novembre 30, 2020

Pas un de Moins

Titre Original : Yi Ge Dou Bu Neng Shao

De : Zhang Yimou

Avec Wei Minzhi, Zhang Huike, Tian Zhenda, Gao Enman

Année : 1999

Pays : Chine

Genre : Drame

Résumé :

Wei Minzhi n’a que treize ans. C’est la seule capable de remplacer Gao, professeur à l’école primaire du petit village de Shuiquan qui doit partir auprès de sa mère malade. Gao est persuadé qu’elle est incapable d’enseigner à des élèves du même âge qu’elle. D’ailleurs, l’effectif de la classe passe de quarante à vingt-huit élèves. Gao avertit Wei: aucun élève ne doit plus quitter l’école. Elle ne sera payée qu’à cette condition. C’est ainsi que pour être fidèle à sa parole, Wei part à la recherche d’un petit fugueur.

Avis :

Les années 90 vont être décisives pour le réalisateur chinois Zhang Yimou, car après un début de carrière au milieu des années 80, Zhang Yimou, à force de filmer la Chine du XX e siècle, se forge une très solide réputation, aussi bien dans son pays qu’à l’international. Il faut dire que des films comme « Épouses et concubines » et « Vivre » laissent éclater le talent du metteur en scène. Pour conclure cette décennie, après une petite pause durant laquelle il aura eu le temps de tourner deux films, Zhang Yimou va revenir en force. Il conclura même cette décennie avec un chef-d’œuvre, « The Road Home« , sorti lui aussi en 1999. Mais pour l’instant, occupons-nous de « Pas un de moins« , qui fut le Lion d’Or de la Mostra de Venise cette année-là.

Plongeant dans la Chine moderne, avec ce film, qui peut être le premier chapitre d’une trilogie sur la Chine de son époque (oui, jusque-là, les films de Zhang Yimou abordaient la Chine du début ou du milieu du XX e Siècle, alors qu’avec ce film et ses deux suivants, « The Road Home » et « Happy Times« , le réalisateur parlera de la Chine de son époque) Zhang Yimou nous entraîne dans un film riche et sincère. Un film à l’image brute et à l’ambiance réaliste et surtout un film qui s’arrête sur l’éducation abordant l’école dans les régions reculées de la Chine, dans des régions où la modernité n’est pas encore arrivée et où l’on a l’impression que le temps s’est arrêté. Beau, nuancé, engagé, inspiré et touchant, avec « Pas un de moins« , encore une fois Zhang Yimou a tout juste.

Wei Minzhi a treize ans, et elle habite dans une campagne loin des grandes villes. Dans son petit village, l’instituteur Gao doit se rendre au chevet de sa mère mourante. Mr Gao va alors confier sa classe et son rôle à la jeune fille, lui précisant qu’elle ne sera payée que si elle arrive à garder tous ses élèves en classe, car il est monnaie courante que de jeunes élèves abandonnent les études pour aller travailler. À treize ans, Wei devient alors l’institutrice et elle prend son rôle à cœur, si bien que lorsque l’un de ses élèves est envoyé dans la grande ville pour travailler, la jeune fille va tout mettre en œuvre pour le retrouver.

Bien avant de s’envoler dans des supers-productions, bien avant de devenir le plus important réalisateur chinois, celui à qui l’on ne refuse rien, Zhang Yimou fut à travers ses films, le porte-parole de la Chine loin des cartes postales, la Chine des petits gens, et « Pas un de moins » en est encore un très bel exemple.

À travers l’histoire d’une jeune fille de treize ans qui se retrouve institutrice, Zhang Yimou nous entraîne dans un film qui va décrire tout une partie d’un pays et de gens oubliés. « Pas un de moins » est un film très intéressant qui tient un scénario tristement merveilleux et réaliste. S’inspirant d’une histoire vraie, « Pas un de moins« , c’est l’éducation loin des grandes villes, c’est la vie des campagnes et du choix entre s’éduquer et travailler et se nourrir, car si comme dans la plupart des pays, l’école est obligatoire, beaucoup de jeunes chinois arrivés à un certain âge, désertent l’école pour aller travailler, afin d’aider une famille pauvre et surendettée. Tout en étant très engagé, « Pas un de moins » est un film sans lourdeur, avec beaucoup de nuances et surtout de réalisme, le metteur en scène chinois peignant cette Chine et la volonté de cette petite institutrice de fortune est on ne peut plus touchante. De plus, la plongée que nous offre là Zhang Yimou est d’autant plus intéressante car le réalisateur, à travers le choix de la jeune fille de partir à la recherche de son élève, nous entraîne dans une grande ville, ce qui pousse un peu plus loin le choc des mondes, avec une ville « moderne », alors que dans la campagne où elle habite, on a vraiment l’impression que le temps s’est figé au début du XXe siècle.

Le scénario, entre simplicité et émotion, vise le réalisme et ce réalisme, on le retrouve aussi dans la mise en scène de Zhang Yimou, dont le film a parfois un ton et une ambiance si juste, que « Pas un de moins » friserait presque le documentaire.

Puis que dire de cette jeune comédienne qui est saisissante de réalisme. C’est bien simple, Wei Minzhi tient tout le film sur ses épaules. Émouvante et drôle, on est touché aussi bien par ce personnage que cette jeune actrice, et voir le monde à travers ses yeux est saisissant.

Plus je découvre la filmographie pas si connue que ça de Zhang Yimou et plus le réalisateur s’impose comme un immense metteur en scène, qui certes, s’il en impose dans le spectaculaire et le divertissant avec tous les films qu’on lui connaît, il est surtout un réalisateur qui mérite qu’on arrête sur des films comme ce méconnu « Pas un de moins« . Beau, brut et engagé, avec « Pas un de moins » Zhang Yimou livre encore une fois un film saisissant de réalisme.

Note : 16/20

Par Cinéted

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