octobre 30, 2020

Les Parfums

De : Grégory Magne

Avec Emmanuelle Devos, Grégory Montel, Gustave Kervern, Sergi Lopez

Année : 2020

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

Anne Walberg est une célébrité dans le monde du parfum. Elle crée des fragrances et vend son incroyable talent à des sociétés en tout genre. Elle vit en diva, égoïste, au tempérament bien trempé. Guillaume est son nouveau chauffeur et le seul qui n’a pas peur de lui tenir tête. Sans doute la raison pour laquelle elle ne le renvoie pas.

Avis :

Grégory Magne est un « jeune » réalisateur français qui sort deuxième film après « L’air de rien » sorti en 2012. Si Grégory Magne sort son deuxième long-métrage, il a derrière un parcours assez atypique. Grégory Magne commence en tant que journaliste, notamment pour le journal le Parisien, puis dans les années 2000, il plaque tout pour se lancer dans la navigation, il fera d’ailleurs en 2007 la Transatlantique en solitaire. Expérience qu’il évoquera avec son premier court-métrage.

Huit ans après son premier film, Grégory Magne est de retour dans les salles obscures avec un joli petit film. S’arrêtant sur un sujet des plus atypiques, puisque le réalisateur nous parle d’un métier vraiment pas comme les autres, celui d’être un nez, avec « Les parfums« , Grégory Magne nous entraîne dans une petite comédie dramatique, parfois amusante, parfois touchante. Certes, « Les parfums » ne bousculera pas cette petite et bien étrange année de cinéma, mais l’on passe un chouette moment en compagnie d’une Emmanuelle Devos qui s’essaie à autre chose et un Grégory Montel toujours aussi charmeur et doué.

Guillaume, la quarantaine passée, est chauffeur de maître. Ce jour-là, il doit conduire Anne Walberg, une cliente particulière qui s’avère être surtout difficile car elle a tout de la diva, hautaine et égoïste. Si cette première mission se passe assez mal, Grégory arrive sans le vouloir à piquer la curiosité et l’intérêt de Mlle Walberg, si bien qu’elle fait la demande d’avoir Guillaume sur chacun de ses déplacements. Guillaume ne comprend pas vraiment pourquoi, mais comme le chauffeur n’a pas le choix, il fait avec et au fil des missions, quelque chose s’installe entre ces deux personnes et celle qui était insupportable va se révéler être plus fragile et touchante qu’elle ne le laissait voir…

« Les parfums« , c’est l’histoire d’une rencontre, celle de deux personnages qui n’ont strictement rien en commun, deux personnages qui ont même bien du mal à se supporter et pourtant, malgré cela, ces deux personnages vont se découvrir, s’apprécier et devenir inséparables. À la lecture de ces quelques lignes, il est vrai que « Les parfums » n’a rien d’un film qui nous offrirait du neuf. Des rencontres improbables, qui deviennent et s’imposent comme de très grandes rencontres qui bousculent une vie, le cinéma en regorge et l’on pourrait se demander si « le genre » fonctionne encore et s’il a quelque chose d’autre à apporter. La réponse à cette question est plus complexe qu’elle n’en a l’air, car « Les parfums » est un film qui va être sans grande surprise, hormis le fait qu’il est une surprise dans le sens où malgré un scénario prévisible et des ficelles qui tirent un peu dans le cliché, le film que Grégory Magne nous a concocté demeure un film attachant, amusant, et même touchant. « Les parfums« , malgré une écriture assez convenue, a la chance d’avoir des personnages qu’on aime suivre, des comédiens qu’on aime suivre, entre une Emmanuelle Devos qui sort du drame pour aller (sans trop s’y enfoncer non plus) vers la comédie, avec ici une comédie dramatique qui s’amusera d’elle-même à un certain moment, et un Grégory Montel si attachant et doué qu’on aurait envie de le suivre n’importe où. Puis au-delà de ces personnages et ses acteurs, « Les parfums« , comme son titre peut l’indiquer, est un film qui tient un sujet particulier, puisqu’ici, Grégory Magne nous propose de suivre un nez. Ainsi donc avec ce film, on découvre les subtilités et la richesse de ce métier qui ne se résume pas à créer des parfums pour de grandes ou petites marques. Grégory Magne s’est concentré sur son sujet, il a en décortiqué le moindre de ses recoins pour le retranscrire à l’écran, et surtout pour le retranscrire de manière intéressante, presque passionnante pour le coup.

Si l’on ne gardera pas un souvenir impérissable de ce film, « Les parfums » demeure cependant un bon petit divertissement. « Les parfums« , c’est un film qui tient entre drame et comédie, un petit côté feel good et presque road trip, qui nous amuse. Grégory Magne livre là un petit film joliment réalisé. L’un de ces films qui peuplent une année de cinéma et qui malgré le fait qu’ils ne soient pas aussi grands et aussi bons que certains, demeurent des films qui font du bien, des films très appréciables, voire plus encore, et surtout des films qu’on prendra plaisir à revoir, voire à redécouvrir d’ici quelques années, quand ces derniers seront devenus le souvenir du « tu te souviens du film sympa avec Devos et Montel sur les parfums ? Tiens, je me le referais bien ». Et c’est peut-être là, avec l’envie de nous le refaire, que Grégory Magne réussit totalement son film.

« Les parfums » est donc un sympathique moment de cinéma. Ce n’est pas un grand film, mais il demeure un métrage attachant et amusant. On se plaît à suivre cette relation client/chauffeur qui peu à peu mute et se transforme en de l’amitié. Certes, c’est prévu, certes, il n’y a pas de grande surprise, mais aussi, finalement, pour ces personnages-là et pour cette histoire-là, Grégory Magne nous offre le petit film qu’il faut et c’est tout ce qui compte.

Note : 14/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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