octobre 30, 2020

Swallow the Sun – When a Shadow is Forced Into the Light

Avis :

La Finlande, ses superbes forêts d’épineux, ses mille lacs qui resplendissent de mille feux et ses groupes de Black Métal où les membres ressemblent de plus en plus à des pandas démoniaques au cri aigu. Pour autant, la Finlande est un pays formidable qui n’hésite pas à mettre en avant ses groupes de métal, à un tel point que le pays donne des noms de rue à certains groupes iconiques. Et limiter la Finlande au Black, c’est très réducteur, car il existe bien d’autres styles dans ce doux pays, comme par exemple le Doom et le Death. Et ça tombe plutôt bien car Swallow the Sun est un groupe finlandais qui allie à la perfection les deux genres. Fondé en 2000, le groupe se fait vite repérer en 2003 avec une démo et un album dans la foulée. Ils signeront par la suite chez Spinefarm Records, puis chez Century Media en 2015 pour un énorme projet, un triple album massif qui sera accueilli plus que chaleureusement. Et il faudra alors attendre quatre ans pour que la formation revienne sur le devant de la scène avec un huitième album, plus simple, plus sobre, When a Shadow is Forced Into the Light. Mais plus simple ne veut pas dire moins réussi, car le groupe va jouer avec nos émotions et on en aura plein les oreilles à travers les huit pistes qui parcourent ce superbe effort.

L’album commence avec le morceau éponyme, et on commence avec de la grandiloquence et de la profondeur. Les riffs lourds et lents, propres au Doom, résonnent d’entrée de jeu, avant de lâcher les violons pour donner une autre dimension au titre. On ressent un sentiment épique, une volonté de grandeur, mais aussi de douceur dans la violence. Progressivement, le morceau s’enfonce dans une sorte de noirceur insidieuse pour mieux nous cueillir sur un final qui tape fort et nous laisse pantois devant tant de maîtrise, aussi bien technique qu’émotionnelle. The Crimson Crown va parcourir un chemin à la fois similaire, mais aussi totalement différent. Jouant encore une fois avec un sentiment de gigantisme et une mélodie mélancolique qui nous prend aux tripes, Swallow the Sun va laisser de côté toute violence pour partir vers une note douce et entêtante. Non seulement c’est beau, mais c’est tout simplement parfait pour un voyage introspectif, nous laissant entrevoir des hectares de forêts de sapins enneigés. On pourrait presque croire que nous ne sommes pas en présence de Métal, mais plus dans quelque chose de plus orchestral. Et c’est là la grande force du groupe et de cet album, garder des riffs lourds tout en apportant une touche délicate avec de superbes violons. Avec Firelights, le groupe réussit à mélanger les ambiances des deux titres précédents. A la fois lourd dans les riffs et doucereux dans l’ambiance générale, Swallow the Sun offre un titre fabuleux qui transporte tout en gardant une patte très particulière. Enfin, pour marquer la première moitié de l’album, on nous gratifie de Upon the Water, un très gros morceau qui va être plus violent que les autres titres, mais qui reste tout simplement superbe.

Stone Wings va être le premier titre pour entamer la lente descente vers la fin de l’album. Il s’agit ici d’un exercice particulier, de fournir un titre très calme, très lent, à la structure pas si évidente, mais qui reste d’une redoutable efficacité. Cela est dû à une mélodie envoûtante, puissante, calme et tout simplement entêtante. C’est beau. Il n’y a pas forcément d’autre mot qui convienne au sentiment que procure ce titre. Et ce sera de toute façon la même chose avec les autres titres et l’impression générale que laisse l’album. Clouds on Your Side sera le titre le plus court de l’album (même s’il dépasse largement les quatre minutes) et va se permettre quelques lignes de poésie en français pour conclure un morceau d’une grande beauté. Le groupe démontre sa faculté à mélanger aussi un chant clair aérien à un growl surpuissant qui s’accorde parfaitement avec l’ambiance voulue. Here on the Black Earth est un morceau qui va être plus sombre que le reste des titres, mais qui demeure très accessible. Swallow the Sun, dans un souci d’homogénéité et de densité, propose un titre qui s’imbrique parfaitement dans le reste des morceaux, tout en gardant puissant plus de noirceur et plus de puissance. Enfin, avec Never Left, la formation nous dit au revoir dans un élan mélancolique fort et touchant, renouant avec les violons et les riffs saturés pour offrir un moment de grâce rare et précieux.

Au final, When a Shadow is Forced Into the Light, le dernier effort de Swallow the Sun, est une pure réussite, un objet à la fois rude et touchant, accessible et pourtant complexe à décortiquer. Les finlandais permettent de démontrer que le métal mais pas qu’une affaire de violence et d’énergie, mais aussi d’émotions et de mélancolie et cet album en est la parfaite démonstration, réussissant le pari un peu fou de manier deux choses contradictoires, la violence et l’amour. En bref, tout dit plusieurs fois précédemment, c’est beau, et c’est tout ce qui compte.

  • When a Shadow is Forced Into the Light
  • The Crimson Crown
  • Firelights
  • Upon the Water
  • Stone Wings
  • Clouds on Your Side
  • Here on the Black Earth
  • Never Left

Note: 19/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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