octobre 24, 2020

Joker – Fini de Rire

Auteurs : J.M. DeMatteis, Chuck Dixon, Joe Staton, Graham Nolan

Editeur : Urban Comics

Genre : Super-Héros

Résumé :

Le Joker est enfin parvenu à ses fins : il a tué Batman au cours d’un duel explosif ! Mais à présent que son plus cher ennemi n’est plus que lui reste-t-il à faire de ses journées ? Ainsi, l’ancien Clown Prince du Crime devient Joe Kerr, un simple citoyen de Gotham, et ne tarde pas à tomber amoureux. Mais l’ancien maniaque est-il véritablement devenu sain d’esprit ?

Avis :

Pour qu’un super-héros soit réussi, il lui faut un super-vilain efficace. Et si on jette un regard dans le panthéon des plus grands super-héros, on est toujours capable de citer quelques ennemis cultes de tout un chacun. On peut parler du Bouffon Vert pour Spider-Man, de Lex Luthor chez Superman, de Crâne Rouge chez Captain America ou encore du Joker chez Batman. Et ça tombe plutôt bien car c’est sur ce dernier que l’on va s’arrêter. Pourquoi ? Tout simplement parce que le vilain le plus culte de l’histoire des comics fête ses 80 ans et qu’à cette occasion, les éditions Urban Comics ont ressorti les meilleures histoires du personnage. Le moment idéal pour nous de parler de Fini de Rire, un recueil de deux histoires importantes dans la confrontation entre le clown tueur et le Dark Knight.

La première histoire se nomme Sain d’Esprit et se découpe en quatre chapitres. Dès le départ, on est mis dans l’ambiance avec un Joker qui fait un attentat lors d’une parade, et un Batman qui va le courser. Sauf que le Joker réussit à piéger le Batman et il le laisse pour mort. Dès lors, le Joker se perd et ne voit plus d’intérêt à être méchant. Il change alors de nom, trouve l’amour et va même pour se marier. Mais chassez le naturel, il revient au galop, comme un Batman qui se requinque doucement. L’intérêt de cette histoire réside principalement dans l’analyse de la psyché du tueur. Malgré de grosses tentatives pour se contrôler, malgré une perte du mal, il est difficile pour le Joker de rester inactif et de ne pas avoir des réminiscences de son passé. Toute l’histoire va jouer sur ces accès de violence et de folie que peut avoir le super-vilain.

Et si c’est relativement intéressant d’un point de vue narratif, donnant plus d’épaisseur à un méchant déjà culte, on reste tout de même déçu par le déroulement global de cette histoire. Batman va se remettre de ses blessures grâce à un médecin taciturne et discret. Il va alors revenir dans un Gotham en proie au doute. Puis il va réussir à arrêter le Joker dans une course-poursuite par forcément passionnante. En effet, si l’on enlève la folie latente du Joker et sa vaine tentative de vivre normalement, le reste est très conventionnel et sans réelle surprise. Et il faut ajouter que le dessin n’est pas formidable. Certes, on est dans une histoire écrite et dessinée en 1994, mais ça fait un peu vieillot, que ce soit dans l’action ou dans le design de certaines choses, comme les véhicules utilisés, par exemple. Bref, si cela se lit sans déplaisir, ça reste assez plan-plan, ce qui n’est pas le cas de l’autre histoire.

En effet, la deuxième histoire se nomme L’Avocat du Diable et se déroule d’un seul bloc. Ici, une série de timbres à l’effigie de grands comiques américains va tuer des personnes qui ont eu le malheur de les lécher pour le coller sur des enveloppes. Le Joker est rapidement arrêté et inculpé, se rendant alors dans le couloir de la mort. Sauf que Batman a un doute. Il est persuadé que le Joker n’est pas responsable de ces morts et qu’il pavane pour passer à la postérité. Le détective mène alors l’enquête avec Robin. Gros changement de registre avec cette histoire. Nous sommes encore dans le psychologique, mais d’une autre manière. Le Joker n’essaye pas d’être normal, mais il se rend compte de sa notoriété et va tenter de rester dans les annales en se condamnant à mort devant des journalistes. Une aubaine pour Gotham, mais pas pour Batman qui a des principes.

Cette seconde histoire est beaucoup mieux que la première. Déjà parce qu’au niveau des dessins, on est un niveau au-dessus. Le rendu est plus beau, les couleurs sont plus chatoyantes. Bref, on est dans quelque chose de plus moderne alors que l’histoire date de 1996. Mais le segment est mieux que le premier car son histoire est plus complexe et plonge dans la complexité du super-héros, mais aussi du super-vilain. Afin de montrer toute la folie du Joker, on n’hésite plus à lui faire frôler la mort de façon voulue. Appuyant alors sa folie douce, le portant jusqu’au bord du suicide, L’Avocat du Diable démontre à quel point ce méchant est culte, mais aussi important pour le Batman. C’est avec cette histoire que leur relation se complexifie et trouve une justification. L’un ne peut pas vivre sans l’autre. Et la façon de procéder dans cette histoire est très intelligente, laissant sur une fin parfaite.

Au final, Fini de Rire est un recueil de deux histoires qui sont intéressantes, mais assez mal équilibrées. La première histoire est intéressante dans l’évolution de son vilain, mais manque de punch et d’une fin digne de ce nom. Fort heureusement, la deuxième histoire est plus pêchue, plus dense et offre un regard nouveau sur la relation entre Batman et le Joker. Bref, Joker – Fini de Rire est tout de même un très bon recueil qui permet de voir à quel point ce super-vilain a marqué les esprits, et continue aujourd’hui de nous hanter, au point d’en faire un film.

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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