octobre 24, 2020

Peninsula

De : Sang-Ho Yeon

Avec Dong-Won Gang, Do-Yoon Kim, Jung-Hyun Lee, Kwon Hae-Hyo

Année: 2020

Pays: Corée du Sud

Genre: Horreur

Résumé:

Quatre ans après Dernier train pour Busan, il ne reste que des zombies dans la péninsule. Un groupe de soldats forcés d’y retourner découvrent que des survivants non contaminés se sont regroupés dans une bande bien plus dangereuse que les zombies…

Avis:

Le cinéma coréen regorge de surprises et s’il y en a bien une qu’on a retenu au cours des années 2010, c’est la découverte du « Dernier train pour Busan« , premier film en image de Yeon Sang-ho. Le film fut un choc, aussi bien visuellement qu’émotionnel. Depuis, le réalisateur est parti faire un tour sur la case Netflix avec « Psychokinesis« , film de super-héros atypique sorti en 2018. « Dernier train pour Busan » fut un immense succès, et forcément l’envie de retourner dans cet univers y était, alors Yeon Sang-ho a fait ce qu’il fallait faire, c’est-à-dire donner une suite à son film. Ainsi, d’emblée, l’idée de faire une suite au « Dernier train pour Busan » fait que le film devenait l’un de ceux qu’on attendait le plus. Sorti en Corée avant le confinement, le film s’est offert un immense succès là-bas, amenant près de quinze millions de spectateurs en salles.

Mais l’idée de faire une suite pouvait être aussi casse-gueule, car le « Dernier train pour Busan » fut un choc inattendu et l’effet de surprise en moins, il fallait trouver de quoi de nouveau nous surprendre et faire si ce n’est plus, du moins tout aussi égal. Passant dans la sélection de Cannes à Deauville, je me suis donc jeté sur cette suite tant attendue, et même si j’en ressors avec une petite déception (à cause de l’effet de surprise…), « Peninsula » se pose comme un excellent film, efficace au possible et émotionnellement fort.

Il y a quatre ans maintenant, la Corée est tombée quand un virus s’est échappé d’un laboratoire. Depuis, la Corée est zone interdite et les coréens qui ont réussi à s’échapper à l’époque, sont bien souvent considérés comme des pestiférés et ils survivent comme ils le peuvent. Jung-soek était militaire à l’époque, et aujourd’hui, il peine à gagner sa vie. Flairant qu’il y a beaucoup d’argent à se faire, certains groupes et autres associations mafieuses engagent alors des coréens pour que ces derniers retournent dans leur pays pour des missions clandestines de récupération. L’un de ces groupes a réussi à localiser un camion abandonné dans lequel il y aurait près de vingt millions de Dollars. Jung-soek et quelques autres acceptent alors cette mission imposée, avec la promesse que s’ils en reviennent, ils seront riches.

Ca y est, on l’a enfin vu cette suite du « Dernier train pour Busan« , et même si l’on en ressort avec une légère déception, et même s’il y a pas mal de choses à en redire, franchement, avant de commencer, il faut quand même dire qu’on a pris un pied monstre devant le film de Yeon Sang-ho. Voilà, maintenant que ceci est dit, que vaut ce « Peninsula« , et surtout qu’est ce qui va et qu’est ce qui ne va pas avec cette suite.

Après le succès fou du « Dernier train … », Yeon Sang-ho s’est vu avoir de quoi faire une suite plus grande et plus audacieuse et c’est peut-être cette hausse de budget qu’on pourrait plus reprocher au réalisateur. Là où le « Dernier train pour Busan » avait un côté réaliste et voulait traiter son intrigue de manière réaliste, ici, le réalisateur veut quelque chose qui est plus grand spectacle et ce grand show est si énorme que bien souvent, il va avoir tendance à user du numérique pour donner naissance à ce que son metteur en scène a imaginé. Alors, c’est vrai que dans l’idée, le film tient plusieurs scènes qui sont la définition du fun et du jouissif, mais il est vrai aussi qu’à contre-sens, l’usage du numérique, notamment dans les courses-poursuites, sont assez dégueulasses. Franchement, ces bagnoles en 3D, même si c’est cool, ça se voit à des kilomètres et ça nous sort du film. Idem, pour certains fonds verts qui sonnent comme assez grossiers. Comme quoi, avoir plus de moyen n’est pas forcément de bon augure.

Toujours dans ses « mauvais » côtés, il faut bien avouer que le scénario a des incohérences et qu’il ne faut pas gratter un peu, sinon les questions ne trouvent pas vraiment de réponses (Comment les zombies font pour ne pas sortir du pays par exemple… Le virus s’arrête aux frontières ? ). Idem, il faut aussi dire que le film s’avère quelque peu appuyé quand il fait dans l’émotion. Bien souvent ça fonctionne et ça fonctionne même très bien, et d’autres fois, même si ça fonctionne bien, il faut avouer qu’entre la musique, les larmes, l’héroïsme, l’injustice de ce monde, c’est un peu trop.

Mais bon, comme on le disait plus haut, l’ensemble reste diablement efficace. Entre son ouverture terrible, ses idées, son côté cartoonesque, son autre côté « Mad Max » en ville avec des zombies. Entre ses personnages attachants, peut-être un peu clichés (quoi que, je rêve aujourd’hui d’un film sur ces deux « fillettes » !), c’est vrai, mais qu’importe, on aime les suivre. Puis tout le fond politique, avec les dérives de notre société, avec l’argent qui encore une fois est le maître de tous les vices. Bref, tout ça plus la mise en scène ultra généreuse de Yeon Sang-ho fait que son « Peninsula » avec ses défauts et ses qualités conjugués demeure un sacré kiffe. Franchement, on s’éclate, on en prend plein les yeux, c’est fun, c’est barré, ça ne s’arrête pas et même si ça tire un peu trop dans le larmoyant, ça reste quand même émotionnellement fort.

Entre haut et moins haut, Yeon Sang-ho nous entraîne dans une Corée en ruine et l’on prend un joli pied. Et finalement, outre le numérique trop présent parfois, j’ai envie de citer Thierry Frémaux qui est venu présenter le film et il l’a très bien résumé. Donc si vous avez déjà vu « Dernier train pour Busan« , alors il y aura au bout de « Peninsula » une petite déception. Si vous n’avez pas vu « Dernier train pour Busan« , alors la claque sera là, quoi qu’il en soit, dans les deux cas, la séance de cinéma sera excellente.

Note : 14/20

Par Cinéted

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