novembre 30, 2020

Evasion

Titre Original : Escape Plan

De : Mikael Hafström

Avec Sylvester Stallone, Arnold Schwarzenegger, Jim Caviezel, Sam Neill

Année: 2013

Pays: Etats-Unis

Genre: Action

Résumé:

Ray Breslin est un ingénieur spécialisé dans la conception de prisons ultrasécurisées. Il teste lui-même l’efficacité de ses bâtiments en se faisant enfermer puis en s’évadant. Contacté par une société privée souhaitant tester un concept révolutionnaire de prison hi-tech, il se retrouve prisonnier. Piégé dans ce complexe ultra-moderne, harcelé par un directeur impitoyable et son gardien corrompu, Ray découvre une conspiration pour le faire disparaître à jamais. Sa seule chance de survie : une alliance avec Emil Rottmayer, un co-détenu ayant lui aussi un secret. Pour avoir une chance de s’évader, ils vont d’abord devoir se faire confiance.

Avis:

L’amateur de film d’action est une personne simple. Offrez-lui des acteurs de légende qui se rencontrent et qui fomentent un coup, et vous le hyper pour le restant de ses jours. Et à la mention, en 2013, du film Evasion avec Arnold Schwarzenegger et Sylvester Stallone, il n’en fallait pas plus pour aiguiser les mirettes de certains amateurs de bagarres et d’explosions. Sauf que si le projet avait l’air intéressant sur le papier, il a été confié à Mikael Hafström, un réalisateur qui verse dans le film bis avec de nombreux mauvais goûts. On se souvient de lui pour Chambre 1408 qui n’était pas une franche réussite, et c’est à lui que l’on doit aussi Le Rite, film d’exorcisme avec Anthony Hopkins et ça, c’était carrément mauvais. Du coup, Evasion prenait un petit coup dans l’aile et même si le casting très costaud laissait rêveur, on pouvait émettre des doutes sur la qualité intrinsèque du métrage.

Prison Break

Le scénario de Evasion est relativement simple. Un homme est réputé pour s’évader de toutes les prisons du monde pour le compte d’une société de sécurité. Un beau jour, il se fait enlever et se retrouver enfermer dans une prison nouvelle technologie, dont le chef est un grand malade. Avec l’aide d’un détenu, il va trouver toutes les failles du système pour s’en sortir et trouver une voie vers la liberté. Très clairement, on est dans une sorte de Prison Break en long-métrage. Un type intelligent et costaud trouve les méthodes pour s’évader, en connaissant un rayon sur la physique, la chimie et la débrouille. Cela aurait pu être intéressant si le personnage avait des faiblesses, mais ce n’est pas le cas. Il trouve tout le temps des astuces, des façons de s’en sortir in extremis et on frôle à chaque fois la surdose d’explications.

En effet, le réalisateur veut à chaque fois montrer les méthodes d’évasion dans des flashbacks plutôt mal foutus ou alors avec des plans façon architecte. Cela casse le rythme en plus de casser quelque peu une certaine magie. On sent que le surplus d’explications n’est qu’un écran de fumée et on n’y croit pas une seule seconde. Cela décrédibilise le film et le rend d’autant plus moins attrayant, mais divertissant. Car oui, il ne faut pas s’attendre à réfléchir devant ce genre de métrage, tout est fait pour être suivi avec fluidité et ne pas se poser de questions sur les méthodes de l’expert. On nous met face à notre débilité et on est forcé d’y croire.

La Bagarre Terne

En plus d’un scénario qui ne vole pas bien haut, Evasion souffre d’une mise en scène faiblarde. Si Mikael Hafström n’est pas une grand cinéaste, il prouve avec ce film qu’il n’arrive pas vraiment à filmer l’action et à mettre une vraie ambiance dans le métrage. Les couleurs sont ternes. On navigue dans un navire où les teintes de gris prédominent et rien n’est vraiment marquant. On sent que le film n’a pas été pensé pour faire frétiller la rétine, mais pour créer un semblant de tension et quelques franches rigolades. Le cinéaste mise tout sur le charisme de ses acteurs et les punchlines qu’ils s’envoient à la tronche. Alors certes, c’est plutôt rigolo, comme le fameux: « tu frappes comme un végétarien », mais ça ne sert pas vraiment l’intrigue. De plus, les affrontements ne sont pas bien filmés et on frôle souvent le cheap. Le plan zénithal avec le type qui tire des deux côtés est digne d’un bon gros DTV…

Un Casting Fifou

Le plus étonnant dans cette affaire, c’est la présence d’un casting très solide. Sylvester Stallone tient la tête d’affiche et c’est bien normal, puisque c’est lui qui fait tout le job. Il est assez intéressant dans ce rôle, même s’il reste assez monolithique. On voit que le réalisateur essaye de créer un semblant de background, mais ça ne nous touche pas vraiment, car c’est amené de façon très maladroite. Face à lui, on retrouve un Arnold Schwarzenegger qui semble s’amuser dans ce rôle de gentil. Néanmoins, l’acteur se fout un peu du film et livre une prestation timide, qui ne restera pas dans les annales. Alors certes, il porte une bonne grosse mitraillette sur la fin, faisant écho à divers rôles comme L’Effaceur ou Predator, mais cela ne sauve pas son personnage d’un ennui poli. Et on dit ça parce qu’on n’a pas envie de se prendre une mandale.

Et quand on jette un œil sur le casting des seconds rôles, c’est la folie douce. L’antagoniste est joué par un Jim Caviezel qui est mauvais. Il en fait des caisses, surjoue sans arrêt et n’arrive pas à donner un vrai potentiel agressif à son personnage. Vinnie Jones et sa tronche de psychopathe joue… un psychopathe, un maton violent et y prenant du plaisir. Malheureusement, il ne sait pas jouer et se contente de se battre avec Sly. On retrouve aussi Sam Neill en médecin désabusé qui ne sert à rien. Vincent D’Onofrio joue un deuxième méchant mesquin aussi crédible qu’une huître à la montagne. Seul avantage, il était en avance sur son temps puisqu’il se lave les mains tout le temps. Amy Ryan et Curtis Jackson (50 Cents) sont les faire-valoir de Stallone et ne servent à rien. Bref, une brochette d’acteurs de talent qui se fourvoient complètement dans ce film qui a tout de la série Z par excellence.

Au final, Evasion est un film qui est sympathique, mais il ne dépassera jamais ce stade. Divertissant sur l’instant, avec notamment une fin qui ne ménage pas son suspens, le film de Mikael Hafström oublie de mettre en avant une belle mise en scène et des plans travaillés. Dans les faits, on se retrouve étonnement face à un film bis grand luxe, avec un casting de folie et un scénario tout pourrave, quelques bastons et une mise en scène cheap à souhait. Bref, un film qui donnera lui à deux suites qui sortiront directement en DTV et on sait pourquoi…

Note: 12/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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