décembre 5, 2020

The Jurassic Games

De : Ryan Bellgardt

Avec Ryan Merriman, Perrey Reeves, Adam Hampton, Rett Terrell

Année : 2019

Pays : Etats-Unis

Genre : Science-Fiction, Horreur, Action

Résumé :

Dans un futur proche, dix condamnés à mort sont contraints de participer à un jeu de réalité virtuelle qui les oppose à des dinosaures et les uns aux autres.

Avis :

De nos jours, le mot nanar n’a plus vraiment de sens. En effet, il fut un temps où le nanar était un film raté mais fait avec sérieux ou sans l’envie de surfer sur un vague succès connu du grand public, mais simplement de divertir avec des situations improbables, de mauvais acteurs et un budget riquiqui. Aujourd’hui, il existe carrément des studios qui ne font que ça, sachant pertinemment ce qu’ils font, tout simplement pour gagner de l’argent sur le dos de certains incrédule sou d’indécrottables maniaques qui veulent tout voir, même les films les plus ringards. Asylum ou Syfy sont devenus des professionnels dans la production de grosses daubes pénibles, avec généralement de grosses bêbêtes pixélisées dedans, mais le sens même du nanar a disparu, puisque ces mauvais films sont faits intentionnellement. Du coup, les Sharknado, les Atlantic Rim ou autre Transmorfers sont des purges qui relèvent du navet plus que du nanar, avec en sus un petit supplément cynique insupportable. Existe-t-il donc encore des films ratés faits avec le cœur ? Peut-être, mais encore faut-il être indulgent, car si The Jurassic Games est un navet de luxe, il possède une chose que les autres n’ont pas, du rythme et la tentative de mettre du fond.

Ce film possède un scénario hautement improbable et détient le prix du mash-up le plus pété de toute l’histoire du cinéma. C’est bien simple, on prend Hunger Games et on envoie les condamnés à mort dans un jeu virtuel avec des dinosaures. En mélangeant l’ensemble, vous obtenez le titre même du métrage, qui ne s’embête même pas à brouiller les pistes sur ses deux références. Donc ici, on va suivre une émission télévisée futuriste qui fait un carton et qui met en scène dix condamnés à mort qui vont risquer leur vie dans un jeu virtuel. Le dernier survivant obtiendra sa liberté. Et dans cette session, on retrouvera un père, accusé à tort d’avoir torturé et tué sa femme. Coups bas, traitrise, dialogues insipides, surjeu, créatures en pixels, tout sera réuni pour que l’on passe un mauvais moment. Cependant, le film ne se cache pas derrière une jaquette mensongère ou un pitch halluciné, même si le militaire présent sur l’affiche n’est pas présent dans le film. The Jurassic Games sait pertinemment qu’il est un mauvais film et il agit comme tel, proposant à chaque fois des moments stupides et gênant, mais n’oubliant jamais un rythme effréné afin de ne pas ennuyer le spectateur. Ce qui est déjà pas mal, mettant de suite les personnages dans le bain, avec des dinosaures qui attaqueront avec parcimonie.

Néanmoins, il faut reconnaître que malgré la qualité rythmique du film, on va vite faire le tour des intentions du réalisateur. Ici, tout est bon pour mettre en avant des affrontements inutiles, des associations de malfaiteurs bancales et des mises en mort factices. Les dinosaures ne servent pas à grand-chose, si ce n’est à tuer une paire de personnes, alors que les humains se mettent constamment sur la tronche. La mise en scène est faiblarde, les combats sont mous quand certains ne sont tout simplement pas probables. Les relations entre les personnages sont inexistantes et incohérentes et on ne ressentira de l’empathie pour personne. Et pourtant, le métrage se donne un mal fou à présenter ces dix protagonistes, même celui qui va mourir dans les premières minutes. Si on aura toutes les strates de la maladie mentale, allant du cannibale au poseur de bombe à la tueuse en série et au chef de cartel, tous ces personnages ne sont que de la chair à canon pour ce pauvre père de famille qui se retrouve bien malgré lui dans ce bordel. Un héros mutique, pas très charismatique, qui accumule les points de chance et qui va, comme par hasard, s’en sortir. Il ne faudra pas chercher de surprise du côté du scénario tant tout est prévisible et mauvais. Tout comme les effets spéciaux, mais ça, c’est un état de fait quand on sait dans quoi on met les pieds. Cependant, certaines scènes valent leur pesant de cacahuètes, à l’image de ce pauvre tricératops qui va sauter sur une mine…

Mais on ne peut pas reprocher au film d’essayer de mettre du fond dans on métrage. Ici, The Jurassic Games tente de dire que la peine de mort, c’est mal, et que le sensationnalisme à la télévision, c’est mal aussi. Deux sujets forts, mais qui sont traités ici par-dessus la jambe, le plus important étant les dinosaures et les types qui se foutent sur la gueule. On aura bien quelques manifestations, quelques passages chez les enfants du père dans le jeu qui montreront à quel point les médias n’ont aucune limite pour faire pleurer dans les chaumières et faire de l’audimat, mais c’est bien tout. On sent que le film ne veut pas s’attarder sur ces sujets et d’un autre côté, vu la maladresse globale de l’entreprise, ce n’est pas plus mal. Reste alors cette fin pessimiste à souhait. Une fin qui démontre que même si on se rebelle, même si déontologiquement, cette émission est une honte, le poids de l’argent, le poids de la masse populaire est toujours plus forte. Car si ça finit bien pour notre héros (qui en aurait douté ?), on restera sur une note nihiliste où quoi que l’on fasse, malgré nos convictions, les méchants gagnent toujours à la fin, et en plus de ça, ils sont remplaçables. Alors oui, c’est de l’extrapolation, mais ça reste ce que veut dire le film en substance et ce serait dommage de ne pas lui accorder ce crédit.

Au final, The Jurassic Games est une grosse purge sur un plan formel. C’est moche, c’est mal joué, c’est très mal réalisé et les passages dans le jeu en virtuel sont tout simplement imbuvables. Mais le film tente de mettre en avant un fond avec les moyens qu’il a. Certes, on est loin visuellement d’un Hunger Games, on n’est pas dans la même catégorie, mais le film essaye de démontrer quelque chose, de dénoncer un futur qui n’est peut-être pas si éloigné que cela. Du coup, malgré son côté cynique et raté, The Jurassic Games s’avère un poil plus sympathique que la moyenne, sans pour autant devenir un bon film. En vérité, il n’est même pas moyen, mais bon, on se rattrape aux branches comme on peut…

Note : 06/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.