potter), ou encore de Thomas Brodie-Sangster, l’un de ses amants et adversaires, connu pour avoir été l’un des héros de la trilogie adolescente Le labyrinthe, et Jacob Fortune-Lloyd, qui joue un joueur doué dont Beth tombe amoureuse. Toutes ces relations très différentes nous montrent Beth sous un jour nouveau. Ils adorent tous la jeune femme et l’aident dans sa quête ardue.

La série appuie également sur l’un des points sensibles de l’héroïne : son addiction à l’alcool et aux tranquillisants. Leurs effets positifs de leur prise sont joliment mis en avant, notamment quand Beth visualise clairement les parties ou les pièces d’échecs, et que son stress disparaît. La série met également en avant les effets néfastes de ces produits, présentant une Beth Harmon dépravée, qui s’enfonce dans un cercle vicieux pathétique, alors qu’elle est effrayée de combattre les plus grands joueurs et de se ridiculiser en public. La série fait passer ses messages de prévention sans que cela ne soit dérangeant, étant donné qu’ils s’intègrent parfaitement à l’histoire et au caractère de l’héroïne.

L’histoire débute dans les années cinquante, quand Beth entre en orphelinat. Le retour en enfance n’ennuie pas, au contraire il fascine car il dépeint les premières parties de la jeune fille, et ses premiers instants d’amour pour un jeu qui lui demande de réfléchir intensément.

La série nous offre également de multiples clins d’œil en rapport avec l’univers des échecs, ou en citant de véritables grands noms de joueurs ayant existé. Certaines parties éblouiront les habitués, ou fascineront les personnes néophytes. La série parle à tous et c’est ce qui en fait sa force !

Un coup de cœur pré-reconfinement qui fait du bien, qui donne envie de se surpasser pour accomplir ses rêves ou d’apprendre les échecs ! Une prouesse dans le jeu, une performance dans la reconstruction d’un passé pas si lointain, et une histoire palpitante qui plaira au plus grand nombre. Une belle réussite !

Note : 20/20

Par Lildrille

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