octobre 30, 2020

Comment je Suis Devenu Super-Héros

De : Douglas Attal

Avec Pio Marmaï, Vimala Pons, Leïla Bekhti, Benoit Poelvoorde, Swann Arlaud

Année : 2020

Pays : France, Belgique

Genre : Policier, Fantastique

Résumé :

Paris 2020. Dans une société où les surhommes sont banalisés et parfaitement intégrés, une mystérieuse substance procurant des super-pouvoirs à ceux qui n’en ont pas se répand. Face aux incidents qui se multiplient, les lieutenants Moreau et Schaltzmann sont chargés de l’enquête. Avec l’aide de Monté Carlo et Callista, deux anciens justiciers, ils feront tout pour démanteler le trafic. Mais le passé de Moreau ressurgit, et l’enquête se complique…

Avis :

Nouveau venu dans le paysage du cinéma français, Douglas Attal est le fils d’Alain Attal, grand producteur de cinéma. Douglas Attal a toujours été tenté par la réalisation et c’est d’ailleurs par cette voie-là qu’il commence, puisqu’il réalise son premier court-métrage en 2006. Écrivant ses scénarios, Douglas Attal prend son temps et il ne repassera derrière la caméra que cinq ans plus tard. Par la suite, Douglas Attal fera l’acteur dans quelques films, on le retrouvera dans « Fonzy« , « La prochaine fois, je viserai le cœur » ou encore « Radiostars« .

Cela faisait un bout de temps que Douglas Attal essayait de monter ce projet, d’ailleurs, la première fois que le futur film avait fait parler de lui, c’est en 2015, à la Comic-con de Paris, quand Douglas Attal avait présenté une bande démo où ses supers héros étaient alors tenus par Grégory Gadebois et Pascal Demolon. Après cinq ans de travail, après cinq ans à y croire et bien plus d’années encore, voici que le premier long-métrage de Douglas Attal arrive dans les salles et pour le coup, le jeune réalisateur livre là un film plaisant. Loin d’être un grand film, « Comment je suis devenu super-héros » se pose comme un bon divertissement, simple et efficace et voir une production pareille en France, ça fait du bien.

Paris 2020. Dans une société où les surhommes sont banalisés et parfaitement intégrés, une mystérieuse substance procurant des super-pouvoirs à ceux qui n’en ont pas se répand. Face aux incidents qui se multiplient, les lieutenants Moreau et Schaltzmann sont chargés de l’enquête. Avec l’aide de Monté Carlo et Callista, deux anciens justiciers, ils feront tout pour démanteler le trafic. Mais le passé de Moreau ressurgit, et l’enquête se complique…

S’il y a bien un film français qui pousse à la curiosité cette année, c’est bien le premier film de Douglas Attal. L’ambition dans le cinéma français, on en trouve, on à beau dire que le cinéma français est pépère et répétitif, c’est faux et chaque année on voit de jeunes réalisateurs et de jeunes auteurs proposer des choses, mais rarement un premier film aura suscité autant d’intérêt. Douglas Attal aura porté son projet jusqu’au bout, il n’aura pas lâché l’affaire comme on dit, il y aura cru et voici, après tant d’années, son bébé est prêt et on peut dire que ce « Comment je suis devenu super-héros » est pas mal du tout. Certes, c’est un film imparfait, certes, il a des éléments qui sont loin d’être subtils, mais sur l’ensemble, le film de Douglas Attal se pose comme un bon et surtout très efficace divertissement.

Adapté d’un roman de Gérard Bronner, romancier qui est ici co-scénariste sur le film, on ne peut nier que l’intrigue en elle-même est très légère et qu’il ne faut pas vraiment sortir de Saint-Cyr pour comprendre le déroulement du film. Mais derrière, ou plutôt devant, cette intrigue simpliste, le film de Douglas Attal, dans ce qu’il raconte, est bourré d’idées et d’éléments qui sont plaisants et intéressants. Ainsi, le réalisateur peint ici une société où les héros sont connus, où les surhommes cohabitent avec les normaux. On appréciera beaucoup cette idée, qui ancre d’emblée le film dans un certain réalisme.

De plus, l’enquête policière est intéressante, et elle nous présente bien ses personnages et notamment celui tenu par Pio Marmai qui, on le sait, est bien plus épais qu’il n’en a l’air. Avec ce film, les deux coréalisateurs choisissent de jouer avec les codes du film de super-héros et ils les intègrent plutôt bien dans les codes du cinéma français, ce qui donne là encore un film intéressant à suivre, en plus d’être inhabituel. On appréciera aussi le dosage du film qui oscille bien entre une ambiance tendue, un côté sombre, un certain background pour ses personnages et quelques petites notes d’humour ici et là, qui sont très bien venues (génial Benoit Poelvoorde en super-héros vieillissant).

Du côté de la mise en scène, « Comment je suis devenu super-héros » est un film bien efficace. Douglas Attal gère bien son rythme et ses effets spéciaux sont très réussis, ne tombant pas dans la bouillie visuelle qu’on nous sert parfois dans des films qui se veulent plus grandioses. Bien sûr, ça n’égalera pas des Marvel et compagnies, d’ailleurs, c’est dommage de vouloir faire une comparaison, mais avec l’époque dans laquelle on vit, le film de Douglas Attal va forcément y être confronté et il va forcément en souffrir… Quoi qu’il en soit, Attal n’a évidemment pas le même budget, et malgré ça, il peut aisément se vanter d’avoir une ambiance et au-delà de ça, il peut se vanter d’oser aller dans la violence et la noirceur, tenant quelques scènes qui valent leur petit coup d’œil.

On notera une BO électrique et magnétique qui souligne très bien le film. Faisant appel à Nino Vella et Adrien Prevost qui après avoir signé les BO de plusieurs courts-métrages, arrivent sur leur premier long et le résultat est vraiment plaisant, poussant l’ambiance et jouant avec des sonorités là encore inhabituelles dans le cinéma français.

Enfin, Douglas Attal a réuni un casting top avec en tête d’affiche Pio Marmai, dans la peau d’un inspecteur de police, certes assez convenu, mais plutôt cool et attachant. Son duo avec Vimala Pons est top. Comme je le disais, Benoit Poelvoorde est excellent, tout comme Leïla Bekhti, même s’il est vrai aussi que leurs personnages auraient mérité d’être plus développés. Du côté du grand méchant, Swann Arlaud en fait un peu trop, mais il a une certaine gueule, qui fait que finalement, on s’amuse à suivre ses magouilles. À noter aussi Gilles Cohen en capitaine de police ultra cliché, qui là encore amuse, car Douglas Attal et le comédien s’amusent des clichés du genre.

Pour son premier film, Douglas Attal fait preuve d’une jolie ambition et au-delà de ça, il livre un film réussi. Certes, c’est un film qui n’est pas dénué de défauts, il y a des maladresses, des hésitations, des lourdeurs et un manque de subtilité, mais au final, malgré ça, « Comment je suis devenu super-héros » est cool, il essaie des choses et se pose comme un « Watchmen » à la Française et l’on a envie de soutenir ce genre d’initiative.

Note : 14/20

Par Cinéted

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