octobre 24, 2021

Petit Guide de la Chasseuse de Monstres

Titre Original : A Babysitter’s Guide to Monster Hunting

De: Rachel Talalay

Avec Tamara Smart, Tom Felton, Indya Moore, Oona Laurence

Année: 2020

Pays: Etats-Unis

Genre: Fantastique

Résumé:

Une lycéenne ayant accepté de jouer les baby-sitters le jour d’Halloween est recrutée par une société secrète spécialiste de la protection contre les monstres.

Avis:

Etrange carrière que celle de Rachel Talalay. Elle commence au début des années 90 en tombant dans l’horreur, et plus précisément dans la franchise des Freddy, puisqu’elle réalise le sixième volet. En 1995, elle décide d’adapter la BD Tank Girl, qui sera un échec. Dès lors, la réalisatrice se tourne vers la télé et va réaliser des épisodes pour un nombre incalculable de séries. Aujourd’hui encore, elle vit grâce à des épisodes de Sherlock, Flash, Riverdale ou Supergirl. Oui, elle fait partie de l’écurie de CW/DC. Mais il lui arrive parfois de sortir de cet univers pour pondre soit des films d’horreur, comme The Dorm, soit des films fantastiques à destination des enfants produits par Netflix, comme en atteste ce Petit Guide de la Chasseuse de Monstres. Et la question que l’on se pose tous, c’est la réalisatrice est-elle capable de pondre un bon film?

La dichotomie Talalay

La première chose qui frappe avec ce film, n’est pas forcément le scénario (on y reviendra un peu plus tard), mais bel et bien la mise en scène. Le démarrage est assez laborieux. On se retrouve face à des tics de réalisation propres à l’horreur, mais qui essaye de s’adapter à un univers familial. L’ensemble ne fonctionne pas trop, la faute à un rendu trop propre, et peut-être même trop au goût du jour. Il est bien loin le temps des Gremlins, aujourd’hui on envelopperait presque nos gosses dans du papier bulle. Bref, l’entrée en matière laisse à penser à un téléfilm estampillé Disney. Le genre de production à la Soy Luna ou même à la Violetta, avec des décors qui reviennent sans cesse et une absence conséquente d’atmosphère. Mais assez rapidement, on va se rendre compte que la réalisatrice a tout de même de l’ambition, notamment lorsque les premiers éléments fantastiques surviennent.

Si on pourra toujours reprocher au film de revenir sur des décors qui font souvent carton-pâte, notamment le QG des babysitters, certains plans vont venir nous frétiller la rétine. Notamment certains plans larges pour montrer les planques des monstres. Le passage dans le palais des chats est par exemple très intéressant visuellement. Tout comme l’arrivée dans le phare écroulé. Malgré des décors en fond vert avec des effets spéciaux, il y a un vrai travail sur la lumière et sur une ambiance délétère inquiétante. Rachel Talalay démontre une volonté de bien faire et d’imposer un style particulier, sans pour autant trop faire peur. Reste alors des effets spéciaux hasardeux, surtout au niveau des monstres (des crapouilles), qui font tâche dans cet univers si particulier. Ils sont plus proches du Minion que du gobelin et dénotent grandement avec les croque-mitaines.

Trop enfantin

Là où le bât blesse avec ce film, c’est clairement sur son histoire. On va suivre une jeune babysitter qui a vu des monstres dans sa jeunesse et qui doit s’occuper, le temps d’une soirée, d’un enfant qui donne vie à ses cauchemars. Il se fait alors kidnapper par trois monstres à la solde du Grand Guignol, qui veut créer une armée de cauchemars. Dès lors, notre héroïne va faire la rencontre d’une agence de babysitter spécialisée dans le combat contre les croque-mitaines, sept êtres terrifiants qui terrorisent les enfants. A partir de ce pitch, on va avoir un récit d’aventure fantastique plutôt relevé, avec de l’action qui ne s’arrête quasi jamais, mais qui manque cruellement d’ambition et de fond. C’est-à-dire que cette histoire est à destination des plus jeunes, et uniquement eux. Il ne faudra pas gratter le vernis pour trouver des messages fort, ni des valeurs exceptionnelles, si ce n’est de se battre pour retrouver quelqu’un et d’affronter ses peurs.

Et c’est bien là-dessus que le film mise toute son épaisseur. La jeune héroïne, en proie à des cauchemars depuis qu’elle est toute petite, va devoir se faire violence pour retrouver l’enfant dont elle a la garde. Elle va alors devoir affronter ses monstres, mais aussi combattre sa timidité envers le plus beau garçon du lycée. Une romance qui tombera vite à l’eau avant de revenir sur la fin. Mais ce ne sera pas la seule à combattre ses peurs. Son acolyte, dure à cuire, va aussi devoir se battre contre son passé et son frère disparu. Le petit garçon qui se fait kidnapper devra lui aussi lutter contre ses démons afin de réduire à néant les projets du grand méchant. Et le film ne se base que sur ça. On essaye tant bien que mal de nous pondre des personnages attachants avec des particularités, mais on frôle sans cesse le mauvais goût et les rires forcés pour les enfants.

Talalay et le mauvais goût

Il y a une sensation dans ce film qui relève constamment du mauvais goût. Même si ce n’est pas constant et que parfois la réalisatrice nous rattrape avec de jolis plans et de bonnes idées (la maison des chats), on frôle sans arrêt la limite avec l’intelligence. C’est-à-dire qu’il faut forcément qu’à un moment donné, il y ait un pet ou un rot. Il faut que certains personnages cabotinent comme jamais, en gesticulant dans tous les sens. Comme si nos têtes blondes étaient incapables de rire d’une simple vanne, qu’il fallait à chaque fois en rajouter des tonnes pour susciter l’hilarité chez les enfants. Ces traits forcés se retrouvent aussi dans certains personnages, comme celui qui fait les armes dans l’agence, ou encore le bad guy, joué par un Tom Felton qui ne fait que sautiller, beugler ou chanter. Nos enfants méritent mieux que ça.

Néanmoins, on peut souligner le féminisme pas trop exacerbé du métrage. Là où certains films en font des caisses, comme Assassination Nation ou Black Christmas cuvée 2019, ici, on place des héroïnes avec leurs fêlures, mais qui se révèlent plus fortes que les hommes. D’ailleurs, il n’y aura pas de héros masculins, ce qui change quelque peu du tout-venant enfantin que l’on retrouve bien souvent. Ce sera tout de même une maigre consolation face à un film qui fait souvent des choix hasardeux pour forcer le rire et le comique de certaines situations alors que cela n’était pas forcément nécessaire.

Au final, Petit Guide de la Chasseuse de Monstres est un film Netflix à destination des enfants qui fait le taf le temps d’un après-midi pluvieux. Si on peut pester contre le manque de profondeur et son aspect parfois cheap, le film est assez bien rythmé pour ne pas ennuyer le spectateur qui cherche une ouverture aux films de flippe pour ses gosses. Reste à savoir si le film deviendra une franchise, puisqu’il se termine sur l’évocation de la reine des sept croque-mitaines et donc une potentielle suite.

Note: 09/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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