septembre 28, 2020

Blanche Neige, les Souliers Rouges et les Sept Nains

Titre Original : Red Shoes and the Seven Dwarfs

De: Hong Sung-Ho

Avec les Voix Originales de Chloë Grace Moretz, Sam Claflin, Simon Kassianides, Frederik Hamel

Année : 2020

Pays : Corée du Sud

Genre : Animation

Résumé :

Des princes transformés en nains viennent à l’aide d’une princesse dont la beauté est cachée dans ses souliers. Ici, le conte de fées s’amuse de notre obsession du paraître. Mais comme dans tous les contes, c’est l’amour qui sauvera tous les personnages.

Avis :

Réalisateur coréen, Hong Sung-Ho est inconnu au bataillon, et lorsque l’on jette un œil à sa filmographie, on pourrait dire que c’est normal, puisque « Blanche Neige, les souliers rouges et les sept nains » est son premier film. Pourtant, malgré cela, Hong Sung-Ho n’en est pas à son début de carrière. Touche à tout, il débute sa carrière dans les années 90 en tant qu’assistant-réalisateur. Entre temps, il va s’essayer à la production, au métier d’acteur et il va travailler dans les effets spéciaux. Sa première réalisation, un court-métrage, date de 2003. D’ailleurs, ce court-métrage réalisé en 2003 sera sa seule expérience en tant que metteur en scène. Hong Sung-Ho aura donc attendu dix-sept ans avant de repasser derrière la caméra.

Il y a des films qui, avec peu d’arguments, donnent pourtant d’emblée l’envie de les découvrir et c’est le cas avec « Blanche Neige, les souliers rouges et les sept nains« . Et oui, l’idée de voir ce que nos amis coréens pouvaient faire en revisitant le conte de « Blanche Neige » était intéressante et passait au-dessus de cette affiche qui est loin d’être terrible, de ce visuel pas si accrocheur que ça, ou encore de l’idée de trouver un film bien trop enfantin et vous savez quoi ? Cette curiosité a voulu vraiment le coup, car « Blanche Neige, les souliers rouges et les sept nains » fut une très bonne surprise. Moderne, décalé, drôle, touchant et surtout très intelligent, le premier film de Hong Sung-Ho n’est ni plus ni moins qu’une petite merveille, devant laquelle enfants et adultes s’éclatent !

Les sept intrépides ont été changés en nains visqueux après avoir sauvé une princesse. Mais comme cette dernière était moche, ils l’ont pris pour une sorcière et ils lui ont fait du mal. Pour conjurer le sort, ils doivent se faire sincèrement aimer par une magnifique princesse. Blanche Neige vient de voler des souliers rouges magiques à sa belle-mère, la terrible et infâme Régina. Ces souliers ont rendu Blanche Neige magnifique. Le père de Blanche Neige, avant de disparaître, lui avait demandé de trouver les sept intrépides pour l’aider à vaincre Régina. Blanche Neige tombera sur les sept sans le savoir, puisqu’ils sont cachés derrière l’apparence de nains et quand les sept voient arriver Blanche Neige, ô combien sublime, ils ne vont pas se faire prier pour l’aider. Cette aventure au pays des contes de fées va se révéler plus importante que jamais…

Ce que j’aime particulièrement avec le cinéma, c’est ce talent qu’il peut avoir pour créer des surprises là où l’on ne s’y attendait pas, et ce premier film de la part de Hong Sung-Ho est clairement le genre de surprise géniale qu’on adore découvrir.

« Blanche Neige et les sept nains« , franchement, on connaît tous l’histoire par cœur, et on pourrait se demander ce qu’il y a encore à raconter et surtout comment on peut encore la raconter, tant le conte des frères Grimm, et plus largement l’adaptation de Disney en 1937, ont scellé dans nos mémoires cette histoire. Et bien ça, c’était sans compter sur les talents des coréens et de Hong Sung-Ho qui a décidé de totalement réinventer l’histoire du conte des frères Grimm, pour nous livrer une fable qui abordera avec intelligence et bienveillance les dictats de la beauté et surtout les apparences.

Génialement réécrit, s’amusant du conte lui-même, modernisant le propos, ajoutant ici et là des clins d’œil parfois hilarants, s’aventurant dans le film d’aventure, le film fantastique, le tout saupoudré de comédie et de drame qui amèneront l’ensemble à se faire touchant au final, avec ce premier film, on peut aisément dire que Hong Sung-Ho a tout compris, et surtout, il a tout compris pour faire du neuf avec du déjà très connu.

Avec cette réinterprétation, le metteur en scène coréen livre un film intelligent, qui questionnera les valeurs. « Blanche Neige, les souliers rouges et les sept nains » arrive parfaitement à tenir son idée, et il diffuse son message de la plus belle des manières, avec cette idée d’inversion des rôles, chacun des personnages étant caché derrière des images qui ne sont pas les siennes. Ici, les nains sont des beaux gosses (qui frôleraient presque le groupe de K-Pop), tandis que Blanche Neige cache, en enfilant ses souliers rouges, des rondeurs qui masquent la véritable beauté qu’elle peut avoir à l’intérieur d’elle. Certes, cette idée est simple, pour ne pas dire déjà vue, mais ici, elle est si bien employée, collant parfaitement à l’idée de réinvention du conte, qu’on se laisse totalement toucher et embarquer par le récit qu’il nous est conté.

Cette idée arrivera même à masquer une animation pas si belle que ça. Une animation qui nous embarque dans une belle et grande aventure. Une animation qui tient de très bons personnages et au-delà de ça, qui arrive sans mal à osciller entre aventure, comédie, romantisme, fantastique, nous offrant même quelques bonnes scènes d’action. Bref, une animation solide dans un sens, mais qui, il faut le dire aussi, comparé à bien des animés qui sortent chaque année, cette animation se fait vieillotte.

« Blanche Neige, les souliers rouges et les sept nains« , malgré son animation qui méritait plus, fut une excellente surprise, et même un joli coup de cœur. Hong Sung-Ho a parfaitement su réinventer l’histoire de « Blanche Neige », nous livrant un conte moderne, aussi drôle qu’il est touchant et surtout très intelligent dans son propos. Ici, on s’amuse beaucoup, on rit devant des blagues et des clins d’œil parfaits (la crise de nerfs d’un prince cherchant désespérément une princesse pour sa fête d’anniversaire !), puis sur l’ensemble, avec ces personnages cachés derrière des apparences qui ne sont pas les leurs, on sera touché par cette histoire et les vérités que les personnages apprennent. Décidément, ils sont forts, très forts, ces coréens !

Note : 16/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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