septembre 28, 2020

47 Meters Down Uncaged

De : Johannes Roberts

Avec Sophie Nélisse, Corinne Foxx, Brianne Tju, Sistine Stallone

Année : 2019

Pays : Angleterre

Genre : Horreur

Résumé :

Un groupe de filles décide d’aller nager près de ruines sous-marines au large des côtes brésiliennes. Elles vont vite se rendre compte qu’elles ne sont pas seules sous les mers…

Avis :

Johannes Roberts est un réalisateur britannique qui s’est spécialisé dans le film d’horreur. Peu connu jusqu’au début des années 2010 où il propose Storage 24 qui sortira directement en DVD chez nous, il va par la suite sortir The Door avec Sarah Wayne Callies. Un film qui aura droit aux salles obscures malgré sa piètre qualité, mais qui dépayse avec une intrigue se déroulant en Inde. Mais son véritable coup d’éclat sera aussi un direct to video avec 47 Meters Down, un film de requins qui semblait complètement anodin et qui finalement, s’est imposé presque comme une nouvelle référence, mettant le requin comme un élément perturbateur mais pas forcément comme le premier ennemi. Huis-clos aquatique angoissant et anxiogène, le film fut un joli succès estival aux States, ce qui permis au réalisateur de faire une suite. Et après s’être occupé de la suite de The Strangers, il enchaine avec de nouveaux personnages et de nouveaux requins pour son 47 Meters Down Uncaged. Un film qui a une image assez impressionnante pour un DTV mais qui sombre dans le slasher bas de gamme avec des personnages insupportables. Un coup d’épée dans l’eau…

Même s’il en reprend le titre, 47 Meters Down Uncaged est un tout nouveau film qui n’a aucun rapport avec le précédent. Les personnages changent, le pays change et même les requins changent. Ici, on va aller du côté du Brésil et on va suivre quatre jeunes nanas qui vont désobéir à leurs parents pour aller se baigner dans un spot isolé où le père de l’une d’entre d’elles entrepose son matériel de plongée, ayant trouvé des ruines antiques dans une grotte souterraine toute proche. Forcément, l’appel de la connerie est trop fort et les quatre nénettes vont plonger pour aller voir ces ruines. Sauf qu’au sein de ces ruines vivent des requins aveugles qui ont un peu trop la dalle. Le pitch est simple, basique et surtout, il s’éloigne complètement du concept du premier métrage qui jouait plus sur la peur du vide, de l’isolement et de la solitude que des attaques de requins. Ici, on navigue en plein slasher animalier avec des adolescentes insupportables qui vont payer cher leur désobéissance et leur bêtise. D’un point de vue scénaristique, ça manque de mordant, ça manque de prise de risque et surtout, ça manque d’imagination. Rien n’est vraiment fait pour que l’on ressente de l’empathie envers ces jeunes femmes et rien n’est vraiment fait pour que l’on vive de plein fouet l’aventure aquatique.

Cela vient essentiellement du manque de personnalisation des personnages. On aura bien une tentative au départ de nous présenter l’héroïne comme un bouc émissaire de son école, subissant les brimades de ses camarades, mais cela est assez vite expédié. Tout comme on aura une relation de demi-sœurs qui ne fonctionne que sur des clichés. Au départ, elles refusent de dire qu’elles sont sœurs, puis à la toute fin, elles vont faire preuve d’une force commune pour s’en sortir. Il n’y a point de poiler ici puisque chaque personnage remplit une fonction bien définie. Les deux sœurs seront les héroïnes, même si le réalisateur tente de nous perdre une fois, alors que les deux autres ne seront que de la chair à canon, des boulets qui ne méritent que leur sort. Pour preuve, l’une d’entre elles est une casse-cou pénible qui prend les risques mais qui n’assume rien. Elle se fera dévorer en premier et manque de peau, c’est la fifille à Sylvester Stallone, Sistine. Quant à l’autre, c’est la copine qui est dans tous les bons coups un peu foireux. Rien de bien folichon dans ces personnages et encore moins dans les personnages secondaires qui se feront vite grignoter.

Néanmoins, le film n’accumule pas que des tares. Au niveau de la mise en scène, le film reste assez impressionnant. Pour un film de requins sorti directement en DTV, les effets spéciaux sont très convaincants et surtout, l’immersion dans les moments de plongée est complète. La réalisation n’a pas dû être chose aisée quand on voit la qualité des décors et le temps passé sous l’eau. Si le précédent opus jouait beaucoup sur la couleur bleu et les aplats de noir, ici, on va avoir une photographie et une colorimétrie totalement différentes, jouant plutôt sur l’aveuglement à cause de la poussière et teintant son film de couleurs ocre. Le changement est total et cela permet de bien différencier les deux films. Mais le problème vient du fait que le réalisateur n’en fait pas grand-chose de tous ces bons points. On se retrouve constamment avec quatre nanas qui beuglent sous la flotte et qui affrontent un requin aveugle vorace qui va faire des apparitions soudaines. Comme un boogeyman surgissant de l’ombre, le requin du film est très sournois et joue avec les ombres et les arrière-plans pour mieux nous surprendre ou créer une ambiance oppressante. Si cela marche de temps à autre, ce n’est pas toujours le cas et plus le film avance, et plus on voit les rouages de 47 Meters Down Uncaged.

Enfin, le film a du mal à se défaire de son aspect de suite qui se veut plus grandiloquente, plus « bigger and louder » comme disent les anglophones. Outre le fait de se perdre dans des ruines de plus en plus étroites, le film s’amuse avec les requins, bien évidemment, mais aussi avec le manque d’oxygène, puis avec des crises de panique, sans compter sur un matériel défaillant ou encore sur des courants ascendants bien trop puissants. Et, histoire de mettre une cerise sur le gâteau, la fin du film vire au grotesque quand les survivantes tombent sur une attraction pour touristes où des types jettent des appâts à l’eau pour attirer des requins blancs. C’est tout simplement interminable et grotesque. Rajoutons à cela que le casting n’est pas forcément au top. Sophie Nélisse surjoue à mort la tête de turc avant de se transformer en tueuse de requin et Corinne Foxx n’est pas assez expressive pour nous convaincre.

Au final, 47 Meters Down Uncaged est un film de requin lambda, qui bénéficie d’un budget conséquent pour fournir de belles images, mais qui manque de subtilité et d’innovation. Si le premier métrage n’était pas exceptionnel, il bénéficiait au moins d’une ambiance anxiogène et de deux personnages simples mais attachants, ce qui n’est pas le cas ici. Johannes Roberts propose un slasher aquatique où le tueur est un requin et tout cela sent le réchauffé. Si certains passages sont plutôt bien fichus, et que les effets spéciaux sont excellents, on reste dans un film qui manque de subtilités, et c’est bien dommage…

Note : 08/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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