septembre 28, 2020

Les Licornes T.02 – Croyez-Vous Encore aux Licornes? – Amélie Jeannot

Auteure : Amélie Jeannot

Editeur : Afnil

Genre : Fantasy

Résumé :

Rose s’est échappée du Royaume de Zotora, où règne la terrible Hélèna, dirigeante du clan des Dragons, les redoutables ennemis des Licornes. Alors qu’elle retrouve Brann, Rose doute : cet enfant de Dragons devenu Licorne est-il un allié ? Un ennemi ? Déjà, le temps lui est compté et le retour au Royaume des Fées devient inéluctable. Pour tenter de sauver son clan, Rose sera-t-elle prête à tout ?

Avis :

Le tome deux nous ramène à Zotora, le merveilleux royaume magique que nous avions laissé dans l’effroi au tome précédent, à cause d’une dirigeante sournoise et avide de pouvoir. La série offre un manichéisme plutôt standard, avec les méchants bien identifiés d’un côté, et les gentils de l’autre. Cependant, alors que Rose, le personnage principal, se retrouve emprisonnée par la reine odieuse, elle apprend quelques éléments du passé d’Héléna qui nous la font percevoir avec un autre œil. Il aurait été intéressant de poursuivre cette analyse, pour troubler davantage les lecteurs et apporter de la lumière dans son cœur noir. Héléna reste un personnage auquel on ne s’attache pas du tout, et ses révélations de fin ajoutent à son âme une autre couche bien glaçante, qui amène même son propre peuple à la haïr.

La première partie fait directement suite à la fin du tome précédent. On retrouve une Rose déboussolée par les actes de son ami Bran. Il n’a jamais voulu la trahir et, pourtant, tout prouve le contraire. Les apparences sont souvent trompeuses et Rose doit reconstruire la confiance et les sentiments qu’elle ressentait pour lui. Cette quête personnelle s’avère bien construite. Le lecteur suit Rose avec plaisir dans ses réflexions et questionnements. Son cheminement est cohérent et son pardon survient également au bon moment, de sorte que l’on n’est pas frustrés toute la lecture par des tensions répétitives au sein du duo. Rose et Bran reforment le couple d’aventuriers que l’on aimait dans le tome précédent, avec une pointe de maturité en plus et des liens encore plus forts. Leur relation reste simple, peu niaise. L’auteure ne la met pas au premier plan ni au dernier. Elle fait partie intégrante de l’histoire sans qu’il en soit fait trop.

Le personnage de Bran s’avère attachant, notamment parce qu’il essaie de se racheter aux yeux de Rose, parce qu’il assume ses choix et parce que son insouciance mêlée à sa gentillesse en font une personne charmante. Ce tome nous permet de mieux comprendre ses affiliations au clan des licornes, ainsi que celles qu’il maintient avec le clan des dragons. La présence de sa sœur Evy nous en révèle aussi davantage sur sa famille en général, son passé et ses ambitions. Le personnage de Bran prend de l’ampleur et c’est tant mieux ! Il n’est plus seulement celui qui accompagne Rose.

La partie deux reste focalisée sur Rose et son enseignement pour devenir une véritable Fée à part entière. L’auteure s’attarde quelque peu sur ces instants initiatiques qu’elle sait rendre ensorcelants, notamment grâce à des professeurs émérites, des séances d’entraînement difficiles et des avancées semées d’embûche. Rose apprend à maîtriser ses pouvoirs, se rend compte de la puissance qu’elle possède au plus profond d’elle-même et commence à comprendre comment fonctionne la politique chez les Fées. Quelques rituels bien trouvés nous immergent avec joie dans cet apprentissage magique. On ne s’ennuie pas. Ponctuée par des révélations intéressantes sur la reine Héléna, cette partie aurait mérité de durer plus longtemps et de ne pas se terminer sur un combat peu prenant, au dénouement très attendu. Contrairement à la partie une, qui se finissait sur une note au suspens bien trouvé.

Le royaume de Zotora s’imprègne également avec plus de force dans nos esprits grâce à ce tome. Quelques passages envoutants nous content la création du royaume et des différents clans (aigles, panthères, ours, dragons, licornes). Bien que la présence d’une prophétie reste typiquement clichée dans les romans de fantaisie, le lecteur ne s’en offusque pas car les passages la concernant ne durent pas. Cependant, ces instants apparaissent quelque peu surfaits, peut-être trop survoltés, niais, à cause de l’atmosphère irréelle qui les englobent. On a la sensation que tout est trop simple pour les gentils, que tout leur tombe dans la main aux bons moments. L’auteure nous offre surtout des passages poétiques, mais qui marquent peu nos âmes étant donné leur manque de profondeur ou le fait qu’ils soient expédiés en vitesse, et c’est dommage. La saga des Licornes mériterait des tomes plus longs, plus détaillés, plus profonds encore.

On ressent cela également à la fin, quand les différents clans se réunissent pour assister à un évènement incroyable. Il manque un petit rien pour nous emballer complètement. Tous les ingrédients sont pourtant réunis : le royaume de Zotora est représenté, chaque chef de clan a ses particularités et son caractère bien marqué, et des révélations terribles pour le peuple changent la donne. L’auteure parvient à nous faire deviner le rebondissement marquant final, grâce à des indices dissimulés un peu partout dans le récit. De fait, il n’est pas inattendu, mais cela n’est pas gênant. Cela prouve que l’auteure a su nous mener là où elle le désirait. Ce qui est plus frustrant est le fait que ce passage normalement épique manque cruellement d’éléments savoureux pour marquer nos esprits. Les dialogues manquent de sensibilité, de mots forts ou s’avèrent peu denses, l’auteure préférant résumer les dires des personnages dans des passages narratifs.

Ce tome souffre de sa taille : nombre de passages auraient mérité d’être approfondis, plus longs, pour que l’on s’imprègne de leur force interne. D’autres révélations et rebondissements s’avèrent peu mis en valeur ou peu suivis, étant donné la rapidité de l’intrigue et le fait qu’elle doit avancer. Il est à espérer que nous en apprendrons bientôt plus sur le royaume de Nocturna, sur le personnage d’Arsène ou sur le royaume de Zotora et ses différents clans.

Le second tome des Licornes constitue un récit enchanteur, assombri par quelques facilités scénaristiques, des passages trop simples ou trop niais, et des chapitres trop courts. A cause de cela, le lecteur ne se sent pas entièrement investi ni marqué par les péripéties pourtant bien amenées.

Note : 14/20

Par Lildrille

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