novembre 26, 2020

Splash

De : Ron Howard

Avec Tom Hanks, Darryl Hannah, John Candy, Eugene Levy

Année: 1984

Pays: Etats-Unis

Genre: Comédie, Romance

Résumé :

Il y a bien des années, alors qu’il était encore un jeune garçon, Allen Bauer fut sauvée de la noyade par une sirène. Aujourd’hui, jeune adulte vivant à New York, il tombe une nouvelle fois à l’eau et c’est une nouvelle fois ce qu’il croit être une sirène qui le secourt. Bientôt, il va rencontrer son âme sœur, une femme dont il tombe amoureux, mais qui semble vouloir éviter l’eau à tout prix…

Avis :

Au milieu des années 80, Disney va essayer de se diversifier un petit peu et de toucher un public plus large. Pour ce faire, la firme aux grandes oreilles va créer les studios Touchstone qui vont produire des films plus adultes tout en gardant l’image de marque de Disney. Parmi les premiers films par les studios, on retrouve alors Splash, une comédie romantique fantastique qui va faire d’une pierre deux coups. C’est-à-dire qu’elle va déjà révéler Ron Howard aux yeux du grand public. Alors qu’il n’avait à son actif que deux longs-métrages plus ou moins connus, Lâchez les Bolides en 1977 et Les Croque-Morts en Folie en 1982, il est approché pour faire Splash et cela va lui ouvrir grand les portes. D’autre part, c’est avec ce film que Disney s’ouvre un peu plus et propose pour la première fois de son histoire une scène de nu. Alors ça reste gentillet et c’est juste une paire de fesses (qui sera censurée de nos jours, comme quoi, plus on avance, plus on régresse…), mais cela a marqué les esprits. Plus que le film en lui-même qui, même s’il demeure sympathique, propose un divertissement mignon mais sans grande séquence.

Le scénario du film mélange très clairement trois genres : la comédie, le fantastique et la romance. Ici, on suivre un jeune homme qui bosse dur et qui est certain de ne pas être capable d’aimer. Alors qu’il se cherche après s’être fait plaqué, il tombe fou amoureux d’une femme qui se trouve être une sirène. Il ne le sait pas et elle lui explique qu’elle est à New York uniquement pour six jours. Pendant ce temps, un scientifique va tout faire pour dévoiler la supercherie au monde entier. Splash, c’est la romcom avec une pointe de fantastique qui se veut un message d’ouverture et d’acceptation. C’est un film qui parle de l’amour, mais aussi de l’humain et de sa capacité à aimer à outrance, quitte à tout perdre. Avec le scénario de ce film, Ron Howard va tenter d’amalgamer les trois genres pour former un métrage hybride, qui doit faire rire, toucher et mettre en plus de l’action. Est-ce que ça marche ? Oui, mais pas tout le temps.

Le principal défaut du film provient de ses moments d’humour totalement forcés. La présence du scientifique, qui est un vrai tocard et à qui il arrive toujours des bricoles comme dans un cartoon, pousse le trait beaucoup trop loin et Ron Howard n’avait pas besoin de cela pour nous faire rire. L’apprentissage de la sirène en plein New York alors qu’elle fait des emplettes et le frère tonitruant qui se fait remarquer et qui parle fort sont autant d’éléments déjà très drôles au sein du film et les péripéties du scientifique sont assez lourdes et collent mal au ton du film. En effet, même s’il y a du fantastique, il est toujours ancré dans le réel pour partir ensuite vers des expériences scientifiques. Là, avec ces fulgurances comiques un peu cartoon, le film perd en intensité, perd en drôlerie. En fait, on a la sensation qu’il fallait mettre ce genre d’humour pour tout de même plaire aux enfants, Disney oblige. Fort heureusement, la partie romantique fonctionne plein pot, montrant un couple touchant, et la partie fantastique va être un moteur de réflexion sur les thématiques du métrage.

Des thématiques importantes, universelles, et qui trouvent un joli prisme à travers cette sirène insouciante, amoureuse, naïve et donc dénuée de tout vice (si ce n’est de faire l’amour de partout, tout le temps). Ron Howard va s’appliquer à montrer que l’amour rend heureux et que tout le monde, à un moment donné, devient complètement grisé par cette sensation enivrante. Avec ce film, on va même voir que l’amour dépasse tout, les conditions physiques, notre nature même, à partir du moment où l’on est heureux. Et tout un chacun peut trouver l’amour, s’il délaisse un peu son travail, pas complètement, mais qu’il pense à l’autre, et qu’il délaisse aussi un peu les vicissitudes de notre monde. Splash détient un joli message de tolérance et d’abnégation, nous montrant que malgré nos différences, on peut s’aimer. Le passage dans le laboratoire secret est très touchant dans ce sens, montrant que l’amour redonne de l’espoir, des couleurs et de la joie. Seule la fin reste un peu en deçà du reste du métrage, s’emballant bien trop rapidement et prônant un total abandon au profit de sa bien-aimée, oubliant de ce fait, la famille et les proches… On notera aussi une absence de génie dans la mise en scène de Ron Howard. C’est bien, c’est joli, mais rien ne marque vraiment et c’est bien dommage.

Enfin, Splash reste un film à voir pour ses acteurs. Tom Hanks est tout jeune, il est pétillant, il semble prendre un plaisir monstre à jouer dans ce film et à rouler des pelles à Daryl Hannah (qui ne le serait pas). De plus, il campe un personnage touchant, qui se remet en question par rapport à sa capacité à aimer et qui va se découvrir. A ses côtés, Daryl Hannah est sexy en diable, mais surtout, elle est excellente dans ce rôle d’ingénue qui va apprendre la vie et qui va découvrir les deux facettes de notre humanité, notre amour/partage et notre peur de l’inconnu avec ce manque d’émotions qui nous caractérise par fois. Pour les personnages secondaires, John Candy est comme à son habitude excellent, tonitruant, il bouffe la caméra, et Eugene Levy joue un scientifique tout d’abord méfiant et détestable, mais qui va devenir finalement fort sympathique sur la fin, apprenant de ses erreurs. Néanmoins, malgré ces quatre acteurs, le reste du casting demeure un peu faiblard et les seconds couteaux ne sont pas à la hauteur du métrage, notamment le « bad guy », ce scientifique sans cœur qui veut mener des expériences sur la sirène.

Au final, Splash de Ron Howard est un film fort sympathique qui n’a pas trop vieilli. Si l’on peut regretter une intrigue qui papillonne un peu trop souvent et des seconds rôles aux abonnés absents, le métrage se regarde sans déplaisir grâce à cette jolie romance, à quelques fulgurances comiques plaisantes et un duo dont l’osmose se voit littéralement à l’écran. Sans rester dans les annales du genre, Splash reste un film plutôt recommandable et qui permettra par la suite à Ron Howard de faire de plus gros projets, Cocoon  ou Willow par exemple.

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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