octobre 1, 2020

Lovebites – Clockwork Immortality

Avis :

Il y a un phénomène qui est de plus en plus réjouissant dans le monde du métal, c’est l’émergence des femmes, que ce soit dans le chant ou dans les instruments, au sein de groupes hétéroclites et dans des genres divers et variés. Certaines sont même devenues des icônes comme Maria Brink avec In This Moment, Alissa White-Gluz avec The Agonist puis Arch Enemy ou encore Tatiana Shamylyuk avec Jinjer. Un autre phénomène est en train de débouler et est encore plus réjouissant, c’est celui de groupes formés exclusivement de femmes. Si on connait bien Thundermother et son énergie communicative, on peut aussi jeter un œil du côté du Japon et de Lovebites. Formé en 2016 à Tokyo, le groupe se compose de cinq femmes qui ont décidé d’en découdre dans le monde très fermé du Heavy et du Power. Après un Ep en 2017, elles sortent directement leur premier album, Awakening From Abyss, qui sera un gros succès critique dans la presse spécialisée. Les cinq jeunes femmes n’allaient donc pas en rester là et propose l’année suivante Clockwork Immortality, un deuxième effort généreux et qui leur permet de se faire connaître au monde entier. Pour autant, on entend trop peu parler de ce groupe et ce deuxième album constitue le chaînon manquant entre un Heavy bien senti et du Power recherché et efficace.

Pour autant, l’entrée en matière n’était pas gagnée d’avance. Débutant avec Addicted, le groupe se perd un peu dans un titre très calibré, qui emballe par moments, mais qui manque de riffs percutants et d’une structure moins classique. D’ailleurs, ce sera le morceau qui restera le moins en tête, notamment à cause de son côté passe-partout et de son absence de prise de risque. Le morceau suivant, Pledge of the Saviour, débute fortement avec un riff ultra rapide et une rythmique très dynamique. Le morceau fera davantage penser à un titre Power, plus qu’Heavy et on retrouvera cette patte japonisante dans le refrain et l’entrain de l’ensemble. Malheureusement, là aussi, il manque un petit quelque chose au morceau pour le rendre plus éclatant, plus clinquant. Les solos sont maîtrisés, le titre est plutôt cool, mais il lui manque clairement ce petit truc en plus pour qu’il reste bien en tête. Avec Rising, le groupe va varier un peu son jeu et proposer un titre bien plus intéressant que les autres, avec ce qu’il faut de gros riffs, de solos dantesques et d’un pont plutôt sympathique. Le seul gros défaut que l’on va trouver, c’est la voix de la chanteuse qui peine lorsqu’il faut pousser un petit peu, notamment lorsque la rythmique diminue. Heureusement, Empty Daydream va encore remonter le niveau, avec une structure simple, mais un refrain ultra catchy et un résultat finalement assez ludique. Quant à Mastermind 01, il s’agit du titre qui va enfin faire parler la poudre. Plus lourd, plus dense, Heavy jusqu’à l’ongle, il s’agit-là d’un des meilleurs titres de l’album, tout simplement.

Pour attaquer la seconde moitié de l’album, Lovebites a décidé de lâcher la petite bombe M.D.O., le morceau le plus court de la playlist. Ultra rapide, ne perdant jamais sa vitesse en cours de route, on fait face à un titre euphorisant et qui donne envie de sauter dans tous les sens. On ressent toute l’énergie du groupe, notamment dans ses chœurs fédérateurs et porteurs. Le solo démontre tout le talent des guitaristes et on ressort de là avec une pêche d’enfer. Journey to the Otherside renoue avec les titres précédents, mélangeant Heavy et Power pour un résultat très intéressant, malgré parfois son manque d’impact, notamment dans les refrains ou sur les riffs. Mais étrangement, c’est avec ce genre de titre que la chanteuse se régale le plus et ne fait aucune fausse note. The Final Collision va rajouter un côté épique au niveau de l’orchestration pour renforcer une belle densité au sein d’un morceau finalement assez classique, mais qui fonctionne bien. Si le titre reste assez simple dans sa démarche, il demeure sympathique, même si on aurait aimé encore plus d’impact et de puissance. Chose que l’on aura avec We The United, un titre Power décapant, rapide, percutant et qui renoue avec une énergie salvatrice. Enfin, Epilogue signe la clôture de l’album et Lovebites fait le choix de la ballade. Une superbe ballade qui démontre la belle voix de la chanteuse qui prend son temps pour poser ses notes et le morceau se permet aussi un très beau solo, comme dans les années 80 et ça fait un bien fou.

Au final, Clockwork Immortality, le deuxième album des japonaises de chez Lovebites, est une très bonne surprise. Mélange symbiotique entre Heavy et Power, tout en gardant des mélodies qui évoquent très vite le pays du soleil levant, les cinq musiciennes proposent un album à la fois simple, calibré, mais terriblement efficace dans son ensemble. Si on regrettera parfois un manque de prise de risque, il n’en demeure pas moins que ce deuxième opus donne envie de se plonger dans le troisième, sorti cette année, en 2020.

  • Addicted
  • Pledge of the Saviour
  • Rising
  • Empty Daydream
  • Mastermind 01
  • M.D.O.
  • Journey to the Otherside
  • The Final Collision
  • We The United
  • Epilogue

Note : 15/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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