décembre 2, 2020

Uncle Frank

De : Alan Ball

Avec Paul Bettany, Sophia Lillis, Peter MacDissi, Steve Zahn

Année : 2020

Pays : Etats-Unis

Genre : Drame

Résumé :

En 1973, Beth, encore adolescente, quitte sa campagne natale pour aller étudier à l’Université de New York où enseigne son oncle Frank, un professeur de littérature réputé. Elle découvre rapidement qu’il est homosexuel et qu’il partage sa vie depuis longtemps avec son compagnon Wally ; une relation qu’il a toujours gardé secrète. Mais le jour où Mac, le patriarche grincheux de la famille, décède subitement, Frank est contraint de retourner auprès des siens, accompagné de Beth et Wally, afin d’assister aux funérailles. Durant le trajet, il doit confronter les fantômes de son passé et regarder sa famille en face une fois arrivé sur place.

Avis :

Alan Ball est un scénariste et surtout showrunner qu’on a un peu tendance à aduler parce que c’est lui qu’on trouve derrière l’une des plus grandes séries du petit écran. Alan Ball, c’est le créateur de « Six Feet Under« , et autant dire que pour cela, il mérite gloire et succès. Bon, depuis l’arrêt de la série culte, le showrunner n’a pas chômé, créant la série « True Blood » et la moins connue « Here and Now« . Alan Ball a plus d’une corde à son arc et à ce dernier, il faut ajouter que Ball est aussi réalisateur. Réalisateur sur ses séries évidemment, mais il lui arrive aussi de faire un peu de cinéma. Donc, après s’être fait les mains à la télévision, Alan Ball a réalisé son premier film en 2008. Ce premier film est resté assez confidentiel. Par la suite, Alan Ball réalisera un téléfilm en 2015.

Après avoir passé cinq ans sans réalisation, Alan Ball revient avec un deuxième long-métrage, qui pour le coup lui est très personnel, puisque le metteur en scène s’arrête sur un sujet qui lui tient à cœur. Un sujet qu’on pourrait presque croire autobiographique, et si cela n’en était pas le cas, nul doute qu’il demeure très inspiré. Pour son deuxième film, Alan Ball a décidé de traiter l’homosexualité et les apparences dans les années 70. Beau et très touchant, « Uncle Frank » est de ces films simples, un poil déjà-vu et qui pourtant sont livrés avec tant d’amour et de passion, qu’ils en deviennent géniaux et superbes !

En 1973, Beth, encore adolescente, quitte sa campagne natale pour aller étudier à l’Université de New York où enseigne son oncle Frank, un professeur de lit­té­ra­ture réputé. Elle découvre rapidement qu’il est homosexuel et qu’il partage sa vie depuis longtemps avec son com­pa­gnon Wally ; une relation qu’il a toujours gardée secrète. Mais le jour où Mac, le patriarche grincheux de la famille, décède subitement, Frank est contraint de retourner auprès des siens, accompagné de Beth et Wally, afin d’assister aux funérailles. Durant le trajet, il doit confronter les fantômes de son passé et regarder sa famille en face, une fois arrivé sur place.

Avec ce film, Alan Ball a décidé d’affronter les préjugés et livre une belle leçon de tolérance. Basant son intrigue dans une famille catholique, nous replongeant dans les mentalités de son époque, « Uncle Frank » est un film qui va se révéler être très étonnant. Avec un sujet pareil, il est vrai qu’on s’attendait à trouver un film noir. Un film qui serait peut-être difficile et qui serait tout en émotion et dans un sens, c’est bel et bien ce que l’on va trouver là, à la différence près qu’on n’avait pas prévu qu’Alan Ball nous entraînerait aussi dans un film très drôle, voire même parfois hilarant, nous offrant de sacrés moments. Entre le drame et la comédie pour raconter cette histoire, Alan Ball ne choisit pas vraiment et il est capable de nous faire passer du rire aux larmes en l’espace d’une scène et d’une émotion et c’est ce qui rend cette séance de cinéma encore plus touchante et adorable.

De plus, le scénario se prête très bien à ces changements de ton, Alan Ball gérant d’une main de maître son intrigue. Jamais il n’en fera trop, jamais il n’en fera pas assez, non, le réalisateur et scénariste reste toujours juste, trouvant le bon mot, la bonne scène, ce qui fait qu’il est bien difficile de lui résister.

Si l’intrigue est bonne et divertissante, elle est aussi très intéressante dans ce qu’elle dira de la famille, des apparences, de leur peur, du regret, de l’intolérance de certaines personnes qui se cachent derrière des religions. Alan Ball abordera aussi le changement d’époque, le choc des générations, ou encore l’émancipation de la femme. Bref, le film est riche, profond, intelligent et nuancé dans ce qu’il raconte.

C’est Paul Bettany qui tient le rôle principal de ce film et l’acteur, dans la peau de cet oncle Frank, est absolument divin et bouleversant. On peut même dire sans hésitation qu’Alan Ball lui offre l’un de ses plus beaux rôles. « Uncle Frank« , c’est aussi deux autres personnages et acteurs adorables. Premièrement, on retrouve Sophia Lillis (Beverly dans la nouvelle adaptation de « Ça« ) qui tient un très joli rôle. Puis il y a cette magnifique et magique découverte qu’est Peter MacDissi, qui incarne le compagnon de Bettany, et franchement, il en volerait presque la vedette à tous tant le rôle est génial et il est parfait dans ce dernier. Margo Martindale, Steve Zahn, Judy Greer et Lois Smith complètent ce très beau casting.

Humain, cruel et tendre, très touchant, lumineux même, pour son deuxième film Alan Ball nous livre là un métrage superbe. « Uncle Frank » est un film qui a l’intelligence de tenir un sujet sombre, un sujet dur, et jamais il n’oublie d’offrir un bon divertissement, ce que faisait d’ailleurs déjà le réalisateur quand il nous offrait « Six Feet Under« . Et finalement, le seul regret qu’on a, c’est que le film soit privé de salle et débarque dans l’année sur Amazone Prime, car pour l’avoir vu en salle, « Uncle Frank » est fait pour le grand écran.

Note : 17/20

Par Cinéted

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