octobre 31, 2020

Coroner Saison 2

D’Après une Idée de : Morwyn Brebner

Avec Serinda Swan, Ehren Kassam, Tamara Podemski, Saad Siddiqui

Pays : Canada

Nombre d’Episodes : 8

Genre : Policier

Résumé :

Après avoir appris la vérité sur le décès de sa sœur et échappé à la mort, Jenny Cooper continue de résoudre d’étranges enquêtes. Elle est toujours accompagnée de son coéquipier, John McAvoy.

Avis :

Avec son ambiance pesante, voire lénifiante, la première saison de Coroner se révélait en demi-teinte. Malgré la qualité de la majorité des enquêtes, il en ressortait des maladresses évidentes du point de vue la narration et de l’évolution de l’histoire. En règle générale, une deuxième saison augure d’un certain succès qui freine les ardeurs des showrunners à modifier la formule de base. Cette nouvelle itération n’est donc pas le meilleur moyen pour gommer quelques écueils, mais vise surtout à les préserver, voire les exacerber. De quoi contenter les spectateurs « conquis » sans pour autant se remettre en question…

Dépourvue d’un cliffhanger réellement percutant, l’intrigue semble s’inscrire dans la continuité des précédents épisodes. À savoir, des enquêtes qui ont un lien plus ou moins évident avec sa vie familiale. Le premier point que l’on dénote peut être ce rapport si particulier que Jenny Cooper entretient avec la mort. On écarte alors toutes velléités propres à son comportement singulier devant un cadavre ou en considérant des considérations plus personnelles, pour ne pas dire « philosophique » sur le sens de la vie face à de telles circonstances. Auparavant, on pouvait trouver la caractérisation relativement lisse ; dépourvue de maladresses et de fulgurances.

Pour cette seconde saison, le principal objet de réflexion semble être la névrose sous toutes ses formes. Entre les crises de somnambulisme, le syndrome de stress post-traumatique, la mythomanie, la maltraitance infantile ou la démence sénile, on a droit à un panel exhaustif qui paraît tout droit sorti d’un traité de psychopathologie. C’est bien simple, chaque protagoniste se distingue par un trouble mental. S’il est essentiel d’apporter de la profondeur aux personnages par des failles, des défauts, Coroner les fait exister uniquement à travers ce prisme. Les autres traits de caractère sont sciemment mis en retrait.

Il en découle une lente et inéluctable descente aux enfers pour des prétextes assez fallacieux dans les faits. Comprenez que les réactions demeurent disproportionnées face à la « gravité » des situations. Ou comment compliquer inutilement une intrigue au détriment de son concept initial, si banal soit celui-ci. On en oublierait presque les enquêtes elles-mêmes. Au fil de la saison, elles s’effacent progressivement pour ne laisser place qu’à des relations sociales chaotiques où de perpétuelles confrontations font office d’échanges cordiaux. Même sur un laps de temps restreint, les 8 épisodes en deviennent lassants.

Ce n’est pas la redondance du schéma narratif qui interpelle, mais cette propension à jouer sur des ressorts similaires pour intensifier les comportements. Il en ressort des investigations négligées qui n’usent guère des compétences médico-légales de l’intéressée. On a davantage l’impression que la résolution des enquêtes s’axe sur un heureux concours de circonstances où un élément salvateur vient sauver l’affaire de manière inopinée. Certaines séquences, pourtant essentiel dans l’histoire principale ou les récits secondaires, font l’objet d’un traitement elliptique pour privilégier des aspects annexes et dispensables.

Au final, la saison 2 de Coroner s’affuble de choix douteux du point de vue de la narration et de la caractérisation. Cette série supposément policière préfère se cantonner à un drame de comptoir aux ficelles éculées au lieu de mettre en avant des investigations intrigantes et entraînantes. De déboires amoureux en situations familiales brinquebalantes, il en ressort des personnages qui multiplient les frasques et les bévues pour mieux détruire ce qu’ils ont si patiemment érigé. Ils se définissent uniquement par leurs travers, leurs défauts, et délaissent toute autre considération. Une seconde itération laborieuse, mal équilibrée dans ce qu’elle essaye de communiquer, inutilement bavarde et d’une austérité consommée.

Note : 08/20

Par Dante

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