décembre 5, 2020

Sound of Metal

De : Darius Marder

Avec Riz Ahmed, Olivia Cooke, Paul Raci, Lauren Ridloff

Année: 2020

Pays: Etats-Unis

Genre: Drame

Résumé:

Ruben et Lou vivent en marge des villes dans leur caravane, sillonnant les États-Unis entre deux concerts. Alors que sa copine hurle dans le micro, Ruben, lui, met le feu à sa batterie. Mais un jour, il n’entend plus qu’un bourdonnement étouffé. Le diagnostic du médecin est sans appel : Ruben souffre d’une perte auditive et sera bientôt sourd. L’anxiété et la dépression le guettent alors que ses addictions passées refont surface. Le couple va devoir prendre une décision difficile, qui mettra en péril leur avenir.

Avis:

Réalisateur américain, Darius Marder vient du documentaire. Son premier film, « Loot« , est sorti en 2008. Depuis, le réalisateur s’est partagé entre de la production de documentaire et l’écriture et c’est dans ce domaine-là qu’on lui doit en partie l’une des plus belles réussites du cinéma américain, puisqu’ami avec un certain Derek Cianfrance, Darius Marder a travaillé sur le scénario de « The Place Beyond The Pines« . Autant dire qu’avec ce film posé sur un CV, le regard change et l’on est curieux de voir ce que le cinéaste peut faire seul.

Depuis, Darius Marder aura pris son temps, et ce n’est que douze ans après son premier film que le réalisateur se laisse retenter par un passage derrière la caméra et cette fois-ci, ce ne sera pas un documentaire, mais bien une fiction. Écrit avec son pote Derek Cianfrance, Darius Marder se lance dans un film qui est loin de toute simplicité, puisque « Sound of metal » suit l’histoire d’un jeune homme batteur dans un groupe de métal, puis va perdre l’audition. Tendre et juste, posant un regard très intéressant, avec ce premier essai, Darius Marder nous emmène au plus près de son personnage, et même si parfois cela peut s’essouffler, l’ensemble reste beau, percutant et touchant.

Ruben et Lou vivent en marge des villes dans leur caravane, sillonnant les États-Unis entre deux concerts. Alors que sa copine hurle dans le micro, Ruben, lui, met le feu à sa batterie. Mais un jour, il n’entend plus qu’un bourdonnement étouffé. Le diagnostic du médecin est sans appel : Ruben souffre d’une perte auditive et sera bientôt sourd. L’anxiété et la dépression le guettent alors que ses addictions passées refont surface. Le couple va devoir prendre une décision difficile qui mettra en péril leur avenir.

Ce que j’apprécie énormément avec le festival de Deauville, c’est la diversité de ses intrigues, car bien souvent le festival choisit de mettre en lumière dans sa sélection de jeunes et nouveaux réalisateurs et en plus de ça, les réalisateurs choisis, bien souvent, arrivent avec des intrigues qu’on n’a pas l’habitude de voir et Darius Marder est pile dans ce cas-là.

Faire un film sur un musicien qui du jour au lendemain devient sourd, en voilà une idée qu’elle est bonne, surtout qu’avec cette dernière, Darius Marder nous entraîne dans un film qui a tout compris au sujet qu’il traite. « Sound of metal« , c’est donc un scénario assez puissant car Darius Marder et Derek Cianfrance ont tout fait pour qu’on s’approche au plus près de ce que peut ressentir cet homme qui d’un coup, d’un seul, tombe dans le monde du silence. Comment faire ? Quelles sont les solutions ? Comment vivre, comment accepter et comment voir l’avenir ? Beaucoup de solutions se posent sur les sentiers qu’emprunte le personnage de Ruben et l’on est beaucoup touché par ce dernier. Toujours du côté de son scénario, « Sound of metal » est un film qui pousse l’expérience de la découverte de la surdité au plus loin, décrivant aussi bien l’état dans lequel se trouve Ruben (incompréhension, panique, colère, rejet, déni, acceptation, espoir…), que l’espèce de chemin de croix qui se met en face de lui. Un chemin de croix qui pose un regard très juste, voire même magnifique, sur ce que beaucoup décrivent comme un handicap, alors que la surdité n’en est pas forcément un, tout dépend de la façon de voir les choses et la façon dont la communauté, que le personnage intègre, à de voir les choses est sûrement la plus belle, la plus forte et la plus intéressante partie du film.

Après, comme je le disais plus haut, il est vrai que le film, vers sa fin, a une tendance à s’essouffler. On sent que Darius Marder sait où il veut aller, mais on sent aussi qu’il étire un peu ses scènes, cherchant peut-être la meilleure façon de conclure certains arcs narratifs, mais aussi son film tout simplement. D’ailleurs, il le conclut de manière logique et attendue et cette touche finale touche beaucoup.

Comme je le disais aussi, « Sound of metal » est un film qui a tout compris au sujet qu’il traite et s’il tient un scénario en or, il tient une excellente mise en scène. Darius Marder n’a pas voulu faire un simple drame qui narre le chemin d’un batteur qui devient sourd. Non, le metteur en scène a voulu faire de « Sound of metal » une véritable expérience immersive, et ainsi, le cinéaste va énormément travailler sur le son. Le son sera l’élément le plus important de son film, passant des sons forts à ceux étouffés, pour aller vers le silence total. À l’image de son personnage et ce qui lui arrive, il y a un vrai parcours du son ici et cette envie d’immerger totalement son spectateur, en plus d’une très belle idée, est surtout une très belle réussite.

Une réussite qui doit énormément à Riz Ahmed qui, en jeune musicien qui perd l’un de ses sens, passera avec subtilité et nuances par toute une palette d’émotions, aussi touchantes qu’intéressantes. Car oui, il est particulièrement intéressant de voir comment il peut réagir à telle ou telle situation, surtout que Darius Marder ne pousse jamais ses émotions, il ne fait jamais dans la démonstration. Si on trouvera un joli casting, qui va d’Olivia Cooke à Mathieu Amalric, Lauren Ridloff, on retiendra surtout un rôle superbe pour Paul Raci qui en chef de communauté fait des merveilles.

Pour son premier film de fiction, Darius Marder livre un très bel essai. Juste et beau, profond et touchant, et au-delà de tout ça, « Sound of metal » se pose comme une expérience totalement immersive. Bref, surpris et plus que convaincu, on tient là la naissance d’un réalisateur qui a des choses à dire et une très belle idée de cinéma et il ne sera pas étonnant qu’on entende parler de Darius Marder dans l’avenir.

Note : 14/20

Par Cinéted

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