décembre 5, 2020

Antoinette dans les Cévennes

De : Caroline Vignal

Avec Laure Calamy, Benjamin Lavernhe, Olivia Côte, Marc Fraize

Année : 2020

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

Des mois qu’Antoinette attend l’été et la promesse d’une semaine en amoureux avec son amant, Vladimir. Alors quand celui-ci annule leurs vacances pour partir marcher dans les Cévennes avec sa femme et sa fille, Antoinette ne réfléchit pas longtemps : elle part sur ses traces ! Mais à son arrivée, point de Vladimir – seulement Patrick, un âne récalcitrant qui va l’accompagner dans son singulier périple…

Avis :

Réalisatrice française, Caroline Vignal a un parcours bien étrange. Diplômée de la Fémis, elle réalise à la fin des années 90 deux courts-métrages, qui l’emmèneront sur un premier long-métrage qui sortira en 2000. Plutôt bien accueillie, Caroline Vignal aurait pu enchaîner, mais il n’en sera rien, et l’on va perdre sa trace pendant une dizaine d’années. Début des années 2010, sans parler d’elle, on retrouvera la cinéaste à l’écriture de quelques scénarios notamment pour la télévision. De temps à autre, l’espace de quelques minutes, elle fera aussi l’actrice dans quelques séries télés, mais rien de bien officiel.

Vingt ans après son premier film, Caroline Vignal fait un retour inattendu sur les grands écrans avec ce qui semble bien être la comédie de la rentrée. Pour son deuxième film, Caroline Vignal a décidé de placer sa caméra dans les Cévennes pour suivre une femme un peu fofolle faire une surprise à son amant. Drôle, romantique, et plus intelligent qu’il n’en a l’air, « Antoinette dans les Cévennes » est un petit moment de cinéma tout à fait adorable. Puis c’est surtout un film porté par une Laure Calamy merveilleuse, qui trouve là un rôle taillé sur mesure. C’est bien simple, « Antoinette … », ça ne pouvait être qu’elle et personne d’autre !

Antoinette est folle amoureuse de Vladimir, avec qui elle entretient la relation parfaite. Elle ne l’a pas cherché, elle ne l’a d’ailleurs pas vu venir et Vladimir s’est imposé comme une évidence. Dans ce magnifique tableau, il n’y a qu’une seule tache, et elle est de taille, puisque Vladimir est un homme marié. Qu’importe finalement, Antoinette n’est pas du genre jalouse, puis elle sait que Valdimir l’aime et surtout, elle sait que la semaine prochaine, elle va passer une semaine de rêve avec son amant … Enfin ça, c’était jusqu’à ce que ce dernier annule leurs vacances au dernier moment, car la femme de Vladimir lui a fait une surprise et ainsi, Vladimir part marcher une semaine dans les Cévennes avec son épouse et leur fille. Déçue et optimiste, sans même réfléchir, Antoinette part elle aussi dans les Cévennes pour une semaine qu’elle n’est vraiment pas prête d’oublier.

Un petit vent de fraîcheur arrive sur nos écrans de cinéma en cette fin Septembre avec cette « Antoinette dans les Cévennes« . Pour son deuxième film, Caroline Vignal nous entraîne dans un scénario singulier et adorable, qui comme je le disais, est bien plus intelligent qu’il n’y parait. Car oui, la tentative désespérée et non réfléchie de son personnage, d’aller retrouver son amant dans les Cévennes aux côtés de sa femme, on imaginait bien que ça ne pouvait pas se terminer de jolie manière pour notre adorable Antoinette. Il y a un dicton qui dit que le plus important n’est pas la destination, mais le chemin et le film de Caroline Vignal peut être une belle métaphore de ce dicton, qui voit une jeune femme s’affranchir finalement de son amant pour se découvrir elle-même et aller de l’avant.

Sous couvert d’une comédie (qui est totalement réussie, et même hilarante), Caroline Vignal livre un film très touchant qui laisse éclater l’immense talent de Laure Calamy. C’est bien simple, l’actrice est le cœur et la vie de ce film, et il est certain que si « Antoinette … » est aussi bon, c’est grâce à elle. Étonnante, une peu folle, pétillante et surtout très touchante, on adore suivre les mésaventures de ce personnage perdu dans les Cévennes et surtout perdu avec elle-même. Avec beaucoup de subtilité, très bien écrit, les mésaventures de notre désormais « Antoinette … » adorée vont la faire croiser des personnages intéressants (tous ceux qui tiennent les auberges). Ces mésaventures vont mettre sur sa route un âne, Patrick, et l’on peut aisément dire que Caroline Vignal nous offre une des plus touchantes relations qu’on verra cette année, mélange savoureux de crises de nerfs, de vas-y que je te pousse, d’affection, de ras-le-bol et d’amour naissant et de psychologie involontaire. Bref, c’est magique, souvent tordant et très étonnamment touchant.

« Antoinette dans la Cévennes« , c’est aussi un voyage, et ce dernier est tout logiquement fait dans les Cévennes et Caroline Vignal profite de ces très beaux décors. Ainsi, entre comédie et drame, entre moments touchants et d’autres hilarants, la réalisatrice nous offre un peu d’évasion et c’est très chouette. Puis la mise en scène de scène de Caroline Vignal est simple, mais elle est efficace, la metteuse en scène offre quelque chose de tendre et en même temps de très rythmé. Elle conjugue très bien les émotions de son film pour dresser un portait et un parcours touchant. Ce film est étonnant, et plus il avance, plus il construit son personnage et plus il nous fait du bien.

Excellente surprise tenue par une Laure Calamy parfaite, « Antoinette dans les Cévennes« , le second film de Caroline Vignal, est l’inattendu de la rentrée. Drôle et touchant à la fois, profond, nuancé, étonnant, cette heure et demi passée sur les chemins de Stevenson en compagnie d’Antoinette et Patrick, est tout simplement adorable et l’on aurait même aimé que ça dure plus longtemps.

Note : 16/20

Par Cinéted

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