octobre 27, 2020

Rasta Rockett

Titre Original : Cool Runnings

De : Jon Turteltaub

Avec Leon Robinson, Doug E. Doug, Rawle D. Davis, Malik Yoba, John Candy

Année: 1993

Pays: Etats-Unis

Genre: Comédie

Résumé:

L’histoire véridique de quatre Jamaïcains qui ont un rêve fou : obtenir une médaille d’or dans une discipline olympique qui leur est totalement inconnue et impossible à pratiquer chez eux : le bobsleigh !

Avis:

Les exploits sportifs ont toujours inspiré les scénaristes et les réalisateurs. Il faut dire qu’au même titre que les récits de guerre victorieux ou encore les moments marquants de l’histoire, ces films permettent de cristalliser des passages historiques, même si on n’est pas forcément dans la même catégorie. Prenons Rasta Rockett par exemple, dont la portée est moins forte qu’un Invictus ou un film de guerre, mais qui pourtant raconte un moment historique qui aura marqué les mémoires pour ceux qui ont vécu les J.O. d’hiver de Calgary en 1988. Feel Good Movie par excellence, le film de Jon Turteltaub vole tranquillement vers ses trente années d’existence et pourtant, il reste toujours aussi efficace, drôle et profond, prenant même une autre dimension par rapport au racisme que l’on vit aujourd’hui. Et si l’histoire n’est pas vraiment respectée, si le film a été remanié de nombreuses fois avant d’avoir cette forme qu’on lui connait, il n’en demeure pas moins que ce métrage nous donne une pêche d’enfer et nous laisse avec le sourire aux lèvres.

Le scénario s’inspire donc d’une histoire vraie, celle d’une équipe de bobsleigh qui provient de Jamaïque. Un jeune homme, qui rate son entrée aux jeux olympiques d’été à cause d’une chute, décide, par un concours de circonstance, de devenir un champion de bobsleigh. Et dans les années 80, c’est exactement ce qu’il s’est passé avec quelques détails rajoutés pour les besoins du film, pour lui donner une dimension un peu plus tragique et social. Ainsi donc, cette équipe va partir pour le Canada et va se confronter aux moqueries des adversaires, mais aussi au respect qu’ils vont devoir gagner pour s’imposer dans un milieu exclusivement blanc. D’un point de vue scénaristique, Rasta Rockett a tous les atours de la comédie bonne enfant, qui met du baume au cœur et qui ne peut que bien se finir. A la base, le film devait être plus tragique, mais finalement, les producteurs ont décidé d’en faire une comédie, mais une comédie qui a du fond et qui essaye de faire passer un message. Un message universel, important, et qui plus que jamais marque encore notre époque, l’acceptation de l’autre qui est différent et refuser le racisme.

Car oui, malgré un humour un peu potache et des situations ubuesques pour faire rire les enfants, Rasta Rockett va mettre en place des situations délicates et qui trouvent un écho aujourd’hui. Par exemple, de nombreux pilotes de bobsleigh vont se montrer véhéments envers les jamaïcains, pour la bonne et simple raison qu’ils sont noirs. Ce racisme latent résonne aujourd’hui, malheureusement, et le film y apporte la meilleure réponse possible, l’indignation et un combat pour gagner le respect de ses pairs blancs. Un respect qui devrait déjà être acquis, mais qui prouve que par le combat, par l’abnégation, on obtient toujours ce que l’on veut. Outre le racisme que le film pointe du doigt, on a aussi un message qui explique qu’il faut être fier de ses origines, fier d’où l’on vient. En effet, alors que l’équipe loupe son premier run, on voit vite que les raisons de cet échec résident dans une comparaison malsaine avec d’autres équipes qui n’ont pas les mêmes origines, les mêmes motivations et le même rythme. Et c’est en restant soi-même, en prônant une liberté d’être, que les joueurs vont réussir leur coup et rentrer dans le cœur de la population.

Mais ce qu’il y a de bien dans ce film, c’est aussi que chaque personnage possède un background très important permettant de brasser de nombreux autres sujets. Ainsi donc, le héros veut participer aux JO parce que c’est un compétiteur né et qu’il veut faire honneur à son défunt père et à sa patrie. On trouvera donc un homme en proie au doute mais qui va devoir renouer avec les siens et combattre ses peurs pour réussir à se surpasser. Un homme dont l’optimisme est contagieux. A ses côtés, on va retrouver le rigolo de la bande, celui quia peur de tout, qui craint le froid mais qui s’avère fidèle. Il est fier d’être jamaïcain et c’est celui qui va ramener tout le monde sur le droit chemin, prônant fièrement ses origines pour se démarquer des autres. On aura aussi Junior, le fils à papa, très riche, mais qui a du mal à s’imposer et subit les moqueries des autres et écoute son père au doigt et à l’œil. Cette aventure va lui permettre de s’affirmer et de grandir. Enfin, le dernier pilote sera le dur, le bad guy du groupe, mais il va s’adoucir au fil du temps, trouvant finalement de vrais amis et une vraie raison de rêver. Cette douce équipe sera alors entrainer par un homme à la fois dur et attachant, cachant un lourd secret, mais se donnant corps et âme pour ces quatre garçons optimistes et plein de bonne volonté. Bref, sous ses airs de comédie légère, Rasta Rockett présente des personnages denses et intéressants.

Néanmoins, le film comporte quelques petites faiblesses. Des faiblesses qui n’entacheront en rien la qualité intrinsèque du film, mais qui restent bien présentes. En premier lieu, la mise en scène de Jon Turteltaub demeure simple et assez anecdotique. Il n’y a pas de plans impressionnants, pas de money shot et même l’accident à la fin du film reste très académique. Alors cela reste bien fait, on ne décroche jamais vraiment du film, mais il manque peut-être quelques plans qui viennent titiller la rétine. Ensuite, le casting reste un peu faiblard. Si John Candy (qui décèdera quelques semaines après la sortie du film aux US à l’âge de 43 ans) survole l’ensemble et irradie de son charisme, les quatre jeunes acteurs resteront un peu en deçà. D’ailleurs, hormis Malik Yoba qui tourne encore aujourd’hui, c’est plus compliqué pour les autres acteurs. Et on peut comprendre pourquoi car sans être mauvais, ils demeurent assez transparents, surjouant par moments. Quand on sait qu’à la base, les quatre garçons devaient être incarnés par Denzel Washington, Marlon Wayans, Wesley Snipes et Eddie Murphy, on peut se demander ce que cela aurait donné avec plus de budget. Tous ces petits défauts restent cependant assez mineurs et, comme dit auparavant, ne figent pas le film dans, s’effaçant bien vite face aux autres qualités du métrage.

Au final, Rasta Rockett est une vraie réussite. Il fait partie de ces films qui donnent une pêche d’enfer et nous laissent sur un sentiment de plénitude. Feel Good Movie par excellence, le film de Jon Turteltaub ne semble pas vieillir et reste toujours aussi drôle et toujours autant d’actualité dans ses thématiques. Rares sont les comédies qui continuent à marcher des années plus tard sans tomber dans un aspect ringard et force est de constater que Rasta Rockett vieillit bien, très bien même.

Note : 17/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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