septembre 28, 2020

Le Plus Beau des Combats

Titre Original : Remember the Titans

De : Boaz Yakin

Avec Denzel Washington, Will Patton, Ryan Hurst, Wood Harris

Année: 2001

Pays: Etats-Unis

Genre: Drame, Historique

Résumé :

En 1971, dans la petite ville d’Alexandria, en Virginie, la population noire se retrouve intégrée au sein du lycée T.C. Williams jusque-là réservé aux Blancs. Mais les oppositions sont violentes.
Dans une situation instable qui menace de dégénérer à tout moment, Herman Boone, un Noir, est nommé entraîneur principal de l’équipe des Titans. A ce poste, il devient le supérieur de Bill Yoast, un Blanc, un prédécesseur renommé.
Malgré tout ce qui les oppose, Boone et Yoast apprennent à travailler ensemble et découvrent qu’ils ont davantage en commun que le seul amour du football. Tous deux partagent intégrité, sens de l’honneur et une solide éthique de travail.
Bien qu’ayant des origines radicalement différentes, ils parviennent à transformer un groupe de jeunes gens haineux, divisés et incapables de se concentrer en une équipe soudée, volontaire et dynamique. Au-delà des matches et des victoires, ce sont les préjugés et l’intolérance que les deux hommes combattent.

Avis :

Le sport au cinéma, c’est une grande histoire d’amour. Pour autant, ce sont surtout les américains qui en parlent le mieux et qui en parlent le plus (oui, on évitera de parler des Seigneurs par exemple). Il faut dire que le sport est fédérateur et que de nombreuses histoires ont marqué l’humanité. Des histoires faites d’espoir, de victoires improbables, de défaites, ou encore de tolérance. Et c’est de ça qu’il va être question dans Le Plus Beau des Combats réalisé par Boaz Yakin. Sorti en 2001 et tiré d’une histoire vraie, le film raconte comment un coach noir, en 1971, va prendre en main une équipe de football américain dans un lycée où le racisme est monnaie courante. Et il va montrer comment, en seulement quinze jours, ce coach va montrer que la couleur de peau n’est qu’un détail et qu’au fond, nous sommes tous pareils. Et oui, produit par Jerry Bruckheimer, ce biopic romancé véhicule une histoire qui, presque cinquante plus tard, résonne encore comme d’actualité et ça fait grandement réfléchir.

Le scénario est d’une extrême simplicité. Il est d’ailleurs très étonnant que Gregory Allen Howard ait mis plus de trois ans à se décider à écrire lui-même le scénario, essuyant de nombreux refus de la part des producteurs. Ici, un coach noir va intégrer un lycée et remplacer le coach blanc de l’équipe de football américain. Nous sommes en 1971, le racisme est encore très présent, les blancs ne se mélangent pas aux noirs et dès qu’un noir veut s’intégrer, il est vu comme une menace. Ainsi donc, le coach va organiser un stage de quinze jours, forçant les jeunes à se mélanger et à apprendre à se connaître. De là va naître des rivalités, mais surtout des amitiés indéfectibles, ce qui va étonner toute la populace blanche quand les jeunes reviennent du stage. Bien sûr, cette mixité va prouver aux yeux de tous que c’est une force, puisque les matchs s’enchainent et les victoires aussi, ouvrant les yeux de tout un peuple sur l’efficacité du coach noir, mais aussi sur ce que l’altruisme peut apporter. Simple, efficace, le scénario déroule son histoire sans trop se poser de questions, appuyant longuement sur les bons sentiments.

Et c’est peut-être une faiblesse du film, d’être trop dans le bon sentiment. S’il y a des disputes, des rivalités, des comportements inopportuns et du racisme bien trop ancré, on sent que Le Plus Beau des Combats demeure un film qui prône le vivre ensemble, qui prône les bonnes valeurs, les bons sentiments et qui a du mal à montrer des facettes plus sombres. Certes, le coach a des fêlures, il est parfois bien trop dur, mais cela lui confère une certaine force de caractère et ce n’est pas vu comme un défaut. Cependant, il reste épaulé par un coach blanc qui fait aussi des concessions et qui va voir en cet homme le bon côté et petit à petit, il va aussi trouver du bon sens dans la mixité. Et ce qui aurait pu paraître comme un défaut devient finalement une qualité, car entre les belles valeurs et le scénario qui ne laisse aucun temps mort, Le Plus Beau des Combats nous file la banane, et même les larmes aux yeux.

Car ce qui est important au sein de ce film, c’est qu’il se concentre sur certains personnages, mais livre de superbes portraits qui touchent le spectateur. Bien évidemment, le coach Boone est le personnage central du film, celui qui cristallise toutes les réactions et les plus vives émotions. Sa vie n’est pas non plus facile, avec des voisins méfiants et surtout, des agressions qui auraient pu faire peur à sa famille, et notamment à ses filles. Pour autant, il reste droit, digne et montre à tout le monde que sa couleur de peau n’est pas un fardeau. A ses côtés, on a le coach Yoates, un homme blanc très apprécié, mais qui va écouter les ordres et se plier à cet homme noir inébranlable. Lui aussi, il va apprendre de cette relation, son regard va évoluer, il va devenir plus tolérant et se rendre compte que la ségrégation, c’est de la merde.

Mais ces deux personnages ne sont pas les plus touchants au final, car Boaz Yakin arrive à nous toucher avec de jeunes joueurs qui vont devoir cohabiter. A titre d’exemple, celui qui est le plus raciste est Bertier, un grand gaillard, capitaine de l’attaque, mais qui va devoir vivre aux côtés d’un noir qui lui répond et ne se laisse pas faire. Ce joueur blanc va alors se rendre compte qu’il ne vaut pas mieux que les noirs, et que s’il veut faire gagner son équipe, il doit accepter l’autre, malgré sa couleur de peau. Son changement va être radical, à un tel point qu’il va même faire évoluer l’équipe et sa mère, qui ne sera plus raciste du tout. Collant au plus près de la réalité avec ce personnage, son destin tragique nous laisse une énorme larme sur le coin de l’œil. Mais ce n’est pas le seul personnage à être intéressant, loin de là. On aura droit à Lastik, mauvais élève, qui va apprendre avec un black et qui va intégrer une faculté. On aura droit aussi à la petite fille blanche du coach qui va avancer dans le bon sens et devenir tolérante. Bref, même si certains personnages sont moins développés que d’autres, il y a un réel effort de fourni dans la construction de certains et on ressent une profonde empathie pour eux.

Enfin, difficile de ne pas dire un mot sur les acteurs qui peuplent le film et qui sont tous excellents. Bien évidemment, Denzel Washington rayonne dans ce rôle de coach solide et un peu tyrannique. C’est d’ailleurs sont troisième rôle consécutif dans un film de sport après Hurricane Carter et He Got Game. A ses côtés, Will Patton joue en toute simplicité un homme qui se laisse un peu porter pour voir comment évolue les choses et qui va faire au mieux pour son équipe. L’acteur est bon, touchant, même si la relation qu’il entretient avec sa fille est un peu froide. Une jeune fille tempétueuse jouée par une toute jeune Hayden Panettiere qui prend un plaisir monstre. Au niveau des jeunes footballeurs, on retrouvera un Ryan Hurst (Oppie dans les Sons of Anarchy) méconnaissable, mais d’une justesse incroyable, un tout jeune Ryan Gosling plutôt rigolo et tout un tas de seconds couteaux qui auront leur importance dans l’histoire comme Kip Pardue, Donald Faison, Wood Harris ou encore Ethan Suplee.

Au final, Le Plus beau des Combat est une très belle réussite. Si on pourrait croire que le film pue la guimauve et axe trop son récit sur la réussite de cette équipe, très vite Boaz Yakin nous prouve qu’il est là pour nous raconter une histoire importante, qui lutte contre le racisme et l’obscurantisme. Un film important donc, qui montre que les choses auraient pu changer dès 1971, mais que malheureusement, près de cinquante ans plus tard, rien n’a vraiment bougé, et c’est en ça que le film est important.

Note : 16/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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