décembre 2, 2020

JF Partagerait Appartement

Titre Original : Single White Female

De : Barbet Schroeder

Avec Bridget Fonda, Jennifer Jason Leigh, Steven Weber, Stephen Tobolowsky

Année: 1992

Pays: Etats-Unis

Genre: Thriller

Résumé:

Après une rupture avec son petit ami, Allison Jones décide de partager son appartement avec une autre jeune fille. Elle trouve la compagne idéale en la personne d’Hedra Carlson, jeune fille modeste et réservée.
Mais au fur et à mesure de leur cohabitation, Hedra se permet de plus en plus de choses. Lui emprunter ses vêtements, par exemple. Ou son petit ami. Et accessoirement, sa vie…

Avis:

Réalisateur franco-iranien, Barbet Schroeder est un très grand cinéaste auquel on ne pense pas si souvent que ça et c’est bien dommage, car l’homme nous a quand même offert d’excellents moments de cinéma. Franchement, entre « La vallée« , « L’enjeu« , « Le poids du déshonneur« , « L’avocat de la terreur » ou encore « Amnésia » et bien d’autres encore, on a vraiment de quoi faire et dans tous les styles.

Profitant de plusieurs projections des œuvres de Barbet Schroeder, je me suis donc arrêté sur ce thriller culte des années 90. Sorti en 1992, année phare pour le polar, puisque c’est aussi l’année de « Sang chaud pour meurtre de sang-froid » et bien sûr « Basic Instinct« , « JF Partagerait appartement » est le genre de bon petit polar made in 90,très classique dans sa forme, mais ce n’est pas pour cela qu’il ne sera pas diablement efficace. Prenant, laissant parfaitement sa sauce prendre, cette colocation de fortune qui ne pouvait que virer au drame mérite bien son statut de culte et ce fut un petit plaisir de pouvoir la découvrir dans les meilleures conditions.

Allie vient de se séparer de son petit ami après qu’elle ait découverte qu’il l’a trompée avec son ex-femme. Ne voulant pas rester seule, sur les conseils d’un ami, elle décide de trouver une colocataire. Après plusieurs candidates, elle s’arrête un peu comme une évidence sur Hedra, une jeune femme de sa tranche d’âge, avec qui le courant passe plus que bien. Si cette nouvelle vie commence très bien et si cette colocation peut déboucher sur une belle amitié, assez vite, ce petit havre de paix est brisé quand l’ex petit ami d’Allison revient dans sa vie…

« JF Partargerait appartement » est le genre de film tout ce qu’il y a de plus classique, aussi bien dans son idée que dans ce qu’il va nous raconter. Mais là où d’autres tombent assez vite dans l’anecdote, avec Barbet Schroeder aux commandes, on se retrouve devant un film très bien exécuté.

Ce qu’il y a de bien avec le film de Barbet Schroeder, c’est qu’il prend tout le temps qu’il a besoin pour construire un scénario qui est plus alambiqué qu’il n’en a l’air. Ici, Schroeder prend le temps de poser le contexte, et surtout, il prend le temps de présenter ses personnages et de les développer. La rupture bouleversante pour son héroïne, la découverte d’une nouvelle amie, une complicité qui s’installe fortement, presque instinctivement. Barbet Schroeder maîtrise son film, maîtrise ses personnages, les décrivant le plus possible, décrivant leurs caractères qui se complètent parfaitement, puis peu à peu, de manière presque perverse, l’une finit par trop manger l’autre, s’imposant au point de vouloir prendre sa place. Barbet Schroeder se lance même dans un jeu de miroirs assez terrible.

Alors bien sûr, comme je le disais, le tout demeure toutefois très classique et assez prévisible. On a bien compris que cette colocation va être diabolique et éprouvante (du moins pour son personnage principal), mais là où d’autres réalisateurs se sont cassé les dents en faisant du classique, ici Barbet Schroeder tient son film jusqu’au bout et mieux encore, il nous entraîne vers un final impeccable. Un final presque jouissif tant il nous offre ce que l’on est venu chercher.

L’autre très gros point positif, qui fait une très grosse partie de l’ambiance, c’est l’excellente BO d’Howard Shore. Le compositeur livre un score très prenant qui n’est pas sans rappeler certains films noirs des années 40/50. Puis que dire du travail de la mise en scène. Là encore, c’est très classique, mais c’est terriblement efficace. Barbet Schroeder a le sens du cadre, du rythme, et son film n’est qu’une montée crescendo en tension.

Enfin, si tout est sympa, bon et très bon, « JF Partagerait appartement » doit énormément à son casting, et cet affrontement implacable entre Bridget Fonda et Jennifer Jason Leigh. Les deux actrices trouvent des rôles très complémentaires, c’est assez kiffant de voir comment l’une, de manière très insidieuse, se fond dans la peau de l’autre. À noter l’excellent et trop sous côté Stephen Tobolowsky, pour un petit rôle de salopard qui lui va si bien.

Dégageant le charme indéniable des années 90, ce thriller signé Barbet Schroeder mérite bien son statut de film culte. Maîtrisé et efficace, Schroeder tient sa tension, son rythme et son intrigue jusqu’au bout, et même si cette dernière est assez prévisible, elle n’en demeure pas moins prenante.

Note : 14/20

Par Cinéted

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