décembre 5, 2020

Killer Mountain

De : Sheldon Wilson

Avec Aaron Douglas, Emmanuelle Vaugier, Andrew Airlie, Paul Campbell

Année : 2011

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur, Aventure

Résumé :

A l’initiative d’un industriel, un groupe de personnes part pour le Bhoutan dans l’espoir de trouver de nouvelles sources de richesses. Lorsqu’ils disparaissent tous mystérieusement, une nouvelle équipe est envoyée sur place pour tenter de déterminer ce qui a bien pu arriver à leurs prédécesseurs.

Avis :

S’il y a bien quelque chose de très agaçant dans le monde obscur des DTV bas de gamme, c’est la jaquette mensongère. Sorte d’habitude détestable de maisons de production foireuses comme The Asylum ou Syfy, la jaquette mensongère propose toujours un élément qui n’apparaitra pas le film. Entre des monstres imaginaires, des séquences que l’on ne verra pas ou encore des acteurs fictifs, on a de tout dans ce petit univers. Car les producteurs de ce genre de navets le savent très bien, si le titre n’attirera pas les foules, autant miser sur une jaquette qui a de la gueule. Et prenons en exemple Killer Mountain, production Syfy sorti en DVD dans nos contrées en 2013. Quand on tire la jaquette, on s’imagine parfaitement un dinosaure s’attaquant à des alpinistes. Sauf que ce n’est pas tout à fait ça et il faut bien avouer que des dinosaures, même en amas de pixels, c’est quand même plus sexy que des scolopendres de pierre…

Le scénario est finalement assez intéressant, et cela peut paraître incongru de la part d’un film estampillé Syfy. Un riche homme d’affaires demande à un alpiniste aguerri de partir sur les traces d’un camp disparu sur les hauteurs d’une montagne sacrée au Bhoutan. Ce dernier accepte car son ex-femme faisait partie de l’expédition. Arrivant sur place, une petite équipe se met en place et elle va découvrir que derrière les roches se cachent en fait de gros monstres qui ont faim, très faim. Bien entendu, le film va s’amuser avec la légende locale de Shambala, transformant alors son film en quête au trésor, pour virer de bord et plonger à corps perdu dans le survival le plus basique qui soit. D’un point de vue scénaristique, le film se tient. C’est un peu débile, on aura des rebondissements téléphonés et certaines incohérences viendront ponctuer l’ensemble, mais globalement, ce n’est pas aussi mauvais que d’autres téléfilms de chez Syfy.

Le problème avec ce genre de métrage, c’est que la mise en scène et les effets spéciaux puent l’amateurisme et le manque de budget. Etrangement, Sheldon Wilson arrive à rendre son film attractif en s’éloignant des fonds verts et tournant dans des décors véritables. La montagne n’en est que plus belle et dangereuse et on sera même surpris que les explosions de fin soient de véritables effets pyrotechniques. Oui, on se raccroche à ce que l’on peut. Car pour le reste… Les effets spéciaux sont tout simplement catastrophiques. Les scolopendres sont des amas de pixels à peine dégrossis et les incrustations sont insupportables. De ce fait, le cinéaste propose un montage épileptique pour que l’on évite de les voir trop souvent à l’écran. On en vient alors à des parties en accéléré où les monstres surgissent n’importe où, comme touchés par une forte maladie de Parkinson. Il en va de même pour filmer un vol d’hélicoptère. Ce dernier ressemble davantage à une cinématique d’un vieux jeu vidéo, faut d’un budget pour avoir un vrai hélicoptère. Bref, malgré quelques bons points, on navigue dans un mauvais délire Syfy.

De plus, les personnages sont vraiment inintéressants et comportent même de grosses incohérences. Prenons le héros du film, campé par Aaron Douglas. Il n’a rien d’un alpiniste. Il est trop imposant, pas assez musclé, voire même bedonnant et du coup, il n’a aucune crédibilité dans ce rôle de prof d’escalade qui va devoir affronter ses vieux démons. D’ailleurs, son background est très fin, évoquant un accident dans le passé, mais ne revenant quasiment jamais dessus. Ce personnage semble blindé contre toute névrose. Les autres protagonistes seront eux aussi décevants. On aura droit à une palanquée de clichés sur pattes, comme la médecin un peu farouche, le jeune fougueux qui se sacrifie, le fils du riche homme d’affaires qui fait des trucs en secret, ou encore l’ex-femme, toujours vivante, ne souffrant ni de faim, ni de froid et sautant dans tous les sens, survivant même à une chute d’hélicoptère. Nous sommes donc en présence de personnages fonctions qui n’ont aucune épaisseur et pour lesquels on se fout éperdument.

C’est tout le problème de ce genre de productions qui n’arrive pas à se rendre plus important que ce qu’il n’est. Si Sheldon Wilson semble avoir des ambitions, il se contente encore et toujours du minimum, comme si un budget riquiqui empêchait d’écrire un bon scénario ou des personnages empathiques et bien construits. D’ailleurs, l’aspect kitsch va aussi se voir dans les antagonistes, des mercenaires du Bhoutan qui sont aussi crédibles qu’un éléphant dans un magasin de porcelaine. Le twist qui concerne les vraies raisons de l’expédition est attendu et ne surprendra personne, et globalement, on attendra que le film se passe sans aucune surprise, si ce n’est un effort de consenti sur les décors naturels et des acteurs qui n’en font pas des caisses.

Au final, Killer Mountain est un navet, on ne va pas se le cacher. Pure production Syfy dans l’âme, on aura droit à nos monstres pixélisés tout dégueulasses, à notre histoire rocambolesque et à nos morts qui nous touchent une couille sans faire bouger l’autre. C’est un amer constat, mais ce film ne sortira pas la firme d’une image plus ou moins dégradante, montrant que le cynisme sur ce genre de production est toujours présent. Néanmoins, on saluera les efforts dans la mise en scène des décors naturels et les acteurs qui vont ce qu’ils peuvent avec ce qu’ils ont et globalement, on est loin des prestations clownesques dont on est habitués. Dommage que le film ne soit pas plus sur la réserve avec ce scénario inepte et ces personnages inconsistants…

Note : 06/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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