décembre 2, 2020

Lince Blanco – Lince Blanco

Avis :

On connait tous le discours sur le fait que la musique est universelle, qu’elle traverse les frontières, bla, bla, bla… Il est vrai que la musique véhicule des émotions, des messages, de l’énergie, et cela peu importe le pays d’origine ou la langue utilisée. Sauf que la langue, justement, joue un rôle primordial dans notre approche de la musique. Prenons un exemple tout simple, l’allemand. Langue dure et rude, pour certains, c’est tout simplement inécoutable, apportant une sorte de violence dans le chant, qui serait presque inapproprié avec une musique douce. Bien évidemment, tout cela est faux et provient de notre propre culture, de notre propre sensibilité. Et même s’il est vrai que le métal ou le rock est un genre qui s’assimile parfaitement avec l’anglais, il peut se décliner en français, en allemand et même en espagnol. Mais pour cette dernière, on reste un peu frileux.

Si certaines formations hispaniques ont fait le choix de garder leur langue maternelle comme Magö de Oz par exemple, d’autres ont volontairement pris l’anglais pour toucher plus de monde. Et là, on pense à Diabulus in Musica. Il faut dire que l’espagnol, sur du chant clair, ne rend pas vraiment et manque d’agressivité. Et aujourd’hui, on va se pencher sur un cas un peu spécial, celui de Lince Blanco. Groupe espagnol fondé dans les années 2010, il ne va sortir qu’un seul album éponyme en 2017 avant de disparaître, la faute à un manque de retours et de succès. Ce constat assez triste pour un jeune groupe plein de fougue va trouver des explications dans le choix d’un chanteur hasardeux et d’une langue qui peine à convaincre dans le milieu du hard rock.

Mais cela ne va pas se voir de suite. En effet, le skeud débute avec Intro, une longue introduction instrumentale de plus de trois minutes. Pas de chant, rien que de la bonne patate à se mettre dans les oreilles. La ligne de basse est nickel, les guitares se répondent parfaitement, le batteur est plus que correct et les solos s’enchainent de façon pertinente. Bref, tous les compteurs sont au vert et on est en passe de se dire que l’on est peut-être passé à côté d’un très bon groupe. D’autant plus qu’au sein de cet album, un autre titre instrumental va venir titiller nos esgourdes, Night Raid. Complètement différent du premier titre, ce morceau instrumental flirte bon avec le sythwave au départ, pour peaufiner son style vers un Hard Rock électro très loin d’être déplaisant.

Et en soi, même sur les autres titres, on trouvera des éléments pertinents d’un point de vue musical, avec de solos et une rythmique entrainante. Sauf que Lince Blanco a un élément faible, très faible, dans son groupe, le chanteur. Alors on peut outrepasser la barrière de la langue et tout le laïus du départ de cette chronique, mais on peut difficilement pardonner les fausses notes et le chant criard très désagréable. A Favor de su Piel veut faire dans l’ambiance rock n’roll avec un début qui pousse à croire que l’on voit un live, mais très vite, on déchante avec les premières notes complètement fausses du chanteur. Et quand il vire dans les aigus, difficile de ne pas retenir quelques moqueries. Mais le pire dans tout ça, c’est que ce n’est pas le côté aigu qui dérange, mais cette non-maîtrise vocale parfaitement détestable.

On retrouve cela dans Una Noche Mas, qui possède un super riff, mais qui s’écroule dès que le chanteur ouvre la bouche. Et c’est con pour les autres morceaux agréables d’un point de vue rythmique et technique comme De Bar en Bar ou encore Fuera de Control. Et puis le groupe essaye quelques petits trucs pas si dégueulasses, comme par exemple Senda Salvaje et ses nappes de synthé qui évoquent les années 80, mais cela ne suffit pas à prendre le dessus sur cette voix ignoble. Et sur une production aux fraises. Certes, c’est autoproduit et on doit s’attendre à un tel rendu, mais là, on touche clairement le fond avec des enregistrements hasardeux et c’est tristounet.

Au final, Lince Blanco, le seul et unique album du groupe du même nom, est une belle déception. Il s’agit d’un album Hard Rock pas si mal foutu, mais qui se tire une balle dans le pied avec un chanteur qui ne sait pas chanter et qui part dans des notes fausses à s’en arracher les tympans. Aujourd’hui, le groupe n’existe plus, faute à un succès qui n’est jamais venu, et c’est dommage, car techniquement, les musiciens sont bons et méritaient un meilleur avenir dans la musique…

  • Intro
  • A Favor de su Piel
  • De Bar en Bar
  • Night Raid
  • Una Noche Màs
  • Suenos Rotos
  • Fuera de Control
  • Senda Salvaje

Note : 08/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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