novembre 30, 2020

The Boys Saison 2

D’Après une Idée de : Eric Kripke

Avec Karl Urban, Jack Quaid, Antony Starr, Erin Moriarty

Pays: Etats-Unis

Nombre d’Episodes: 8

Genre: Super-Héros

Résumé:

Dans un monde fictif où les super-héros se sont laissés corrompre par la célébrité et la gloire et ont peu à peu révélé la part sombre de leur personnalité, une équipe de justiciers qui se fait appeler « The Boys » décide de passer à l’action et d’abattre ces super-héros autrefois appréciés de tous.

Avis:

Sorti en 2006 pour s’achever en 2012, puis renaître de ses cendres en 2020, The Boys est un comic américain écrit par un certain Garth Ennis. Habitué des comics un peu hardcore sur les bords qui choquent le quidam amerloque, le scénariste s’est à chaque fois illustré avec des séries qui sont devenues des succès à la télévision. On peut évoquer son travail sur Preacher, mais aussi sur Judge Dredd ou encore Constantine (Hellblazer). A ce jour, son travail qui va connaître le plus gros succès est The Boys. Après une première saison tonitruante qui bousculait les codes des super-héros en les plaçant presque comme de possibles méchants, on attendait avec impatience la suite des aventures de Billy Butcher, Hughie et Homelander. Cependant, difficile de ne pas faire dans la redite et de tomber dans un graveleux gratos et malvenu. Est-ce le cas ?

Papa est de retour à la maison

Cette deuxième saison débute exactement là où on avait arrêté la précédente. Billy Butcher est aux abonnés absents et le groupe survit tant qu’il peut dans le sous-sol d’un prêteur sur gages. L’arrivée d’un super-terroriste que semble connaître Kimiko va bousculer le groupe, poussant Butcher à revenir, toujours prêt à libérer sa femme des griffes de Homelander et dénoncer Vought de son emprise sur les super-héros et les magouilles journalistiques et politiques. Comme la saison précédente, The Boys se veut sulfureux dans son constat sur notre société de consommation, mais aussi et surtout sur la façon dont est manipulée la foule par de riches investisseurs qui font ce qu’ils veulent, quand ils le veulent. Néanmoins, avec cette deuxième saison, le scénariste va vouloir approfondir les personnages et leurs relations, comme celui de Billy Butcher, qui sera au centre de l’intrigue.

Ici, il a plusieurs objectifs, sauver sa femme, dénoncer Vought, péter la gueule à Homelander et tenter de trouver un remède à sa colère. Pour cela, il devra faire des choix, affronter ses démons, comme son père, et faire des concessions, quitte à finir six pieds sous terre. S’il demeure le personnage central de cette deuxième saison, sa némésis ne sera pas en reste. La volonté des showrunners est clairement de mettre en avant la dualité entre Homelander et Billy Butcher, de montrer à quel point les deux personnages sont torturés et complexes, au sein d’une société qui ne voit que le paraître et ne croit que les médias. Ainsi donc, on pourrait résumer cette deuxième saison comme un long duel, avec des protagonistes au milieu. Et cela va entrainer un petit ventre mou au milieu des épisodes, où la série se cherche et brasse un peu de vent.

Ego Tripes

Néanmoins, malgré sa paire d’épisodes en dessous et des segments pas forcément très intéressants (on pense notamment à tout ce qui concerne le Français), la deuxième saison de The Boys demeure un moment jouissif et plein de surprises. Les personnages sont très travaillés et ils ont tous leur part d’ombre. Si l’accent est mis sur Homelander et Billy Butcher, les autres ne seront pas en reste. On en sera un peu plus sur Kimiko et son passé, notamment grâce à l’arrivée de son frère télékinésique. Le Français verra son passé révélé à cause d’un nouveau mutant, La Torche. Quant à la relation entre Hughie et Annie, elle va évoluer dans le bon sens, chacun n’arrivant pas à se défaire de l’autre. Seul La Crème ne sera pas travaillé dans cette saison, restant un ami fidèle, mais dont la psyché ne sera pas approfondie, malgré sa volonté de retrouver sa famille.

On pourra aussi compter sur un quelques nouveaux personnages, dont un qui aura son importance, Stromfront. Nouvelle super-héroïne, on va vite se rendre compte qu’elle cache un terrible secret, gênant pour l’entreprise Vought qui va tout faire pour cacher ses squelettes dans le placard. Le personnage est détestable, du début à la fin, et pourtant, c’est à travers elle que l’on va avoir les meilleures scènes d’action et les moments les plus « sulfureux ». On retrouvera aussi quelques super-héros anecdotiques, à l’image de Gecko qui peut se découper des membres, ou encore Sosie et sa capacité à prendre n’importe quelle apparence. Des super-héros secondaires, mais qui démontrent de la richesse de l’univers. Bien évidemment, la série laisse des pistes en suspens pour une éventuelle troisième saison, dont une paire de mutants au pouvoir… dévastateur.

Dans la Gueule à Marvel

Si on devait synthétiser The Boys, ce serait le parfait anit-Marvel. Déjà dans son aspect vulgos et ses fulgurances gores, mais aussi et surtout dans les messages abordés avec un cynisme qui force le respect. Garth Ennis est un sale gosse, mais il a surtout un regard acéré sur notre société et s’amuse à grossir les traits pour mieux nous marquer. Ainsi, The Boys sera loin de la série anodine et simplement divertissante. La critique des médias sera aux premières loges, avec une manipulation des masses à travers divers reportages ou émissions dans lesquelles les héros ne peuvent pas dire ce qu’ils pensent. On verra aussi que tout est bon à faire du commerce. Maeve est lesbienne, on va alors balancer des produits dérivés pour les gays. Stormfront a du succès, on va alors lancer une gamme de jouets à son effigie. Noter société de consommation en prend pour son grade et démontre à quel point nous sommes des moutons.

Et au-delà de notre société consumériste, on aura aussi droit à un brûlot envers la politique. En effet, un nouveau personnage va faire son apparition, du côté des « héros », une femme qui veut devenir présidente des Etats-Unis. Cependant, on va voir là aussi que tout est une question de communication et que la fin justifie les moyens. Dans The Boys, personne n’est vraiment innocent, et chacun y voit sa part du gâteau, étant prêt à tuer pour ça. Seul Hughie et Annie semble être des personnes pures, qui seront perverties par un combat sanglant. Enfin, et ce sera certainement l’une des pistes pour la prochaine saison, The Boys tacle sévèrement la religion, qu’il assimile à une secte accro à une boisson gazeuse. La série montre les magouilles de cette église pour gagner de l’argent et des fidèles, tout ne croyant même pas à ce qu’elle prêche, allant constamment au plus offrant. Une série avec de la profondeur, on ne le dira jamais assez.

Au final, cette deuxième saison de The Boys est aussi bien que la première. Malgré ses quelques faiblesses scénaristiques et son impression de parfois tourner en rond, la saison offre de généreux moments et s’applique à taper là où ça fait mal. Irrévérencieuse, gore, drôle et parfois sous la ceinture tout en étant très intelligente, The Boys faire clairement la nique à Marvel, s’amusant même à mettre en avant un combat de femme bien féministe, loin du simple plan forcé dans Endgame. Bref, une série que l’on conseille fortement. Et puis Karl Urban et Antony Starr démontrent tout leur talent.

Note : 17/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.