décembre 5, 2020

Le Discours

De : Laurent Tirard

Avec Benjamin Lavernhe, Sara Giraudeau, Kyan Khojandi, Julia Piaton

Année : 2020

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

Coincé à un repas de famille qui lui donne des envies de meurtre, Adrien attend. Il attend que Sonia réponde à son sms et mette fin à la « pause » qu’elle lui fait subir depuis un mois. Et voilà que Ludo, son futur beau-frère, lui demande de faire un « petit » discours pour le mariage ! Adrien panique. Mais si ce discours était finalement la meilleure chose qui puisse lui arriver ?

Avis :

Parmi les auteurs français qui ont émergé durant les années 2000, il en est un pour qui j’ai une tendre affection. Un auteur qui n’a jamais cherché à faire autre chose que du divertissement. Que ce soit avec « Mensonges et trahisons et plus si affinité« , ses « Le petit Nicolas« , ou encore « Molière« , « Le retour du héros« , « Un homme à la hauteur« , ou même son « Astérix et Obélix« , il y a quelque chose dans le cinéma de Laurent Tirard qui me plaît. Il y a quelque chose de sincère dans son cinéma, qui fait que même si celui-ci est imparfait, même s’il a ses défauts, ses lourdeurs et ses erreurs, il y a quelque chose sur le fond ou dans sa forme qui fait que malgré tout, le moment de cinéma proposé demeure au pire sympathique.

Cela faisait deux ans qu’on avait quitté Laurent Tirard, après que celui-ci se soit embarqué en compagnie de Jean Dujardin, Mélanie Laurent et Noémie Merland dans le très costumé, « Le retour du héros« , une très sympathique comédie qui mériterait qu’on s’y attarde un peu plus. Bref. Donc, après deux ans d’absence, le réalisateur est de retour avec « Le discours« , film à l’image de son héros, c’est-à-dire ô combien bordélique, et il va en résulter un film absolument génial. Un moment de cinéma particulièrement touchant. Un moment de cinéma aussi amusant qu’inventif, et surtout un moment de cinéma qui fait du bien par les émotions qu’il procure.

Adrien, la trentaine, vient de se faire mettre en pause par sa petite amie. Oui, il s’est fait mettre en pause, dans le sens où si l’on regarde un film et qu’on met pause, une fois qu’on enlève le mode pause, ça recommence, alors que se faire larguer, c’est comme si on appuyait sur stop. Du coup, cela fait trente-huit jours qu’Adrien est en « pause ». Ce soir-là, Adrien doit dîner chez ses parents et alors qu’il s’été juré de ne pas appeler ni envoyer de texto à sa copine, il a craqué juste avant et pire encore, il sait qu’elle a vu son texto et elle ne lui répond pas. La soirée s’annonçait déjà compliquée, mais il en est une qu’il n’a pas vu venir, celle de son futur beau-frère qui, à quelques semaines du mariage, lui demande de faire un discours… Bref, cette soirée, ne va pas être évidente…

Laurent Tirard est un bon artisan du cinéma et c’est un artisan qui se bonifie avec le temps. Pour son huitième film, le réalisateur français nous revient avec ce qui va se poser comme son meilleur film. Débarquant avec un teaser bordélique à souhait, faisant la promesse d’une belle comédie déjantée, « Le discours » va en surprendre plus d’un, car il va être tout autre. Bien plus touchant que tordant, cette comédie dramatique est belle parce qu’elle est folle. Elle est belle parce qu’elle est tendre, humaine, et que dans un sens elle nous ressemble.

Le discours que doit faire son personnage principal n’est finalement qu’un prétexte pour entrer dans la vie de celui-ci. Adrien, c’est un personnage bordélique, voire même chaotique, et Laurent Tirard a eu la merveilleuse idée d’accorder le bordel de son personnage à son film. Rappelant beaucoup sur certains points de mise en scène son premier film « Mensonges et trahisons et plus si affinité« , « Le discours » est un film en roue libre. C’est un film qui foisonne d’idées. C’est un film qui a tendance à partir dans tous les sens et là où chez d’autres, c’est agaçant, vide ou insupportable, chez Laurent Tirard, ça fonctionne à merveille, car dans un sens, ça représente parfaitement son personnage.

« Le discours« , c’est une mise en scène qui ne cesse de se renouveler. C’est une mise en scène qui est très immersive, brisant le quatrième mur dès son ouverture et parcourant son film d’interventions de son personnage. Cette idée, comme beaucoup ici, est géniale et elle fait du « … discours » un film libre qui nous arrive au gré des souvenirs, des découvertes ou des envies son personnage. Ici, tout est balancé comme ça vient, et cette idée, savoureusement dosée et intelligemment mise en scène, donne un joli dynamisme au film. Ca le fait aussi passer par bien des émotions et des styles. Ainsi, en un claquement de doigts, on passe de la comédie familiale au drame, on passe de la réalité au fantasme, du trip à quelque chose de plus sérieux, de la rupture à la romance, du rire aux larmes. Bref, Laurent Tirard étonne sans cesse, et plus son film avance et plus ce dernier nous fait du bien.

« Le discours« , c’est Benjamin Lavernhe et c’est un grand Benjamin Lavernhe. L’acteur est tout simplement génial dans la peau d’Adrien, personnage qu’on croirait être pour lui. Drôle, bordélique et triste et surtout très touchant, l’acteur et son personnage passionnent et nous touchent droit au cœur. Si l’on pourra mentionner Guilaine Londez, Sara Giraudeau, Kyan Khojandi, ou encore François Morel, impossible de passer à côté d’une excellente et très touchante Julia Piaton, dans la peau de la sœur du futur orateur des noces.

Fou et très touchant, bourré d’idées de mise en scène et d’émotions, « Le discours » de Laurent Tirard est la très, très belle surprise qu’on n’attendait pas. Excellent de bout en bout, très belle réussite, « Le discours » peut même se vanter en plus d’être le meilleur film de son réalisateur, d’être aussi l’un des meilleurs films français de l’année. Bref, l’indispensable de la semaine !

Note : 18/20

Par Cinéted

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