novembre 30, 2020

Breakfast on Pluto

De : Neil Jordan

Avec Cillian Murphy, Peter Gowen, Antonia Campbell-Hughes, Doreen Keogh

Année: 2006

Pays: Angleterre, Irlande

Genre: Drame

Résumé:

Patrick « Kitten » Brady a quitté son Irlande natale en quête d’une nouvelle vie dans le tourbillon londonien des années 70.
En quête d’identité sexuelle, il devient travesti et côtoie le monde haut en couleur de la prostitution.
Au gré de ses errances et de ses rencontres, « Kitten » va rapidement se trouver mêlé à un complot de l’IRA visant la capitale britannique.

Avis:

Neil Jordan est un réalisateur irlandais dont on retient bien trop souvent que « Entretien avec un vampire« , ce qui est dommage, car la carrière de Neil Jordan est plus dense que ça, le réalisateur s’étant essayé à beaucoup de choses et de genres. Parmi les genres et les sujets que le réalisateur a traités, il y a en a un, irlandais oblige, qui revient assez régulièrement, l’IRA. Ce sujet, il l’a abordé d’abord en 1992 dans « The Crying Game« . Puis quatre ans plus tard, il en reparlera dans « Michael Collins » qui se trouvera être un énorme succès, notamment en Irlande.

Après plusieurs films et dix ans sans revenir à ce sujet, Neil Jordan revenait en salle avec un petit film qui connut un petit succès, même si ce dernier est resté assez discret au final. Avec « Breakfast on pluto« , Neil Jordan nous entraîne dans un film très riche et intéressant. Il faut dire que le cinéaste, qui adapte pour la deuxième fois Pat McCabe après « Le garçon boucher » en 1998, a vraiment de la matière avec cette histoire on ne peut plus originale. Les années 70, entre quête de soi, recherche de ses origines et le tout sous fond de rébellion irlandaise, « Breakfast on pluto » est un joli divertissement. Mais le film ne reste qu’un petit divertissement, et se pose comme un bon petit film dans la carrière de son réalisateur, mais si joli soit-il, il est vrai qu’il lui manque un souffle tragique, une étincelle, pour totalement nous emporter et nous satisfaire.

Patrick Brady est un enfant qui fut abandonné par sa mère à sa naissance, cette dernière l’ayant confié au service de l’église. Adulte, Patrick est aujourd’hui Kitten, et le jeune homme n’a qu’un désir, retrouver sa mère. Il sait qu’elle est partie habiter à Londres et il sait qu’elle ressemble beaucoup à l’actrice Mitzi Gaynor. Après un attentat à la bombe qui coûta la vie à l’un de ses amis, Kitten décide de quitter son Irlande et se rendre à Londres. Son voyage va alors être parsemé de rencontres et d’aventures toutes plus folles et extravagantes les unes que les autres.

« Breakfast on pluto« , c’est le genre de petit film savoureux et bien fait qui habille très bien une soirée. Il n’y a rien de vraiment extraordinaire dans ce film, Neil Jordan nous offrant un bon divertissement avec ce qu’il faut de drame, de comédie, d’aventures et de sujets pour nous conquérir. « Breakfast on pluto« , c’est un film qui est très riche dans son intrigue. C’est un film qui ne cesse d’évoluer. À travers le destin de Kitten, Neil Jordan va aussi bien aborder la quête de soi, ici avec la recherche de ses origines, la recherche d’une mère, mais aussi l’idée de genre, le regard des autres, la difficulté de s’assumer et de vivre pleinement à cette époque-là, même si le destin de Kitten est romancé et embelli par des rencontres qui vont être toutes plus surprenantes les unes que les autres. Certaines seront même assez touchantes au final. Puis derrière l’identité, derrière la quête de soi, le film aborde aussi bien la jeunesse irlandaise que le conflit qui l’oppose à l’Angleterre, ainsi, le film a comme toile de fond l’IRA, son conflit et son envie de liberté. Avec un sujet pareil, on aura donc le droit à ce qui peut aller avec, attentat, revendication, soupçons, interrogatoires et autres exécutions. On appréciera que pour ce destin et ces sujets, Neil Jordan oscille entre la comédie et le drame, on pourrait même dire que le destin de Kitten est burlesque, tant il regorge d’aventures en tout genre.

Bien sûr, ce qui fait aussi l’intérêt de ce film, c’est Cillian Murphy, acteur prometteur qui commençait à monter tout doucement. Neil Jordan lui offre un rôle en or avec ce film et Cillian Murphy, entre délicatesse, naïveté, sensualité, déconnexion, un brin de folie et des émotions, compose un personnage sublime. Un personnage fascinant qu’on a envie de suivre. Le reste du casting est tout aussi excellent. Kitten trouvera sur sa route les fidèles Stephen Rea, Liam Nesson, Ian Hart, Brendan Glesson ou encore les nouveaux venus comme Ruth Negga, Liam Cunningham, Eva Birthistle ou Dominic Cooper.

Du côté de la mise en scène, Neil Jordan nous offre un film bien fait, joli à regarder, un film qui est une belle plongée dans les années 70. Comme je le disais, Neil Jordan oscille entre comédie et drame, tout en poussant vers la quête initiatique saupoudrée d’une petite folie douce à l’image de ce personnage (on pense notamment à ces romans qu’il se crée dans sa tête). Le film offre de jolis moments, de belles scènes, il est parcouru par une excellente tracklist où l’on retrouve The Rubettes, Dusty Springfield, Joe Dolan, Billy Paul, T-Rex, Gavin Friday… Un bien joli cocktail pour nos oreilles, qui s’accorde très bien avec les scènes et l’ambiance seventies du film. Bref, tout est bon dans ce film, et pourtant, malgré ces sujets, son personnage, sa mise en scène, il manque à « Breakfast on pluto » une étincelle, un souffle, quelque chose qui le ferait passer du simple et bon diversement à l’excellence du métrage inoubliable (ou peut-être est-ce moi qui en attendait beaucoup trop, car à la lecture de ces quelques lignes, tout est bon dans ce film).

Drôle et touchant, tenu par un acteur extraordinaire qui trouve là un rôle complexe, nous offrant de jolis moments et des sujets intéressants, « Breakfast on pluto » est un petit film charmant. Si Neil Jordan nous a déjà offert plus marquant, « Breakfast on pluto » habille bien une soirée et malgré la petite déception ressentie, je ne regrette pas m’y être arrêté.

Note : 14/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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