décembre 2, 2020

Fury Race

De : Nas Vitae

Avec Cameron Caan, Dylan Duffus, Sunjay Sharma, Ray Sinclair

Année: 2017

Pays: Angleterre

Genre: Action

Résumé:

Deux frères, un destin… L’aîné démarre en force dans le grand banditisme menant une vie de criminel et de violence. Il s’aperçoit rapidement qu’il fait fausse route et qu’il doit faire marche arrière pour donner l’exemple à son jeune frère. Malgré son repenti, des années plus tard, le jeune cadet tombe à son tour dans le monde de la drogue et du crime. Suite à un deal qui tourne mal, il est assassiné. Shokka, se voit alors dans l’obligation de revenir dans la course, pour venger son jeune frère… Les assassins vont se trouver confrontés à la fureur d’un homme déterminé.

Avis :

Il est grand temps de parler de deux choses qui sont très agaçantes dans le domaine du DTV nanardesque, le changement d’un titre anglais en un autre titre anglais et la jaquette bien mensongère. Pour parler d’un film en particulier, dans lequel nous rentrerons plus en profondeur dans ces lignes, regardons le cas Fury Race, qui s’appelle, outre-Manche, Road. Produit, écrit, réalisé (et tout le reste en fait) par Nas Vitae, ce film d’action qui lorgne vers le polar à racailles et le règlement de compte est un cas d’école dans les bacs à DVD à un euro. Une jaquette tape à l’œil, un titre qui renforce l’idée de bagarres et de courses de voitures, tous les ingrédients sont réunis pour nous faire dire que nous faisons face à un démarchage dégueulasse pour nous vendre de la merde. Et c’est bien le cas quand on regarde le film. Ici, une seule course-poursuite de bagnoles avec une Lamborghini orange et surtout, aucun rapport avec la licence Fast and Furious dont les revendeurs tentent de nous faire croire. Ensuite, Fury Race est un titre qui n’a aucun sens, puisqu’il n’y a pas de courses, mais surtout qui dénature le titre original, Road, parlant de la route de la drogue et des différents dealers dans les rues de Londres. Bref, avec tous ces mensonges promis par la jaquette, il était évident que nous allions être déçus par le film. Sauf que, comme tout nanar se prenant au sérieux, on va quand même bien se marrer.

Le scénario est d’une bêtise affligeante. En gros, le petit frère d’un dealer se fait buter. Le grand frère décide alors de mener l’enquête pour venger son petit frère. Il va donc tirer à vue sur ses petits camarades dealers pour remonter une piste qui trouvera des résonances à l’aide de flashbacks en noir et blanc. On nage clairement dans le domaine du nanar d’action, avec ce qu’il faut de fusillades, de gros mots et de personnages complètement pétés qui n’ont rien d’autre à faire à part une apparition par-ci par-là pour revendre des armes, se faire buter ou encore régler des comptes pour ne plus revenir par la suite. Le scénario essaye de se faire alambiqué avec des chemins de traverse et divers gangs en fonction des ethnies (les blancs blonds un peu nazis, les chicanos, les blacks, etc…), mais rien ne tient vraiment la route. Il faut dire que le film aligne les personnages comme des perles pour soit les faire buter, soit ne plus jamais s’en servir, les oubliant dans le récit. Vous allez me dire, ce n’est pas avec ce genre de film qu’il faut espérer un gros scénario. Certes, mais on aurait pu s’attendre à une réflexion sur l’abnégation, sur le racisme, sur les erreurs du passé, sur le fait de se racheter une conduite, mais rien de tout cela ne transparait dans l’histoire.

Alors bien entendu, comme nous sommes dans le domaine de la pègre londonienne, on va avoir droit à notre lot d’insultes, de gros mots, de situations ubuesques qui vont plus nous faire rire que nous faire peur ou choquer. A titre d’exemple, les personnages de l’histoire ne savent pas parler sans s’agresser. Dès que les types se voient, c’est soit pour se mettre sur la gueule, soit pour s’insulter, même quand ils sont amis de longue date. C’est d’une tristesse… Et à force d’en faire des caisses, cela déclenche des fous rires inattendus. D’autant plus que la bêtise semble noyer le film, avec des personnages crétins au possible (mention spéciale au blond qui achète un tank) et des situations qui restent très longtemps en tête. D’un autre côté, s’il est impossible de ressentir de l’empathie pour qui que ce soit dans le film, on aura droit à des passages tout simplement incroyables grâce à une version française délirante. Outre les accents de doubleurs qui n’en ont absolument rien à foutre, on retrouvera des bruitages hilarants. Comment oublier cette scène de sexe explicite où un type fait l’amour à une nana contre une vitre avec un bruit de laveur de carreau et un tempo de peau à peau qui ne correspond pas aux mouvements de bassin du type. C’est en ça que Fury Race devient un moment de grâce intense, dans sa bêtise non maîtrisée.

Non maîtrisée car le film est l’objet d’un seul homme, Nas Vitae dont c’est pour l’instant le seul et unique méfait. Il est scénariste, producteur, réalisateur, responsable des cascades, directeur de la photographie, responsable des costumes, j’en passe et des meilleurs. En gros, Fury Race est clairement son bébé et on sent qu’il avait envie de faire quelque chose de généreux. Fusillades, torture, grosse bagarre, course-poursuite, plans aériens, il se donne les moyens de faire quelque chose qui peut avoir de la gueule, mais le manque de budget se fait vite sentir, tout comme l’amateurisme des acteurs, qui ont tous des noms improbables, certainement parce qu’ils sont des rappeurs anglais que personne ne connait (Dr. Zeus, Scorcher, Roach Killa, autant de noms qui fleurent bon l’artiste raté). Cependant, malgré tout le mal que l’on peut penser du film, il véhicule une espèce de bonne humeur qui ne correspond absolument pas au nihilisme de l’ensemble (oui, car tout le meurt de toute façon et ne me dis pas que je spoile, tu t’en bats les couilles, tu ne regarderas pas ce film). On se retrouve à rire de situations stupides, comme le coup du tank qui explose une voiture avec UN otage dans le coffre, ou encore des bastons filmées à la truelle et de ce faux sang en CGI qui gicle devant la caméra quand il faut buter tout le monde. On est vraiment dans un nanar et cela faisait longtemps que nous n’en avions pas vu un, un vrai, involontaire.

Au final, Fury Race est un film complètement atypique dans le domaine du DTV. Non pas qu’il dénote par sa qualité, puisque c’est intrinsèquement mauvais, mais il est un véritable nanar, c’est-à-dire que c’est un film qui se prend au sérieux et qui ne se rend absolument pas compte qu’il est mauvais. De ce fait, on va rire de bon cœur devant des situations stupides, une version française à côté de ses pompes et un film qui se veut très caricatural dans le monde des racailles qui, de toute façon, ne regarderont pas ce film. Bref, un nanar amusant sur l’instant, un film d’une nullité abyssale mais qui permet de se rendre compte que le nanar n’est pas encore mort.

Note : 02/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.