novembre 30, 2020

Zéladonia T.03 – Aersiccum – J. K-Gras

Auteure : J. K-Gras

Editeur : Bookelis

Genre : Fantastique

Résumé :

Après les terribles révélations de Zenku, Emma et ses amis doivent continuer leur quête en Aersiccum. Mais de multiples dangers attendent la compagnie dans le désert. Entre la puissance diabolique de Zovia et ces impondérables Aecers, chacun devra redoubler d’efforts pour affronter le mal. Dans ces épreuves, le courage et la compassion d’Emma seront déterminants dans sa lutte pour préserver l’équilibre. Ce troisième tome de la trilogie conclut avec brio un voyage initiatique qui aura su faire palpiter le cœur de nombreux lecteurs. Découvrez sans plus attendre ces fantastiques aventures pour vagabonder, une dernière fois, au gré de la magie des Bénis.

Avis :

Le troisième tome de Zéladonia clôt la série en beauté, en nous offrant des scènes d’actions hautes en couleurs, de nouvelles intrigues prenantes, une belle fin ainsi qu’un épilogue qui laisse à présager d’une probable suite intéressante. L’auteure prend davantage son temps dans ce tome, qui s’avère être le plus long de la trilogie. Les dialogues avec Emma sont de qualité, plus profonds et intelligents. La jeune femme n’a jamais été aussi attachante et émouvante.

Aersiccum étonne par sa diversité des péripéties, dont la plupart prennent le contre-pied de celles décrites auparavant. Le lecteur se voit malmené, il s’étonne et plonge plus avant dans l’aventure. Toute la complexité de l’univers de Zéladonia se dégage des différentes pages, comme celle des personnages dépeints avec émotivité. Chaque partie procure un plaisir sincère et intense de lecture.

Après avoir parcouru Terramont, Aquaregno et Ignis Ardentem, les royaumes liés respectivement à la terre, l’eau et le feu, nous pénétrons en Aerisccum, celui apparenté à l’air. J.K-Gras nous décrit une culture presque insouciante, des déserts à perte de vue, des souverains addicts à des plantes à fumer, et un peuple avide de fêtes et de boissons. Le royaume de l’air, tout en légèreté, attire inexorablement par ses proverbes hédonistes et son quotidien épicurien. Nos héros s’immergent dans cette culture quelques temps, alors qu’ils se préparent à un combat féroce et difficile. Le lecteur suit cette découverte d’Arsiccum avec envie ; les dialogues entre les personnages restent attractifs, tout comme les scènes de cérémonies endiablées. On ressent toute l’angoisse et la fatigue accumulées des derniers jours et on profite, tout comme eux, d’instants simples avant la bataille finale.

Cette dernière, bien qu’énoncée dès la fin du tome deux, ne dure pas et ne marque pas la fin du tome trois, comme attendu. Bien au contraire, elle se situe un peu avant le milieu du tome, laissant à la deuxième partie le champ libre pour nous surprendre. Accompagné par un nombre incalculable de Bénis, ces créatures liées à la nature, le groupe d’aventuriers engage le combat. On ne retient pas tous les prénoms des Bénis, ni leurs pouvoirs ou origines, ce qui est dommage. Peut-être aurait-il fallu nous les présenter en amont ou éviter d’énoncer systématiquement leurs noms ? Aidée de son joyau magique, Emma s’interpose et n’hésite plus à apporter la souffrance. Le combat s’avère agréable à suivre, spectaculaire et cruel à souhait.

La seconde partie du roman constitue les pages les plus poignantes du récit. Emma souffre ardemment, et cela se ressent dans la narration et les formules à la fois colériques ou désespérées qu’elle émet. Heureusement, l’auteure a l’intelligence de ne pas faire durer cet état, de sorte qu’Emma trouve plutôt rapidement une solution pour se sortir de ce traquenard. L’ellipse d’un an semble toutefois quelque peu excessive, même si on finit par l’accepter volontiers. L’intrigue qui suit nous ravit, notamment par sa sincérité, les émotions qu’elle transmet et les messages qu’elle véhicule. Associée à une affaire politique, ainsi qu’à un conflit familial, elle nous enchante et nous émeut. Les personnages secondaires continuent d’évoluer avec cohérence, sont partie intégrante de l’univers et aident Emma à avancer. Elle n’aurait jamais pu aller aussi loin sans eux, et ils n’auraient jamais pu aller aussi loin sans elle.

Le voyage en Aersiccum marque. On ne s’ennuie pas une seconde, même si les scènes d’actions se voient réduites dans ce tome. La bataille finale laisse de belles images dans nos esprits, tout comme l’une des altercations dans le désert qui se termine bien mal. Les Bénis aident davantage les humains, et les solutions ou punitions qu’ils distribuent sont fascinantes. Ils n’ont jamais eu un rôle aussi majeur que dans ce tome, comme l’attesteront les dernières scènes où justice, trahison, complot et foi se mêlent à un discours passionné. Même si l’épilogue promet une suite détonante, il gâche la belle fin de la trilogie, qui avait réussi à réconcilier les royaumes et les personnages en une magnifique harmonie.

Malgré cela, on se souviendra de Zéladonia comme une histoire émouvante, qui a su allier classiques de la fantaisie, histoires attachantes et personnages ensorcelants. Ce tome nous donne à réfléchir sur les lois de l’univers, le changement, la famille et les souvenirs. Le mot « élue » s’avère également retravaillé, comme celui de « prophétie ». J.K-Gras finit de nous surprendre grâce à un dernier tome bien différent des autres, qui met en valeur ses idées géniales et qui font de son monde imaginaire un lieu à part, aux étiquettes moins étriquées.

Note : 18/20

Par Lildrille

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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