octobre 30, 2020

The Babysitter: Killer Queen

De : McG

Avec Judah Lewis, Emily Alyn Lind, Jenna Ortega, Robbie Amell

Année: 2020

Pays: Etats-Unis

Genre: Comédie, Horreur

Résumé :

Deux après avoir vaincu un culte satanique dirigé par sa babysitter, Bee, Cole tente d’oublier son passé et se concentre sur sa vie de lycéen. Bientôt de vieux démons refont surface et Cole devra à nouveau se montrer plus malin que les forces du mal.

Avis :

McG fait partie de la ligue très fermée des réalisateurs un peu bourrin sur les bords. Si on regarde sa filmographie, ce sale gosse du septième art aime rentrer dans le lard avec des films qui ne demandent d’avoir beaucoup de neurones. Charlie et ses Drôles de Dames, Terminator Renaissance, Target, sont autant de films qui ne demandent pas beaucoup de réflexion. Depuis 2017, il s’amuse à faire des films pour Netflix et il a connu un joli succès mérité avec The Babysitter. Comédie horrifique délicieusement gore, le film fut une belle surprise, rafraîchissante et très drôle. Bien évidemment, après un très dispensable Le Bout du Monde, McG a voulu faire une suite à son film, puisqu’il se terminait sur un petit cliffhanger. Mais on le sait, faire une suite, qui plus est à une comédie horrifique, le risque de surplus est présent, et le réalisateur met les deux pieds dans le plat.

Recyclage

Avec cette suite, McG ne prend pas vraiment de risque. Le film démarre lentement avec le jeune du premier qui est encore très sensible. Tout le monde le prend pour un débile et il a du mal à s’intégrer dans son lycée. C’est alors que pendant une fête autour d’un lac, le rituel recommence et on voit débouler les trois débiles du premier film, qui devaient être morts. Et on va vite se rendre compte que le réalisateur se repose grandement sur ses lauriers. La sensation de revivre le premier avec plus de moyen se fait de suite sentir. Les mêmes personnages, les mêmes situations, des punchlines à tire-larigot, bref, on navigue en terrain connu et sans jamais amener de la fraîcheur ou du renouveau. Cette redondance, on la ressent aussi dans le déroulement des actions avec à chaque fois, un méchant, une mort débile.

La seule chose nouvelle que l’on peut noter provient du binôme. En effet, Cole n’est plus seul dans l’aventure, il est accompagné par une nana un peu folle dingue au départ, mais qui va vite s’assagir. Si cela peut amener des situations plus cocasses et une relation amoureuse qui plaira certainement aux ados, ce ne sera pas le cas pour la tension. En renforçant ses victimes, McG étiole sa tension et les passages un peu tendus. On ne craindra plus pour eux, et les actions d’entraide vont se succéder pour se sortir de ce beau bordel. Malheureusement, outre la tension qui s’évapore très vite, on peut aussi voir dans le final un bon gros foutage de gueule. Ce qui faisait l’atout sexy du premier revient comme par magie, et la résolution du problème ne tient pas debout. On voit bien que le film n’a pas été fait pour les bonnes raisons.

Ma Référence à Moi

Si le scénario tient sur un post-it, c’est bien évidemment pour surfer sur la vague du succès du premier film. McG et ses copains veulent refaire mumuse avec des ados débiles et quelques litres d’hémoglobine, et pour cela, il va tenter de faire plusieurs pieds de nez au cinéma. Les références vont alors se multiplier comme des flocons dans un blizzard, au point que tout le film n’aura plus de sens. On y parle de Terminator 2, une grosse référence est faite à Delivrance avec un vieux grigou qui joue du banjo, on peut aussi y déceler quelques gimmicks au slasher des années 90, bref, le film joue à fond la carte de la référence. Au point d’en devenir ridicule et de s’obliger à rajouter des saynètes qui ne servent à rien. On pense au type au banjo, mais on peut aussi y ajouter le démarrage, putassier à souhait.

Car oui, bourrin un jour, bourrin toujours, le réalisateur va tout faire pour mettre en avant un film qui se veut cool et jeune. Pour cela, tout le démarrage se fait avec de courtes scènes humoristiques qui s’arrêtent pour présenter des titres dans un format pop et coloré. Alors non seulement cela casse complètement le rythme, mais en plus, ça fait très tape à l’œil et ne sert aucunement le film. En fait, McG copie le style des autres, au point de s’effacer complètement, ne laissant de son empreinte qu’un gore décomplexé.

En Gore et en Gore

Et finalement, heureusement qu’il y a ça ! Comme pour le premier opus, le côté gore est bien présent et s’avère toujours aussi fun. Les têtes éclatent ou s’arrachent, les corps explosent, certains flambent et d’autres fondent littéralement. Le metteur en scène se lâche complètement sur certaines séquences, au point d’en devenir grotesque. Un grotesque qui pousse les curseurs au max pour déclencher quelques hilarités. Alors certes, on est loin de la fraîcheur du premier, l’effet de surprise ayant disparu, mais c’est un des rares bons points du film, donc autant le mentionner.

Et niveau thématique, on reste dans quelques choses de très bon du front. McG n’est pas forcément un type qui a envie de réfléchir et cela se ressent dans le film. Le côté psychologique du garçon est balayé d’un seul geste du bras quand il va tout faire pour survivre. Le nouveau personnage est bien trop flou pour nous faire passer de la sympathie et finalement, le seul axe de réflexion provient des méchants, qui sont prêts à tuer pour réaliser leurs rêves. On y traite alors de l’égoïsme de l’être humain, mais aussi de sa vacuité, car les raisons de ce nouveau carnage tient en un seul mot : influenceuse. Et oui, McG tire à boulets rouges sur cette société factice qui ne veut briller que sur les réseaux sociaux et grâce à son apparence. Alors oui, c’est amené de manière frontale et sans aucune finesse, mais c’est là.

Au final, The Babysitter Killer Queen est une âpre déception. Alors que le premier opus était engageant, drôle et ultra dynamique, cette suite fait pâle figure. Moins rythmée, moins percutante, moins intéressantes et avec un scénario aux fraises, cette suite n’a que très peu de bons points. On peut lui laisser un gore décomplexé et un fond cynique. Dommage que McG n’en fasse pas grand-chose et ne pense qu’à faire joujou avec son sirop de framboise et le physique de ses actrices…

Note : 08/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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