octobre 31, 2020

Cursed – La Rebelle Saison 1

D’Après une Idée de : Frank Miller et Tom Wheeler

Avec : Katherine Langford, Devon Terrell, Gustaf Skarsgard, Daniel Sharman

Pays: Etats-Unis

Nombre d’Episodes: 10

Genre: Fantasy

Résumé:

Une relecture de la légende du Roi Arthur vue à travers les yeux de Nimue, une adolescente dotée d’un mystérieux don, destinée à devenir la Dame du Lac. Après la mort de sa mère, elle part à la recherche de Merlin et d’une ancienne épée, accompagnée du jeune mercenaire Arthur.

Avis:

Cursed : La rebelle est une série tirée d’un roman pour adolescents qui remanie (encore) la légende du roi Arthur. L’intrigue principale n’a rien d’original et joue sur de nombreuses facilités scénaristiques. Rehaussée par certains acteurs talentueux, des décors somptueux et des scènes d’héroïque-fantaisie qui éblouissent par leurs effets spéciaux, la série reste plaisante à suivre.

Cursed : La rebelle constitue un divertissement sympathique mais n’a rien d’exceptionnel, et c’est bien dommage au vu de tous les moyens engagés. La série déplaira sans doute néanmoins aux puristes des légendes arthuriennes, étant donné toutes les modifications. Seul le cas de Merlin reste plus ou moins identique, même s’il redevient le mage puissant que l’on connaît seulement à la toute fin de la saison.

Cursed : La rebelle associe les légendes arthuriennes, la mythologie celte, les vikings et des éléments d’univers de fantaisie médiévale. Le peuple des Faë, par exemple, regroupe nombre d’êtres surnaturels et prodigieux. Serpents, faunes, fées, et autres espèces à cornes et à poils rejoignent progressivement les rangs de la rebelle. La composition entre ces quatre matières donne un univers attrayant et une atmosphère plaisante.

Les décors sont somptueux ; la réalisation les met magnifiquement en valeur. Château monumental, ruines magiques, cours d’eau sublime, navire d’antan… Tous les éléments entrent dans la danse pour le plus grand plaisir de nos yeux ébahis. Les costumes, les effets spéciaux et les maquillages s’avèrent également de qualité.

L’actrice principale manque de crédibilité dans son rôle de Nimue. Elle ne nous transporte pas assez, ne nous touche pas suffisamment. Le spectateur a du mal à la comprendre, à se lier à elle. Katherine Langford nous avait davantage marqués dans son rôle d’Hannah dans 13 reasons why. Elle y avait alors joué une jeune femme traumatisée, touchante et incroyablement sensible. Le personnage de Nimue, destiné à devenir la future Dame du Lac, n’a rien à voir : elle n’exprime que peu ses émotions et ne s’ouvre pas à nous. Elle semble constamment inaccessible et lointaine. Cela constitue un véritable gâchis, notamment quand Nimue prend en charge les Faë et qu’elle essaie de les rallier à sa cause. Tous ses discours de ralliement et d’engouement manquent alors de force et ne convainquent pas le spectateur. Sa souffrance et ses états d’âme ne nous émeuvent malheureusement pas un seul instant. Nimue communique davantage sa rage. Les scènes où elle se montre cruelle s’avèrent plutôt concluantes.

De nombreuses sous-intrigues parsèment la saison un mais toutes ne sont pas approfondies à leur juste valeur. Par exemple, le cas du personnage de Gauvin n’amène que peu d’intérêt à l’histoire. Le spectateur n’apprend rien ni sur son passé, ni sur ses rêves, ni sur les raisons qui le mènent à combattre. Il aide néanmoins les héros et défend sa cause avec cœur.

Le cas de Morgane, la sœur d’Arthur, est plus intéressant. Tout comme celui de Lancelot. Ce sont des personnages ambivalents, au passé tourmenté, au caractère riche et complexe. Des rebondissements endiablés marquent leur parcours. Cependant, ces derniers arrivent expressément aux bons moments, quand les autres personnages en ont le plus besoin, ce qui les dénature.

Le personnage de Perceval attire rapidement notre sympathie. On aime le suivre et assister à sa montée en puissance. Perceval reste fougueux tout du long, cohérent dans ses idées et déterminé. Il nous communique toute sa puissance et son courage. Malgré son jeune âge, il parvient à nous toucher.

Le personnage d’Uther Pendragon intrigue. L’acteur joue à merveille le roi enfant, capricieux, avide d’amour et d’approbations de la part de ses proches. Sa mère apparaît également comme une reine mère crédible, qui nous touche par sa gravité, sa douleur qui transparaît dans le son de sa voix et ses gestes durs.

De la même manière, le personnage de Merlin nous parle. On le sent affaibli, malheureux. L’acteur parvient à nous transmettre la fatigue due à la longue vie de l’enchanteur. Sa rencontre avec le roi des lépreux, afin de récupérer le feu Faë, compose un instant cinématographique très réussi, à l’ambiance glauque et sinistre à souhait. Son entrevue avec Nimue nous fait voyager dans le passé du sorcier. On en apprend alors davantage sur sa culpabilité et ses liens avec l’épée magique. Les retrouvailles entre les deux protagonistes sont émouvantes et bien construites.

Le personnage d’Arthur laisse une sensation mitigée. Il ne ressemble en rien au roi auquel on a l’habitude. Cependant, l’acteur joue un Arthur intéressant, réfléchi, courageux et attentionné, qui ne sait rien encore de sa destinée. L’histoire d’amour qui l’englobe n’étonne pas mais reste joliment tournée.

En ce qui concerne les modes de vie des Faë ou des enfants des glaces (les vikings), le spectateur n’apprend pas grand-chose. Le premier épisode met en avant une cérémonie curieuse à laquelle Nimue participe. Cependant, elle n’est plus rappelée par la suite. Les vikings apparaissent un peu comme par magie, alors que l’intrigue en avait besoin pour repartir. Il est dommage que la série ne prenne pas le temps d’approfondir ces populations, par des dialogues plus intimistes par exemple. Elle préfère se focaliser sur les combats religieux, opposant la chrétienté et les Faë, un combat que de nombreuses œuvres sur les légendes arthuriennes traitent déjà. Les scènes d’action ne sont pas toutes haletantes. Certaines manquent d’entrain, de dynamisme ou d’une mise en scène plus crédible. Les scènes mystérieuses, sans combat inévitable, sont plus réussies.

Cursed : La rebelle se termine sur de belles scènes épiques, dignes des grandes œuvres de fantaisie. Cependant, le personnage de Nimue ne nous transporte pas, comme l’intrigue principale, basée sur un combat religieux, ainsi qu’une lutte pour l’épée magique et le trône qui va avec. Certaines aventures secondaires innovent davantage mais ne sont pas suffisamment mises en avant ni approfondies.

Cursed : La rebelle mériterait des passages plus détaillés sur les Faë et une dirigeante plus charismatique. La série ne réinvente pas la roue. La majorité de ses idées ont déjà été exploitées dans d’autres œuvres. Elle en fait du réchauffé. C’est dommage, surtout lorsque l’on voit que la série réussit à jouer d’arcs narratifs plus novateurs et que la revisite de certains personnages pourraient mener à des histoires plus originales. Les affaires politiques s’enlisent, ennuient même par moment, et se résolvent grâce à des facilités toutes trouvées. Même l’intrigue concernant la vengeance d’un des personnages tarde à se mettre en place. Elle tarde tant que l’on se demande si les scénaristes ne l’ont pas oubliée. Une fois de plus, elle se dénoue au meilleur des moments.

Cursed : La rebelle ne s’est pas encore trouvée. Il ne lui manque néanmoins pas grand-chose pour nous faire rêver. Tous les ingrédients sont réunis. Ne reste plus qu’à les mélanger avec audace. Et impliquer davantage le spectateur.

Note : 13/20

Par Lildrille

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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