décembre 5, 2020

Atreyu – In Our Wake

Avis :

Atreyu est un groupe de Métalcore fondé à la toute fin des années 90 et qui continue aujourd’hui d’officier dans le genre, malgré une pause de quatre au début des années 2010. Pilier de ce sous-genre, les californiens ont toujours su ménager la chèvre et le chou dans leurs albums, s’essayant à d’autres styles sans pour autant perdre leur verve agressive propre au Métalcore. Le résultat est donc visible, une montée incessante de fans, un public plus large pour se permettre quelques incartades dans des efforts pas toujours égaux mais plutôt généreux. In Our Wake est le sixième album du groupe et il porte un peu les stigmates des choix hasardeux de la formation. C’est-à-dire qu’à force de mélanger les styles et de tenter de plaire au plus grand nombre, Atreyu choisit souvent le chemin de la facilité  et sombre quelque peu dans un effort qui manque de punch, qui manque de puissance et qui, pourtant, malgré tout ça, reste agréable à l’écoute, presque cohérent dans sa démarche et révèle aussi un excellent chanteur clair, le batteur Brandon Saller, plus discret qu’Alex Varkatzas qui aime pousser le cri. Alors qu’est-ce qui se cache vraiment derrière cette tête de mort presque joviale pour que l’on soit si indécis ?

Le skeud démarre avec le titre éponyme de l’album. Après quelques cris pour bien débuter l’entrée en matière, le groupe propose quelques riffs un peu agressifs avant de lâcher un couplet en chant clair tout mignon et qui manque un peu de virulence. Le refrain sera du même acabit et on va trouver plutôt étrange que le groupe décide de commencer par trois morceaux assez faibles et sans grand intérêt. Cependant, étrangement, In Our Wake marche à la longue, son aspect joyeux et énergique l’emporte finalement sur l’ennui. Cela sera aussi le cas avec House of Gold, plus dans l’émotion, toujours sur la tangente pour basculer dans le lénifiant, et pourtant, là aussi ça fonctionne de façon correcte, sans dénoter. C’est propre, il y a des moments plus nerveux que d’autres, notamment sur les ponts, seuls les refrains demeurent pénibles. Avec The Time is Now, le groupe fait penser à du Fall Out Boy au départ, mais délivre assez vite quelques coups de cordes bien sentis et globalement, là aussi, le refrain catchy fait le taf et même si ça reste trop gentillet, ça reste potable. C’est à partir de Nothing Will Ever Change que le groupe reprend ses droits et propose un vrai Métalcore qui tabasse. Le morceau nous donne vite envie de headbanger dans tous les sens et comme le veut le genre, le refrain en chant clair apporte quelque chose d’entêtant et de plutôt bien fichu. Mais c’est clairement avec Blind, Deaf & Dumb que la magie opère vraiment. En utilisant le rap pour faire les couplets et en gardant constamment des riffs Nu-Métal, Atreyu montre les crocs et ne nous lâche pas une seconde. Résolument l’un des meilleurs morceaux de l’album. Le problème va provenir de la seconde partie de l’album.

La seconde moitié de l’album débute avec Terrified et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on tombe très, très, très bas. Mou, jouant à fond la carte de l’émotion, on a la sensation d’écouter un tube de l’été, une version acidulée d’un Falling in Reverse et c’est proprement dégueulasse. Il s’agit-là du pire titre de l’album où tout est à jeter. Ennuyeux, déjà entendu, le groupe se fourvoie totalement dans un morceau qui, en plus, est injouable sur scène. La suite n’est pas forcément meilleure, puisque Safety Pin débute de façon ultra virulente, laissant sous-entendre à du pur Métal et finalement, on se retrouve sur un petit titre légèrement Hard qui se perd totalement dans des vicissitudes pénibles. Néanmoins, après deux titres franchement moyens, voire mauvais, le groupe retrouve un peu de nerf avec Into the Open, plus dense, plus puissant, même s’il s’agit d’un titre un peu bouche-trou, qui ne reste pas dans les mémoires, la faute à un rythme accrocheur ou encore un refrain bien catchy. Paper Castle sera plus intéressant dans sa démarche, avec un chant plus scandé, proche du rap et un refrain qui tabasse bien. Le groupe se retrouve un peu dans cette nervosité et cette envie d’en découdre. No Control délivre un bon son tapageur mais souffre d’un manque d’originalité, ce que l’on retrouvera avec Anger Left Behind qui manque de rigueur et de souffle. Reste alors Super Hero avec le chanteur d’Underoath et celui d’Avenged Sevenfold, assez proche d’un métal prog et qui demeure finalement assez plaisant.

Au final, In Our Wake, le dernier album en date d’Atreyu, n’est pas forcément un mauvais album, mais il reste quelque chose d’assez factice et qui manque de nervosité, d’élan et d’envie d’en découdre. Si l’ensemble est assez homogène et que certains titres fonctionnent par leur aspect catchy, il n’en demeure pas moins que l’on en attendait plus de la part d’Atreyu, qui se contente du minimum syndical et d’élargir encore et toujours son public. Les débuts Métalcore semblent bien loin…

  • In Our Wake
  • House of Gold
  • The Time is Now
  • Nothing Will Ever Change
  • Blind, Deaf & Dumb
  • Terrified
  • Safety Pin
  • Into the Open
  • Paper Castle
  • No Control
  • Anger Left Behind
  • Super Hero

Note : 13/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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