octobre 24, 2020

Kingdom Hearts III

Résumé :

Kingdom Hearts III vous place dans la peau de Sora et sa petite troupe qui doivent faire face au Maître Xehanort. Ce dernier souhaite déclencher une guerre des Keyblades, mais vous devrez l’en empêcher en partant à la recherche des sept Gardiens de la Lumière…

Avis :

La grosse machine Disney ne brille pas qu’au cinéma. Si l’on compte les musiques des films, elle est aussi omniprésente dans le domaine musical et elle compte bien s’imposer dans le monde magique des jeux vidéo. Alors que depuis belle lurette, des adaptations des dessins animés de chez Disney existent sur toutes les plateformes, la firme aux grandes oreilles, en 2002, a senti un nouveau filon, celui de conquérir le pays du soleil levant. Pour ce faire, elle va réaliser un mélange inattendu, celui de son univers avec celui des Final Fantasy de Squaresoft. Un premier volet va alors sortir en 2002 sur la Playstation 2 sous le joli sobriquet de Kingdom Hearts. Sorte d’action-RPG où l’on dirige Sora avec Dingo et Donald, le joueur va s’aventurer dans divers univers Disney pour chasser des sans-cœurs et retrouver le roi Mickey ainsi que son amie qui fut kidnapper. Le succès est monstrueux, les critiques plutôt positives. Du coup, un deuxième opus est mis sur les rails. Kingdom Hearts II sortira alors quatre ans plus tard, sur la même console et pourra se targuer de mettre tout le monde d’accord, étouffant les problèmes du premier opus et rajoutant du contenu.

De cet immense succès dérivera alors d’autres jeux estampillés Kingdom Hearts, mais sur d’autres supports comme Deam Drop Distance sur 3DS, Birth by Sleep sur PSP ou encore Chain of Memories sur GBA. Un univers étendu riche et accessible pour qui possèdent toutes ces consoles. Et cela va être un gros problème pour le jeu qui nous préoccupe aujourd’hui, à savoir le troisième Kingdom Hearts. Sorti treize ans après le deuxième volet, sur PS4, Kingdom Hearts III avait tous les ingrédients pour séduire. Une longue préparation, des fans impatients, de nouveaux mondes Disney, la promesse de graphismes léchés et d’un nouveau Gameplay. Mais la réalité va vite rattraper les profanes de l’univers, dont on peut inclure ceux qui n’ont fait que les deux premiers chapitres. Car oui, si on veut comprendre quelque chose à cette histoire, il faut avoir fait tous les jeux…

Et c’est là le principal défaut de ce jeu, qui veut s’inscrire comme une suite majeure, mais qui va perdre une grande partie des joueurs. Ici, on reprend le rôle de Sora, qui refait équipe avec Donald et Dingo et qui refait de nouveaux mondes Disney, pour retrouver Riku et Mickey, mais aussi arrêter l’organisation XIII qui veut affirmer son autorité sur les keyblades. Si c’est assez simple au départ, l’intrigue va se complexifier à tours de bras avec une arrivée massive de nouveaux personnages, à peine présentés, puis avec une histoire de réceptacle, de cœur, de sans-cœurs, de similis, j’en passe des vertes et des pas mûres. Bref, c’est un énorme bordel à l’écran, tant et si bien qu’au bout d’un moment, on délaisse complètement l’intrigue, espérant se plonger dans un gameplay palpitant. Mais c’est très difficile de se plonger dans un bon gameplay quand on joue quinze minutes pour quarante-cinq minutes de cinématique où l’on ne comprend que dalle. Le jeu est d’une longueur incroyable, proposant bien trop de cinématiques explicatives, cassant le rythme de jeu, qui n’est déjà pas bon.

Et si l’on s’emmerde sec, c’est avant tout à cause de ce rythme saccadé, mais aussi parce que le gameplay n’est pas forcément à la hauteur de nos espérances. La jouabilité est assez intuitive et on retrouve des mouvements de base comme sauter, taper et esquiver. Malheureusement, le jeu va se faire très répétitif et ne force pas obligatoirement à user de sa magie. On peut très clairement finir le jeu en tapant comme un sourd et en se soignant de temps à autre. La magie est donc revue à la baisse et on se retrouve face à un soft bourrin, sans aucune finesse et affichant un beau bordel à l’écran. Les locks d’ennemis changent souvent, à un tel point qu’il est difficile de s’acharner sur un seul méchant jusqu’à la fin. Et quand il y a du monde, ou encore des éclats de lumière, c’est vite illisible sur l’écran. En plus de la magie qui n’est que très peu utilisée, on aura aussi des liens qui permettront de faire venir un allié de plus, comme Ralph ou Simba. C’est bien simple, on les utilise encore moins que la magie. Il faut dire que c’est fastidieux pour y parvenir et on perd du temps, en augmentant les chances de se faire taper.

Là où le jeu marque clairement des points, c’est sur ses graphismes. Certes, ce n’est pas forcément le haut du panier de la PS4, mais c’est plutôt joli, coloré et certaines séquences sont carrément superbes, notamment sur la fin, avec la ville blanche ou le ride sur une vague de Keyblades. On remarquera la prouesse technique lors des attaques spéciales durant les combats qui font intervenir des manèges. En règle générale, ces attaques sont très impressionnantes et demeurent presque les seuls moments un peu récréatifs des combats. On félicitera aussi le travail sur les musiques ou encore sur le monde de Toy Story qui est très grand et particulièrement réussi. Si les autres mondes sont intéressants et plutôt chatoyants, on restera déçu par les licences utilisées. Les Nouveaux Héros, Raiponce, Hercule ou encore Le Reine des Neiges manquent d’un traitement plus fort ou de clins d’œil plus appuyés. Et on voit bien que les franchises récentes sont clairement favorisées, pour attirer un public plus jeune… qui n’y comprendra goutte.

Enfin, pour rallonger la durée de vie, pour celles et ceux qui le souhaitent, Kingdom Hearts III propose des quêtes annexes, mais qui ne vont clairement pas avancer l’intrigue. C’est du remplissage et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il faut être sacrément motivé pour les faire. Entre prendre des photos des logos Mickey qui sont cachés dans tous les mondes, récolter des ingrédients pour les apporter à Ratatouille pour faire des recettes, collecter des outils pour customiser son vaisseau spatial (au design dégueulasse qui n’a pas évolué depuis le premier) ou encore ramasser des objets pour la forge des Mogs, c’est long, c’est fastidieux et surtout, ça ne sert à rien au sein même du jeu. Un jeu qui brasse encore et toujours les mêmes thèmes sur l’amitié, l’amour et la force que donnent les autres. Youpi…

Au final, Kingdom Hearts III est une belle déception. Si globalement, le jeu se fait, c’est avec un gentil désintérêt. Long, pompeux, incompréhensible pour qui n’est pas un fan hardcore de la franchise, SquareEnix se plante joliment sur ce coup-là. Sans être une purge infecte, le jeu possède tellement de défaut, un rythme tellement pénible, que l’on a du mal à accepter les treize ans d’attente…

Note : 11/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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