décembre 5, 2020

Les Sorcières de Zugarramurdi

LES+SORCIERES+DE+ZUGARRAMURDI

Titre Original: Las Brujas de Zugarramurdi

De : Alex de la Iglesia

Avec Carmen Maura, Hugo Silva, Mario Casas, Carolina Bang

Année: 2013

Pays: Espagne

Genre: Comédie

Résumé:

En plein jour, un groupe d’hommes braque un magasin d’or de la Puerta del Sol à Madrid. José, père divorcé en plein conflit avec son ex-femme, Tony, son complice, sex-symbol malgré lui, Manuel, chauffeur de taxi embarqué contre son gré dans l’aventure, et Sergio, le fils de José, partent en cavale. Objectif : atteindre la France en échappant à la police… Mais arrivé près de la frontière française, dans le village millénaire de Zugarramurdi, le groupe va faire la rencontre d’une famille de sorcières, bien décidées à user de leurs pouvoirs maléfiques pour se venger des hommes…

Avis:

« Les sorcières de Zugarramurdi« , derrière le nom de ce petit village perdu dans les Pyrénées se cache le nouveau film d’un des auteurs, si ce n’est l’auteur le plus fou d’Espagne. Son nom, Alex De La Iglesia, est le papa des plus qu’excellents « Balada Triste« , « Mes chers voisins« , « Un jour de chance« , « Le jour de la bête« , « 800 balles » etc … Un réalisateur dont je suis grand fan. Chacun de ses films sont des cadeaux que j’attends avec une très grande impatience.

Son dernier, je l’ai attendu amoureusement, regardant souvent le trailer disponible depuis le mois de juin. Le film devait sortir en Octobre, puis repoussé pour Noel et enfin il sortira le 8 janvier prochain chez nous. Profitant d’une avant-première sur Paris en présence de mon génie (que j’ai pu rencontrer et qui restera pour moi un immense moment), je me suis donc précipité histoire de voir mon film en avance. Le résultat est bien au-delà de mes espérances ! J’ai pris un pied incroyable devant ce film que je qualifie de « déglinguerie » tout simplement … (Oui je sais ce mot n’existe pas, mais comme c’est de la folie furieuse, je me permets une folie aussi …)

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José est un père de famille divorcé. Un jour, avec d’autres personnes, il monte un coup et déguisé comme les personnes qui font des statues sur les places, il braque un revendeur d’or. Le braquage se passe mal, un des membres, Bob l’éponge, se fait descendre, deux autres Mini et l’homme invisible se font arrêter et les autres arrivent à s’échapper. José, le christ, Tony déguisé en soldat et le fils de José, âgé d’à peine dix ans, prennent en otage un taxi et son client. Ayant la police aux trousses, ils décident de fuir vers la frontière française. Une fois les flics semés, ils s’arrêtent dans une auberge, mais à partir de là, il y aura bien plus dangereux que de se faire arrêter par la police, car ils vont traverser Zugarramurdi, un petit village d’à peine deux cents âmes et qui est pourtant connu de toute l’Espagne. On y parle de sorcières qui y menaient la terreur. Légende ou mythe, c’est ce qu’ils vont découvrir malgré eux, quand ils se retrouvent la cible d’un rituel maléfique …

Donc, comment vous dire à quel point j’ai aimé ce film ? Difficile de trouver les mots justes tant je manque d’objectivité quand je parle de Alex De La Iglesia (Puis comme je l’ai rencontré c’est encore pire que d’habitude). « Les sorcières de Zugarramurdi » est une folie furieuse, un film qui commence à cent à l’heure et qui n’arrête pas d’accélérer. C’est un film tout ce qu’il y a de plus « De La Iglesien ». Au fil des années, le réalisateur espagnol s’est créé un univers déjanté qui lui est propre tout en se renouvelant à chaque fois. Pour « Les sorcières de Zugarramurdi« , il aborde avec ce sens de la comédie noir qu’on lui connait une légende espagnole et nous offre là une sorte de best of de ce qu’il sait faire de mieux.

Son film est furieux, intense, absurde, décalé, hors norme, imprévisible, terriblement drôle, que ce soit dans les dialogues où sa plume fait mouche à chaque fois, dans les situations toutes plus rocambolesques les unes que les autres. Le cinéaste veut nous divertir et il y arrive avec brio, même si ce n’est pas le meilleur film de sa carrière, (j’hésite encore entre « Balada triste » et « Mes chers voisins« ), il nous réserve un cinéma de genre couillu et improbable. Le scénario est une perle qui part dans tous les sens. Il est un brin provocateur, comme toujours un film de De la Iglesia sans provocation serait plus qu’étonnant, il a du caractère, il joue avec les codes du film de sorcières, il dépasse des frontières et nous offre des séquences de dingue. Je pense notamment à une poursuite dans un manoir où les couloirs n’ont pas l’air d’avoir une fin. Ou alors, un final, épique, magique, magnifique, glauque, où le réalisateur nous réserve une magnifique surprise à laquelle je ne m’y attendais pas du tout et ce fut un pure moment de cinéma.

La mise en scène de De La Iglesia a de la gueule, son film est comme une hallucination qui est en permanence en évolution. Il nous réserve des scènes d’anthologie et un final qui pourrait bien devenir culte. Dans ce film on passe d’une ambiance à l’autre en un clin d’œil, on passe de la ville et son oppression, à la campagne et ses mystères. Le film est violent, drôlement gore, dépaysant et le tout est bien jubilatoire. Et puis visuellement c’est superbe, la photo est impeccable, elle donne une ambiance de malade, soutenu par la nervosité de la caméra d’Alex et les notes de la bande originale qui sont aussi agressives que cette communauté de sorcières qui en veut à tous les hommes du monde et des effets spéciaux au top.

Le casting est aussi exceptionnel que familier pour le réalisateur. Il nous a concocté des rôles en or et choisit des acteurs sur mesure. Emmené par Hugo Silva, Mario Casas et Jaime Ordóñez dans les rôles des braqueurs et du chauffeur de taxi, il va nous éclater pendant deux heures. Des répliques géniales, une alchimie parfaite entre les trois, ils nous font passer un super moment malgré eux …

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Ensuite, il y a Carolina Bang, belle, talentueuse et magnétique, elle crève littéralement l’écran à chacune de ses apparitions. L’actrice est folle et sublimée par la caméra de De La Iglesia, qui en trois films en a fait une incontournable de son cinéma. Ce film, c’est aussi les retrouvailles entre le réalisateur et Carmen Maura neuf ans après « 800 Balles » et il lui offre un rôle pour le moins inédit où l’actrice va faire des merveilles. Car ce sera elle la grande méchante du film, c’est elle la sorcière, prêtresse des sabbats maléfiques donnés au fond d’une grotte et Carmen Maura est tout simplement géniale dans ce rôle qu’elle investit avec une certaine classe. Et enfin dans le rôle remarquable, il y a Terele Pavez que j’ai trouvé aussi hilarante que flippante.

« Les sorcières de Zugarramurdi » est un excellent film pour commencer l’année. Décalé, complètement fêlé et déjanté, de l’action, de l’humour, du fantastique et de la sorcellerie, tout un programme dans un seul et même film. Encore une fois Alex de la Iglesia s’est surpassé et c’est une franche réussite !!!

Note : 18/20

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Par Cinéted

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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