novembre 30, 2020

Shokuzai – Celles qui Veulent se Souvenir

Titre Original : Shokuzai

De : Kiyoshi Kurosawa

Avec Kyôko Koizumi, Hazuki Kimura, Yû Aoi, Mirai Moriyama

Année : 2013

Pays : Japon

Genre : Drame

Résumé :

Dans la cour d’école d’un paisible village japonais, quatre fillettes sont témoins du meurtre d’Emili, leur camarade de classe. Sous le choc, aucune n’est capable de se souvenir de l’assassin. Asako, la mère d’Emili, désespérée de savoir le coupable en liberté, convie les quatre enfants chez elle pour les mettre en garde : si elles ne se rappellent pas du visage du tueur, elles devront faire pénitence toute leur vie. Quinze ans après, que sont-elles devenues ? Sae et Maki veulent se souvenir.

Avis :

Très grand réalisateur japonais, Kiyoshi Kurosawa est de ceux qui ont le plus marqué le renouveau du cinéma japonais. Tournant depuis le début des années 80, Kiyoshi Kurosawa, qui n’a aucun lien de parenté avec l’immense Akira Kurosawa, a tourné par moins de vingt films. On peut même dire qu’il a tourné vingt-sept films, si on regarde du point de vue de l’international, puisque « Shokuzai … », le film dont on va parler aujourd’hui, est en fait une minisérie de cinq épisodes, réunis en deux long-métrages pour passer les frontières.

Kiyoshi Kurosawa est un bourreau de travail, comme peut l’attester la vitesse à laquelle il enchaîne ses films. Pourtant, dans sa carrière, il y a un petit trou, certes pas très long, puisqu’on parle d’un trou de quatre années, mais un trou quand même, car le réalisateur est plus sur une tendance d’un film tous les ans, ou tous les deux ans. Ces quatre années, c’est sûrement le temps qu’il a fallu au cinéaste pour adapter, écrire et réaliser cette minisérie qu’est « Shokuzai« . Présenté chez nous en deux parties, la première « Shokuzai – Celles qui voulaient se souvenir » est la réunification des deux premiers épisodes, pour un film de deux heures, et si on aura des choses à redire au sujet de ce premier métrage, le moins que l’on puisse en dire, c’est qu’il traite de sujets forts et très intéressants.

Dans la cour d’école d’un paisible village japonais, quatre fillettes sont témoins du meurtre d’Emili, leur camarade de classe. Sous le choc, aucune n’est capable de se souvenir de l’assassin. Asako, la mère d’Emili, désespérée de savoir le coupable en liberté, convie les quatre enfants chez elle pour les mettre en garde : si elles ne se rappellent pas du visage du tueur, elles devront faire pénitence toute leur vie. Quinze ans après, que sont-elles devenues ? Sae et Maki veulent se souvenir.

Avec ce premier « Shokuzai« , le metteur en scène Kiyoshi Kurosawa s’intéresse à la façon dont chacun peut réagir à un événement. Ici, il nous présente quatre fillettes qui ont presque assisté au meurtre d’une amie et ainsi, chacune d’entre elles a vu le visage de l’assassin, mais le traumatisme étant trop fort, chacune ne peut se souvenir du dit visage, ou encore moins des détails de cette journée. Avec cette base de départ, Kiyoshi Kurosawa nous plonge alors quinze années plus tard, pour voir comment ces fillettes devenues jeunes femmes, vivent avec ce poids-là. « … Celles qui voulaient se souvenir » regroupe donc deux portraits de ces jeunes filles et le réalisateur nous livre-là deux portraits très intéressants. Deux portraits et deux façons de vivre et de réagir qui n’ont rien en commun, et qui parfois même peuvent partir dans quelque chose de très étrange, comme ce premier portrait où l’une des jeunes filles se marie avec un homme aux habitudes quelque peu étranges.

Si on pourrait lui reprocher certaines choses dans le destin de ses personnages, ou encore l’extrémisme de certains événements, ce qui frappe le plus avec ce premier film et ce que l’on retiendra principalement, c’est toute la psychologie poussée presque à l’extrême. Que ce soit dans un cas comme dans l’autre, Kiyoshi Kurosawa sonde les âmes torturées par cet événement passé, qui poursuit ces jeunes femmes, comme si des fantômes se cachaient derrière. Des fantômes qu’on pourrait très facilement assimiler à cette mère meurtrie qui fait un certain lien entre ces deux premiers portraits. Ainsi, à travers ce premier film, Kiyoshi Kurosawa parle de culpabilité, du poids de cette dernière, il aborde la difficulté de passer à l’âge adulte quand on est resté quelque part bloqué en enfance (excellente idée que l’un des corps refuse de grandir…). Bref, du point de vue psychologique, c’est vraiment très intéressant et très prenant.

Mais bon, face à cela, il faut dire aussi que « Shokuzai – Celles qui voulaient se souvenir » est un film qui n’est pas parfait. Si on laissera au réalisateur beaucoup de bonnes idées et une ambiance qui nous happe directement. Une ambiance qui crée un malaise assez intense parfois, « Shokuzai … », c’est aussi un film qui a tendance à tirer en longueur, notamment avec le premier portrait. Puis au-delà de ça, « Shokuzai … » est un film qui respire la série télé, ainsi, même si on trouve une ambiance prenante, la photographie est très terne, et pas forcément très jolie. Puis il y a le montage. Alors oui, c’est une minisérie éclatée sur deux films, mais le montage du tout en film fait que parfois, on sent vraiment les coupes, le tout manque parfois de subtilité et le final même s’il invite forcément à voir la suite, souffre d’un effet série télé.

Ce premier « Shokuzai … » est donc un film imparfait, mais il reste une œuvre très intéressante et un premier chapitre qui pousse grandement la curiosité. Un peu long, c’est vrai, l’ensemble sent un peu trop la série télé, mais la psychologie des personnages, les destins de ces derniers, sont intéressants, tout comme le malaise, l’ambiance malsaine ou encore ce casting, car oui, le film est très bien tenu, notamment par Kyôko Koizumi qui incarne une mère brisée. Bref, entre défauts et qualités, ce premier « Shokuzai … » mérite clairement qu’on s’y arrête.

Note : 12/20

Par Cinéted

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