septembre 28, 2020

Backstrom Saison 1

D’Après une Idée de : Hart Hanson

Avec Rainn Wilson, Genevieve Angelson, Kristoffer Polaha, Page Kennedy

Pays: Etats-Unis

Nombre d’Episodes: 13

Genre: Policier

R2sumé:

Everett Backstrom, policier à la brigade des homicides de Portland, est agressif et irascible. Il ne vit que pour son boulot, quitte à se ruiner la santé, et n’a pas de vie personnelle. Il dit toujours ce qu’il pense sans se soucier de ses interlocuteurs, ce qui lui vaut évidemment d’avoir une sale réputation au sein de son équipe d’excentriques mais intelligents flics…

Avis :

Avec la profusion de séries existantes, celles en projets, d’autres en cours de production, il est parfois difficile de séparer le bon grain de l’ivraie. C’est également le cas pour les intrigues policières où l’on enchaîne des shows qui essayent cahin-caha de se démarquer de la concurrence. Du NCIS au FBI, le fait de présenter différents organismes d’investigation a été surexploité si bien que les créateurs sont contraints d’innover par d’autres moyens. On peut alors évoquer la singularité des méthodes d’enquêtes (Cameron Black) ou même un mélange des genres (Lucifer). Une autre technique consiste à mettre sur le devant de la scène un personnage haut en couleur.

Retenir l’attention par un comportement anticonformiste, voire asocial, détonne en raison de la nature du métier de policier. L’on connaissait les flics rebelles, peu prompt à respecter la procédure. Dorénavant, il faut compter avec des individus aux tendances vaguement « bad-ass » pour bousculer les idées reçues et les a priori dans le domaine de la série policière. Sur ce point, Backstrom ne fait pas les choses à moitié avec son enquêteur renfrogné, alcoolique, mal fagoté et misanthrope qui ne se prive pas de quelques allusions racistes ; toujours sur le second degré, cela dit. Backstrom est la parfaite représentation du sale con imbu de lui-même devant les autres et mal dans sa peau en coulisses.

Le fait de mettre en avant ses défauts, même dans un cadre professionnel, tend à dynamiser les enquêtes pour leur offrir une tournure inattendue. Sans sombrer dans la dérision ou le comique pleinement assumé, les investigations se ponctuent inévitablement de bévues qu’il convient de rattraper. La provocation et la franchise rappellent d’ailleurs le comportement de Patrick Jane dans The Mentalist pour démêler le vrai du faux. La finalité reste similaire, mais la comparaison s’arrête là. Bien qu’égoïste, Backstrom fait preuve d’aptitudes psychologiques surprenantes qui laissent à penser à des considérations empathiques plus prégnantes qu’escomptées.

On songe notamment à ce jeu de rôle où il se lance dans des monologues dans la peau des suspects. Ce qui permet de distinguer le degré d’implication des prévenus et leur mobile respectif. Le principe est intéressant, mais il survient uniquement de manière opportune avec des éléments que le spectateur ne dispose pas. Cela vaut aussi pour les déductions ou l’évolution des enquêtes. Certains épisodes avancent de fausses pistes et des coupables idéals avant de faire la lumière sur un pan inexploré de l’affaire. C’est sans doute sur ce point que la série laisse perplexe. Elle demeure sympathique et relativement bien construite dans son ensemble, mais elle se contente de triturer des ficelles usées jusqu’à la corde.

La plupart des épisodes sont indépendants et certains d’entre eux paraissent simplistes. On en oublie alors un schéma narratif « classique » pour s’appuyer sur un angle d’approche unique et linéaire qui s’avère être, en fin de compte, bon dès le départ. On ne peut parler de fil rouge si ce n’est au travers des personnages qui n’évoluent guère. Le casting est honorable à plus d’un titre, mais la caractérisation se contente, là encore, de ressasser des poncifs évidents. Le duo d’enquêteurs qui ne s’entend pas, le colocataire gay aux magouilles foireuses, l’ancien flic reconverti en pasteur et qui fait office de référent, le type serviable et irréprochable dans son travail… Aucun intervenant ne parvient à se distinguer de la masse ; en bien, comme en mal.

En l’espace d’une saison, Backstrom est une série policière qui est passée relativement inaperçue. Le créateur de Bones tente d’insuffler l’esprit du Dr House à son show. Il est vrai que le protagoniste de Backstrom constitue l’unique singularité de la production, quitte parfois à cabotiner. Le contexte est maîtrisé, mais l’intrigue ne s’écarte guère des sentiers battus. Ce qui est contradictoire lorsqu’on prend des investigations à rebrousse-poil. On regrettera aussi le cadre de Portland moyennement mis en valeur et exploité sans grande inspiration. Il en ressort un moment passable, guère surprenant et loin du caractère aigri de son personnage principal pour réellement se démarquer de la concurrence.

Note : 12/20

Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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