octobre 1, 2020

Unleash the Archers – Abyss

Avis :

Fondé en 2007 au Canada, Unleash the Archers va connaître une ascension plutôt difficile. Entre changement de line-up, recherche de bassiste et autoproduction au départ, le groupe n’a su trouver une stabilité. Pour autant, les canadiens ont toujours été présents, même dans les moments difficiles, restant fidèles à un Death bruyant teinté de Power de Heavy. Il faut dire que la voix de Brittney Slayes s’y prête à merveille et ce n’est que huit ans plus tard et deux albums indépendants après que le groupe signe sur un label connu, en l’occurrence Napalm Records. Fort de ce nouveau partenariat, le groupe propose alors Time Stands Still dans une veine Death mélo, puis, deux ans plus tard, Apex, qui commence à partir vers quelque chose d’un peu plus Power. Et Abyss de confirmer ce changement de cap qui risque de déstabiliser les fans de la première heure.

Dès le départ, le groupe donne le ton avec Waking Dream. Sorte de longue introduction de plus de trois minutes, la chanteuse répète le même cantique en montant dans les tours. Le début est très calme, presque un Folk médiéval, puis dérive doucement vers un Heavy bien senti. Cette mise en bouche va permettre d’enclencher de la meilleure des façons sur Abyss, le titre éponyme de l’album. Nappe de clavier dès le départ, riffs puissants, orchestration grandiloquente, pas de doute, on nage en plein Power et c’est assez étonnant. Pour autant, c’est très bien fichu et on se laisse rapidement envoûter par la voix de Brittney, ainsi que par les partitions de gratte qui donnent une pêche d’enfer. En proposant ce changement de cap plutôt radical, le groupe risque fort de se mettre les fans à dos, et pourtant, ce serait cracher sur quelque chose de qualité.

D’autres titres viendront égayer nos oreilles avec des mélanges inattendus et pourtant intéressant, comme Return to Me, sorte de voyage protéiforme dans un maelström qui oscille constamment entre la violence d’un Death et la mélodie d’un Power tout gentil. On retrouvera le chant puissant de la chanteuse, ainsi que quelques growls qui donneront une belle puissance. Au rayon des bonnes surprises, on peut aussi citer Faster Than Light qui fleure bon le Heavy des années 80, avec une belle vitesse d’exécution qui évoque un petit peu DragonForce. Et que dire de la pièce épique qu’est The Wind That Shapes the Land. Dépassant les huit minutes, le morceau n’ennuie jamais et délivre tout ce que le groupe sait faire. Un vrai plaisir pour les oreilles. Et les néophytes seront ravis de découvrir le groupe avec un tel titre.

Cependant, tout n’est pas rose dans le monde ténébreux d’Unleash the Archers. En effet, à force de jouer les apprentis magiciens avec des recettes hasardeuses, le groupe se perd sur quelques pièces. Through Stars est un titre qui lorgne du côté du Rock Pop avec quelques élans un peu violents, mais l’ensemble est très faiblard et en convaincra jamais, même après plusieurs écoutes. C’est d’ailleurs étonnant de retrouver un tel morceau dans cet album. On peut aussi parler de Legacy, un morceau qui commence tout doucement, puis qui livre des nappes de synthé frôlant parfois la surdose, avec une double-pédale qui fait très Black Métal. Le mélange est indigeste et la rythmique du chant ne suit absolument pas. On peut aussi mettre en avant Carry the Flame, très kitsch, pour ne pas dire raté, même si son refrain est catchy à souhait et rentre rapidement en tête.

La volonté de changement du groupe se ressent bien évidemment dans le dernier titre, Afterlife. Très fédérateur dans son introduction, le morceau détient tous les codes du Power et finalement, cela sied plutôt bien au groupe, qui veut se faire plus grandiloquent, plus épique. Autre fait marquant de ce changement, les deux derniers morceaux bonus, qui sont des reprises de deux morceaux de l’album. On retrouvera donc Abyss en Synthwave, et c’est plutôt sympathique. Mais c’est surtout Soulbound en Folk/Gothic qui marquera le plus, offrant une autre vision du groupe et ouvrant le champ des possibles pour le prochain opus.

Au final, Abyss, le dernier album en date d’Unleash the Archers, est une semi-réussite. Il peut effectivement se voir comme une déception de la part des fans hardcore de la première heure, mais ce changement prouve l’ouverture d’esprit du groupe. A la fois puissant et mélodique, osant s’aventurer dans des mélanges risqués, les canadiens essayent, tentent, osent et offrent finalement un album séduisant, avec des défauts, mais fait avec le cœur, et c’est déjà ça !

  • Waking Dream
  • Abyss
  • Through Stars
  • Legacy
  • Return to Me
  • Soulbound
  • Faster Than Light
  • The Wind That Shapes the Land
  • Carry the Flame
  • Afterlife
  • Abyss (synthwave)
  • Soulbound (folk/gothic)

Note: 15/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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