octobre 21, 2020

Carnifex – World War X

Avis :

Le Deathcore est un genre très particulier dans le domaine du Métal, puisqu’il brasse deux genres qui ne s’entendent pas forcément, à savoir le Metalcore et le Death. Les groupes qui officient dans ce genre suivent un chemin de violence tout tracé, avec des hurlements à tout va sans aucun chant clair et des riffs agressifs qui parfois oublient toute mélodie. Parmi les figures de proue de ce genre, les américains de chez Carnifex ont plutôt le vent en poupe ces derniers temps. Fondé en 2005 à San Diego, le groupe sort un premier album deux ans plus tard puis va enchainer de manière métronomique les efforts, balançant un nouveau skeud tous les ans ou tous les deux ans. Même en faisant une pause d’un an avec des projets parallèles, le groupe arrive à tenir une bonne cadence. Excepté pour ce dernier album en date, World War X. Septième production des californiens, il aura fallu attendre trois ans après le décevant Slow Death pour les revoir sur le devant de la scène et débouler sur les réseaux sociaux avec un featuring classieux, la présence d’Alissa White-Gluz (Arch Enemy) pour proposer un titre prometteur et peut-être un changement de cap pour le groupe. Est-ce vraiment le cas ?

Le problème que l’on peut avoir avec Carnifex, c’est sa violence, inhérente au genre, mais qui parfois va à l’encontre de la mélodie pour ne fournir que cri, double-pédale et riffs ultra saturés. La formation ouvre le bal avec le morceau éponyme de l’album et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on sent un véritablement changement dans la direction artistique du groupe. Il y a une introduction, une volonté de mettre une ambiance pesante et on aura même droit à un break presque lyrique. Ne nous affolons pas, le groupe garde toute sa violence et le final est là pour nous le prouver, mais cela a pour effet de rendre World War X écoutable et de taper des headbangs dans tous les sens. Cependant, chassez le naturel, il revient au galop et avec Visions of the End, le groupe retrouve sa verve et sa virulence. Alors oui, ça tabasse, ça va vite, parfois trop, mais on retrouve tous les travers du groupe qui a du mal à se défaire d’un rythme trop rapide, qui ne laisse pas le temps au morceau de se développer. Et rajouter quelques arrangements épiques n’est pas suffisant pour démontrer une volonté de changement. A la rigueur, ça donne un côté un peu plus épique, mais c’est tout. This Infernal Darkness sera dans le même moule, proposant une petite introduction puis partant dans un délire Deathcore braillard ressemblant au titre précédent et c’est bien dommage. Et Eyes on the Executioner balayera nos derniers espoirs sur le pseudo changement du groupe, qui finalement préfère rester dans sa zone de confort.

Et puis survient, un peu au milieu de l’album, le morceau le plus long, le plus travaillé, No Light Shall Save Us en duo avec la chanteuse de Arch Enemy. Toujours aussi violent, le groupe va tout de même bénéficier d’une orchestration plus grandiloquente et d’une mélodie un peu plus prégnante lorsque la chanteuse y met son nez. En l’état, on reste dans du Carnifex pur jus qui veut toujours aller vers du plus violent, mais certaines fluctuations rythmiques permettent au morceau de se détacher de la masse et de devenir un peu plus intéressant. Avec All Roads Lead to Hell, le groupe propose son deuxième featuring, mais s’essaye aussi à un autre exercice, cela d’un rap métal Deathcore étrange, mais qui s’avère payant et inspiré. Il faut dire que la présence du Guitar Hero Angel Vivaldi dans le morceau n’y est pas étrangère, laissant planer ses riffs aériens durant quasiment tout le titre. Pour faire bref, le morceau, malgré sa virulence décomplexée, est franchement pas mal du tout. Comme quoi, tout arrive. Malheureusement pour nous, les trois derniers morceaux seront à l’image du groupe, bourrins, presque pénibles dans leur exécution et surtout, ils ne restent pas du tout en tête. Brushed by the Wings of Demons essaye d’apporter un peu de douceur au niveau des riffs, mais ça reste trop discret pour vraiment marquer. Reste un solo intéressant et bien foutu. Hail Hellfire a laissé la mélodie sur le bas-côté pour beugler dans le micro et laisser une place bien trop importante à la double-pédale. Pour le coup, on se croirait presque dans du Grindcore et ce n’est pas très agréable. Quant à By Shadows Thine Held, on reste dans du tabassage en règle, sans saveur, sans nuance, fonçant tête baissée.

Au final, World War X, le dernier album en date de Carnifex, est un album qui est réservé aux fans du genre, ceux qui aiment quand ça ne fait que beugler et que ça va vite, très vite. Fidèles à eux-mêmes, le groupe fournit 35 minutes de violence sans filtre et de thématiques sombres pour nous emporter dans un maelström parfois difficilement supportable. Pour autant, le groupe signe son meilleur album…

  • World War X
  • Visions of the End
  • This Infernal Darkness
  • Eyes of the Executioner
  • No Light Shall Save Us feat Alissa White-Gluz
  • All Roads Lead to Hell feat Angel Vivaldi
  • Brushed by the Wings of the Demons
  • Hail Hellfire
  • By Shadows Thine Held

Note: 13/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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