octobre 24, 2020

Chérie, J’ai Agrandi le Bébé

Titre Original : Honey, I Blew Up the Baby

De: Randal Kleiser

Avec Rick Moranis, John Shea, Lloyd Bridges, Marcia Strassman

Année: 1993

Pays: Etats-Unis

Genre: Comédie

Résumé:

Trois ans après avoir accidentellement rétréci ses enfants, Wayne Szalinski part avec sa famille pour le Nevada mettre au point un rayon capable de dilater les molécules au énième degré. Lors d’une expérience, il bombarde de particules son dernier rejeton de deux ans, qui se met à devenir un géant. Heureusement, il a conservé sa machine à rétrécir.

Avis:

Durant les années 90, Brian Yuzna et Stuart Gordon, alors grands pontes de l’horreur, signaient le scénario d’une comédie familiale, Chérie, j’ai Rétréci les Gosses. Estampillé Disney, le film va être un immense succès et c’est en toute logique que trois ans plus tard, une suite va voir le jour. Sauf qu’ici, les deux compères ne sont plus scénaristes, Yuzna ayant quitté le navire, et Stuart Gordon ne se place plus que comme producteur exécutif. Et cela se ressent grandement face à un métrage plutôt sympathique, mais qui s’inspire trop de King Kong ou Godzilla, voire même de S.O.S. Fantômes, dans sa façon de voir le gigantisme et d’y placer quelques éléments comiques. Sans être une catastrophe, cette suite sera bien inférieure à son aîné, et cela pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, le scénario ne va être qu’un prétexte pour faire une suite et engranger quelques deniers sur une franchise qui aurait pu devenir luxuriante. Ici, les enfants ne sont plus rétrécis, cela aurait fait redondant, mais c’est le bébé de la famille qui, par un concours de circonstances, va grandir dès qu’il s’approche de quelques rayons électromagnétiques. Si sur le papier cela semblait être une bonne idée, il va en être tout autre à l’écran. Déjà, la transformation n’est plus due à un accident, mais à un bébé qui n’écoute rien et n’en fait qu’à sa tête. Difficile dès lors de ressentir de l’empathie pour un sale gosse qui a tout de la tête à claques. Néanmoins, on accepte ce constat et on essaye tant bien que mal de voir ce que le film veut raconter. Et là, c’est un peu plus compliqué.

Le problème, c’est que l’on va vite se rendre compte que le métrage tourne à vide les trois quarts du temps. Chérie, j’ai Agrandi le Bébé est ponctué de moments de remplissage qui desservent le rythme du métrage. L’ensemble est très décousu, avec ce bébé qui prend la fuite, la romance adolescente entre le fils de la famille et la babysitter, le père toujours à l’ouest ou encore le grand méchant qui va prendre en chasse le bébé avec un hélicoptère. Tout cela est très brouillon et force constamment l’aspect humoristique de la chose. C’est-à-dire que le film fait tout pour faire rire sans jamais vraiment y parvenir. La tonalité aurait pu être grave, ou touchante, avec l’hypothèse de perdre son bébé, mais le scénario occulte tout ça pour « plagier » des films existants de monstres géants.

Et la mise en scène ne va pas forcément aider. Ici, ce n’est plus Joe Johnston qui est aux commandes, mais Randal Kleiser qui sortait pourtant de Croc-Blanc avec Ethan Hawke. Le réalisateur semble incapable de filmer autrement qu’en contre-plongée et de fournir des moments qui ne sont pas marquants. Le coup de Las Vegas, en fin de métrage, manque de panache, manque de d’énergie et surtout de dramaturgie. Encore une fois, on essaye de faire rire, on rajoute des gags, des grimaces, mais rien qui ne vienne tâter nos rétines et nos émotions. La seule chose qui fonctionne à peu près, c’est le coup de la voiture avec laquelle le bébé va jouer, alors qu’à l’intérieur, il y a son frère et la copine de son frère. Si on ajoute à cela que les effets spéciaux ont pris un coup dans l’aile, Chérie, j’ai Agrandi le Bébé ne part pas avec de bons points.

Pour autant, tout n’est pas à jeter dans le film. On retrouvera un Rick Moranis amusant, qui prend du plaisir à jouer et qui tient un personnage haut en couleurs et terriblement attachant. Ce père de famille un peu paumé est toujours aussi empathique, car malgré sa maladresse et son amour pour son travail, il aime aussi profondément sa famille. Son fils sera aussi un atout pour le film. Son amourette est intéressante car elle soulève un problème d’ado, la timidité et le fait d’être geek et amoureux d’une personne qui nous ignore. La situation fait que cela évolue en permanence et c’est plutôt amusant. Il est dommage que les personnages secondaires soient si ternes, à l’image de la maman, invisible et pourtant indispensable, de la fille qui s’en va dès le début du métrage ou encore du grand méchant, qui cabotine à tout va.

Malgré tous les défauts du film, il est pourtant difficile de le détester. Même s’il a été fait pour de l’argent, même s’il lui manque du souffle et de l’énergie, même si son scénario est cousu de fil blanc, Chérie, j’ai Agrandi le Bébé demeure une suite sympathique car il n’y a pas une once de cynisme à l’intérieur. Même avec ses gros défauts, le film essaye des choses, expérimente, joue des coudes avec les références et tente de trouver une certaine identité visuelle, ce qui n’est pas forcément gagné. Randal Kleiser perd peut-être de sa superbe, mais il ne bâcle son boulot pour autant, ce qui fait de ce film un moment sympathique. Pas inoubliable, mais sympathique.

Au final, Chérie, j’ai Agrandi le Bébé est une suite qui est bien inférieure au premier métrage. Avec des scénaristes différents et un réalisateur qui ne semble pas forcément maîtriser le domaine du fantastique, Disney se fourvoie quelque peu avec un film largement dispensable. Pour autant, même si le film manque de souffle et n’a pas la même répercussion nostalgique que le premier, il reste plutôt sympathique pour toute la famille et n’essaye pas de péter plus haut que son cul, ce qui est déjà pas si mal.

Note: 12/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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