novembre 30, 2020

Corey Taylor – CMFT

Avis :

Frontman de Slipknot et Stone Sour, enchainant les featuring avec d’autres artistes dans différents projets, Corey Taylor est un bourreau de travail que rien, ou presque, n’arrête. Il était donc logique que le charismatique chanteur se retrouve à la tête d’un album « solo ». Oui, le mot solo est à mettre entre guillemets, car même si c’est lui derrière toutes les paroles, il a été forcé de s’entourer de musiciens, dont les deux guitaristes de Stone Sour. De ce fait, l’album solo va forcément ressembler un petit peu à ce que faisait le chanteur avec sa toute première formation. Pour autant, avec CMFT (comprenez Corey Mother Fucking Taylor) le frontman va s’essayer à divers styles, quitte à parfois se perdre dans un mélange qui manque d’identité. De toute façon, qui dit premier album, même quand on est un cador, dit scories et petits défauts.

Le skeud débute avec une forte référence Hard Rock. HWY 666 est un titre qui laisse rêveur quant à la suite. Entre un refrain qui accroche bien, des riffs qui donnent envie de headbanger, le tout emballé dans une rythmique bien maîtrisée, Corey Taylor commence fort et prend même le temps de bien poser sa voix dans l’introduction. Une voix éraillée, tout simplement parfaite pour ce genre d’exercice. L’aspect Hard/Heavy, on va le retrouver dans d’autres titres efficaces de l’album. Culture Head garde tous les atours d’un Stone Sour, tandis que Everybody Dies on my Birthday contiendra un petit côté pop qui n’est pas pour déplaire. Les riffs sont variés et donnent envie de sauter dans tous les sens. Certains breaks sont plutôt gras et la voix du chanteur se pose parfaitement sur des titres de ce style. Corey Taylor fait preuve d’une réelle énergie communicative et c’est tout ce qu’on lui demande.

Néanmoins, l’artiste a d’autres ambitions que de refaire un Stone Sour bis. Du coup, il va piocher dans toutes ses influences pour livrer des morceaux plus particuliers. On aura donc quelques titres qui lorgneront grandement vers le punk. Si European Tour Bus Bathroom Song est un morceau purement punk presque hardcore qui résonne comme un délire entre potes, d’autres seront plus percutants et maîtrisés, à l’instar de Meine Lux et son refrain ultra catchy et fédérateur avec un riff de gratte très rapide et un très joli solo. On pourra aussi rajouter, mais dans une moindre mesure, Samantha’s Gone, qui tire aussi vers le Hard parfois un peu Grunge sur les bords, voire même bluesy. Au même titre qu’un The Maria Fire et ses guitares claires, ainsi que son rythme faussement rythm’n’blues. Un morceau sympathique mais qui manque de niaque.

Parmi les autres influences du frontman, on peut aussi évoquer le rock à tendance country. Kansas en est l’exemple même. Un morceau sympathique, plutôt bien ficelé, mais qui manque d’identité propre. Si on reconnait le grain vocal du chanteur, difficile de dire si ce titre restera dans les annales, au même titre que Black Eyes Blue. Révélé lors de la promotion de l’album sur les réseaux sociaux, le morceau manque d’un petit quelque chose pour le rendre vraiment attrayant. Ce n’est pas mauvais, loin de là, mais ça fait un peu niais. On est loin de l’image sulfureuse d’un Slipknot. Mais d’un autre côté, le chanteur essaye de s’émanciper de ce que l’on attend de lui, et il a eu raison de fournir un album aussi varié. On y découvre ainsi toutes ses influences et ses références. Alors on est forcément déçu par le manque de cohérence de l’ensemble, mais c’est aussi très malin de la part de Corey Taylor.

Et puis il est difficile de résister à quelques pistes qui sont très efficaces. CMFT Must be Stopped est un pur mélange de Nu-Métal, avec ses couplets qu’il délaisse un temps à Tech N9ne et Kid Bookie. Les grattes sont saturées, le rythme est endiablé et l’ensemble marche du feu de Dieu. Et même si ça manque d’originalité et que ça respire la production américaine à plein nez, force est de constater que ça nous emporte. Et puis que dire de la paire de ballades qui sont présentes sur l’album. Silverfish est un moment fort appréciable dans son introduction où le chanteur pose vraiment sa voix et démontre toute l’étendue de son talent. Mais là où il réussit le mieux, c’est sur Home, dédié à sa femme et qui est tout en piano/voix. Si certains diront que c’est naïf à souhait, voire niais, cela reste très touchant et particulièrement bien fichu.

Au final, CMFT, le premier album solo de Corey Taylor, est une semi-réussite. Si l’ensemble marche plutôt bien et que l’on ne s’ennuie jamais vraiment en l’écoutant, on ne peut pas dire non plus que ce soit un inratable. Les différents styles manquent de cohérence, et le chanteur enfile ses références sans jamais vraiment les digérer. C’est bien fait, certes, c’est parfaitement produit, mais ça manque d’une identité propre et d’une marque de fabrique personnelle. Les fans de Corey Taylor pourront profiter de sa douce voix éraillée, et c’est déjà pas si mal.

  • HWY 666
  • Black Eyes Blue
  • Samantha’s Gone
  • Meine Lux
  • Halfway Down
  • Silverfish
  • Kansas
  • Culture Head
  • Everybody Dies on my Birthday
  • The Maria Fire
  • Home
  • CMFT Must be Stopped (feat Tech N9ne et Kid Bookie)
  • European Tour Bus Bathroom Song

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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