octobre 24, 2021

Prom Night – Le Bal de l’Horreur

Titre Original : Prom Night

De : Nelson McCormick

Avec Brittany Snow, Idris Elba, Johnathon Schaech, Jessica Stroup

Année: 2008

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

Trois ans après le massacre de sa famille par un dangereux psychopathe, Donna a enfin repris une existence normale et se prépare à vivre la soirée la plus importante de l’année : le bal de promo du lycée. Ce qu’elle ignore, c’est que Richard Fenton, le tueur, s’est échappé de l’asile pour la retrouver…
Le détective Winn se lance à sa poursuite pour éviter le pire, mais Fenton a de l’avance. Alors que la fête bat son plein, le tueur passe à l’attaque…

Avis:

Au cours des années 2000, les remakes de films d’horreur vont se succéder à un rythme effréné. Entre les films d’Alexandre Aja comme La Colline a des Yeux ou Mirrors, mais aussi les remakes de Massacre à la Tronçonneuse ou de Vendredi 13, on en aura jusqu’à plus soif. Il semblerait qu’à l’époque, piocher dans un catalogue déjà existant c’était s’assurer la venue massive d’un public déjà plus ou moins conquis. De ce fait, les producteurs sont allés chercher dans les tréfonds des années 80 pour faire remonter des métrages oubliés, en atteste ce Bal de l’Horreur. Sorti en 1980 sous l’œil mal avisé de Paul Lynch avec Leslie Nielsen et Jamie Lee Curtis au casting, Le Bal de l’Horreur sera un micro slasher sans saveur et qui ne fera pas forcément grand bruit à l’époque. On peut donc se demander quelle est la légitimité de faire un tel remake, surtout venant d’un film déjà mauvais à la base? La réponse est claire, remettre au goût du jour une mauvaise idée.

Le film débute avec le massacre des parents de Donna par un type qui semble éperdument amoureux de la jeune fille. Trois ans plus tard, Donna vit chez son oncle et sa tante et s’apprête à participer à son premier bal de lycée. Sauf que dans le même temps, le bourreau de ses parents s’est échappé de prison et arrive dans le bal pour reconquérir sa dulcinée. Le pitch est aussi simple que ça. Un psychopathe fait une fixette sur une nana. Il va décimer tous ceux qui se mettent en travers de son chemin pour la capturer. C’est binaire, cela aurait pu donner un film violent et percutant, mais il n’en sera rien. Déjà, il faut savoir que le scénario du film a mis cinq ans avant de voir le jour. Cinq ans pour pondre un film aussi basique et sans aucun intérêt. Il faut se poser les bonnes questions. Comment est-il possible de se mettre à trois autour d’une table et d’écrire une telle ineptie? Car au-delà du fait que ce soit d’une simplicité crasse, le film brasse continuellement du vent.

Le principal défaut de ce métrage, outre le fait qu’il ne fasse pas peur (mais on verra ça un peu plus tard), c’est qu’il ne prend absolument pas la peine de bien travailler ses personnages. Donna est une jolie blonde qui va se faire prendre en chasse. Elle est un peu meurtrie par la mort de ses parents, (en gros, elle fait des cauchemars et va voir une psy) mais globalement, elle vit sa vie de jeune fille qui va partir à l’université. C’est tout. On n’aura aucun autre point d’ancrage pour s’attacher à elle. Il en va de même avec son copain et ses copines, et les copains de ses copines. Le film ne les présente même pas. On fait face à six jeunes sans relief, avec quelques engueulades de couple, mais qui, foncièrement, n’apporte aucune épaisseur à l’intrigue, si ce n’est d’être de la chair à canon. Et parlons aussi du méchant, risible au possible, avec une trogne d’ahuri et qui n’a qu’un leitmotiv, capturer Donna pour on ne sait quelle raison… Reste alors le rôle du commissaire, un peu badass et qui démontre que seul Idris Elba y croit.

Forcément, à partir d’un tel postulat sur les personnages, difficile de créer la moindre empathie et donc de craindre pour les protagonistes. Et c’est bien entendu là le gros point faible du film, ne pas savoir susciter de la peur. L’équipe du film a beau se défendre en disant vouloir faire un thriller au suspense haletant plutôt qu’un film d’horreur gore, on a du mal à croire que certains d’entre eux, au vu des rushs, ont pu ressentir de l’effroi. Outre l’aspect mollasson de la mise en scène (en même temps, on a pris un type issu des séries télé et qui est reparti depuis dans les séries télé) qui se veut Hitchcockienne, les jump scare présentés sont honteux. On joue sur quelques effets de miroir déjà vus, on accumule les cauchemars pour nous faire croire à une réalité et l’aspect boogeyman qui marche doucement vers sa proie ne fonctionne jamais vraiment, la faute à un charisme laissé dans un fond de verre à whisky quelque part dans le Wisconsin. C’est bien simple, Prom Night- Le Bal de l’Horreur ne suscite aucune réaction.

Entre des personnages vides de toute substance et une peur aux abonnées absentes, Prom Night – Le Bal de l’Horreur se rattrape-t-il sur autre chose, comme le gore ou une mise en scène intéressante? Non. Soyons clair, Nelson McCormick essaye de s’inspirer de certains maestros comme Hitchcock, mais il n’y parvient jamais. Les plans lents et longs ne servent à rien et ne racontent rien. Le suspense est très mal dosé, à un tel point que même les plans qui auraient pu être stressants ne le sont pas du tout. On pense bien évidemment à tous ces moments un peu tendus où l’on sait que le tueur est présent mais pas les personnages et lorsque le meurtre survient, on restera de marbre devant autant d’amateurisme et de non-envie de percuter le spectateur. D’autant plus que le film ne raconte rien, il n’a pas de fond et ne porte pas de message en particulier.

Au final, Prom Night – Le Bal de l’Horreur est une purge insultant notre intelligence. Déjà que le film de base était très moyen, pour ne pas dire pénible, on touche ici le fond, avec un métrage vide et inintéressant. Entre des personnages insupportables, une histoire qui brasse du vent, un tueur aussi charismatique qu’une huître et des incohérences ahurissantes (le coup de la reine de bal qui va baiser cinq minutes avant son élection…), le film de Nelson McCormick est un navet détestable, de la première à la dernière minute…

Note: 02/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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