décembre 2, 2020

Le 12ème Homme

Titre Original : Den 12. Mann

De : Harald Zwart

Avec Jonathan Rhys-Meyer, Mads Sjogard Pettersen, Vegar Hoel, Harry Van Gorkum

Année: 2018

Pays: Norvège, Allemagne

Genre: Guerre

Résumé:

Jan Baalsrud et un commando de résistants norvégiens tentent d’échapper aux soldats allemands après une opération ratée à Bardufoss.

Avis :

La Seconde Guerre mondiale marque l’une des pages les plus sombres (et décisives) de l’histoire du XXe siècle. Cette période se distingue aussi par des récits qui s’éloignent sensiblement des évènements connus de tous. D’anecdotes en intrigues surprenantes, la réalité dépasse la fiction pour de nombreux cas. A l’instar des Insurgés d’Edward Zwick, cela s’exprime par l’abnégation et le désintéressement. On peut évoquer des missions secrètes dont la teneur se dévoile bien des années plus tard, toutes velléités patriotiques écartées. En l’occurrence, le périple de Jan Baalsrud demeure l’une des plus célèbres occurrences norvégiennes en la matière. Ou comment une opération de sabotage tourne à la tragédie…

Avec Le 12e homme, ce n’est pas cette dernière qui constitue une finalité, mais plutôt le début d’une aventure aussi bien éprouvante sur le plan physique que psychologique. La singularité du scénario, et de l’histoire vraie dont il s’inspire, tient à la traversée de la Norvège au cœur de contrées sauvages pour rejoindre la frontière suédoise. Dès lors, on s’éloigne sensiblement des codes inhérents aux films de guerre. Avec l’occupation de l’armée allemande, le contexte demeure maîtrisé. Toutefois, on s’insinue surtout dans le récit d’aventures où la survie est une préoccupation permanente. En cela, le métrage de Harald Zwart se révèle méticuleux dans sa reconstitution des faits.

Hormis quelques passages elliptiques et un second élément déclencheur discutable (l’irruption dans la base militaire allemande), l’enchaînement des séquences reste fluide. Le périple de Jan Baalsrud se jonche d’épreuves qui relèvent souvent de l’exploit pour les surmonter. On songe à la traversée d’un détroit dans une eau en deçà de 0 °C ou l’ensevelissement après une avalanche. Certes, l’ensemble fait l’objet d’un traitement romancé et ne manque pas de mettre en valeur son protagoniste. Pour autant, l’approche demeure relativement pragmatique, guère patriotique ou hagiographique dans son déroulement. Il y a bien cette volonté de la population à se soulever contre l’occupant, mais elle est bien amenée, voire pudique, puisqu’elle ne supplante pas d’autres considérations.

Si le présent métrage a pu être comparé à The Revenant, cela tient uniquement à son cadre naturel. En effet, le 12e homme met en avant l’entraide là où le film d’Alejandro González Iñárritu prônait la solitude dans un dénuement total. Les motivations diffèrent également. Pour simplifier les enjeux respectifs, il ne s’agit pas ici d’une vengeance, mais d’une fuite. On pourrait donc penser que cette production norvégienne se révèle moins intense dans cette quête de survie. La sophistication de la réalisation est aussi moindre. Pour autant, les ambitions du cinéaste se tournent vers d’autres horizons.

À commencer par les portraits dépeints, sans commisération aucune. La caractérisation aurait gagné à être davantage fouillée, notamment sur le plan de l’empathie. Pour autant, les intervenants campent leur rôle avec conviction. Là encore, il ne s’agit pas de mettre en avant un héroïsme inconsidéré, mais de restituer avec justesse leur degré d’implication et leur importance dans la survie du protagoniste. S’échelonnant sur plus de 60 jours, on dénote tout de même certaines errances narratives ou des séquences à la longueur dispensable, comme la succession des cauchemars au sein de la cabane. Une redondance somme toute exceptionnelle que vient compenser une traque qui privilégie le réalisme au spectaculaire.

Au final, Le 12e homme s’avance comme une agréable surprise. Sorti en toute discrétion en VOD, puis en DTV, le film de Harald Zwart se distingue par une reconstitution rigoureuse des faits qui entourent une histoire vraie. À la croisée des chemins entre aventure, guerre et survie, le périple de Jan Baalsrud vise à rendre hommage sans flagornerie au courage d’une poignée d’hommes et de femmes. En dépit de petites maladresses au niveau du rythme et du montage, l’excursion en territoire nordique s’avère immersive et prégnante tant elle n’épargne guère son personnage principal. Une odyssée éprouvante, presque désespérée, qui remplit son office sans céder à la tentation du sensationnalisme.

Note : 14/20

Par Dante

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