Avicii – True

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Avis :

La musique électronique subit en ce moment une grande sclérose à cause de certains grands pontes qui régissent le milieu. On pense bien évidemment à David Guetta et son caniche mort sur le crâne, Bob Sinclar et son bronzage permanent ou encore Martin Solveig et sa tronche de chien battu. Du coup, il assez difficile d’innover sans ressembler à quelqu’un ou alors de faire la même chose pour faire danser les foules et s’assurer des sous dans la poche et une renommée internationale. Bien sûr, tout le monde ne fait pas ça et essaye de se trouver un son particulier. Bruno Bennassi possède des sonorités assez lourdes alors que Skrillex va vers le dubstep et la distorsion de sons ou Kavinsky va plus jouer sur une ambiance urbaine calme avec des instruments inédits dans ce milieu comme des violons. Avicii se cale dans la catégorie des personnes qui utilisent la facilité et qui reprennent des sonorités déjà entendues mille fois pour s’assurer une visibilité conséquente. Doit-on le blâmer de vouloir aussi sa part de gâteau ? Bien sûr que non, mais le problème, c’est que tout un album avec la même rengaine, c’est très pénible, surtout quand ça ne sort pas des sentiers battus. Alors que vaut le dernier né du jeune DJ suédois Avicii ?

Le skeud commence avec son titre phare, celui qui a fait la joie des radios qui se sont bien paluchées dessus et des jeunes en boîte qui ont bien pécho là-dessus, Wake Me Up. Outre le fait que l’intro à la guitare sèche soit sympa et que la voix du type passe bien, on tombe rapidement dans un son déjà entendu des centaines de fois avec une boîte à rythme répétitive et un refrain facilement mémorisable. Alors c’est sûr, c’est entrainant, c’est dansant, mais ça n’apporte rien de neuf et c’est dommage. You Make Me, le deuxième titre, est dans la même veine que le premier avec un rythme agréable mais sans aucune originalité. Il ne suffit pas de mettre des sons qui ressemble à du clavier pour faire quelque chose d’intéressant. C’est binaire et n’a pour vocation que d’être distribué dans les boîtes crâniennes des jeunes qui ne savent pas ce qu’est la technicité des musiciens. Hey Brother est un petit peu mieux que les deux morceaux précédents car il présente une intro douce qui rend son temps avec une guitare acoustique agréable. Bien entendu, le moment dansant arrive après avec des sons électros déjà entendus mille fois et le seul brin d’originalité viendra de l’utilisation d’instruments à vent comme la trompette. Néanmoins, cela reste plus intéressant que les deux titres précédents. Addicted to You nous sert une intro qui ressemble à du Asaf Avidan grâce à sa chanteuse à la voix particulière, mais rien ne sauve la pièce du naufrage car c’est mou et surtout ça n’accroche pas du tout l’oreille ! Au contraire, ça l’écorche ! En milieu d’album, on trouve Dear Boy, un long morceau purement électro et qui pour le coup reste sympa. L’intro est assez puissante jusqu’à la partie chantée où la nana se débrouille assez bien. Mais le gros hic, c’est qu’encore une fois, on tombe sur une section très longue qui rappelle du David Guetta avec en plus des sonorités qui font un peu plus old school. Si c’est divertissant et entrainant, ça n’a pas une once d’originalité encore une fois.

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C’est alors que survient la surprise du skeud, le morceau inattendu, celui qui montre enfin que le type en a sous le capot. Liar Liar est un morceau vraiment innovant, qui mélange habilement le piano, le clavier et l’électro. C’est frais, y’a de la voix masculine et féminine, c’est entrainant et c’est presque inédit. Les morceaux de claviers font penser à du The Who et le solo est hyper percutant. La suite sera un peu moins emballante, même si Shame on You est amusante et plutôt bien rythmée, changeant un peu de ce que l’on a l’habitude d’entendre sur la radio avec son piano mais on a encore droit à des sonorités électros que l’on connait déjà et qui brise toute la nouveauté du titre. Lay Me Down est assez surprenant car il ressemble à un morceau de disco avec toujours un côté récent ; C’est sympathique mais super facile et sans grand intérêt. Hope There’s Someone est très jolie, sauf qu’elle est brisée par des paroles lénifiantes et encore une fois par un rythme classique qui vient casser le côté enivrant et planant du morceau. Enfin, l’album se termine par Heart Upon my Sleeve qui doit droit à une intro à la guitare de bonne facture, très touchante et donnant l’espoir de tomber sur quelque chose de plus profond. Malheureusement, la guitare sera vite remplacée par des boîtes à rythme insupportables et surtout, surtout par des violons qui rappellent sans équivoque Kavinsky. Sauf que si avec ce dernier on avait droit à une cohérence et une continuité dans la même chanson, avec Avicii, on obtient des choses mises bout à bout sans liant et cela pose un gros problème. On a l’impression d’écouter un gars qui a bien copié mais qui n’a pas trouvé son propre style.

Au final, True, l’album soi-disant évènement d’Avicii est une belle déception car il ne se démarquera jamais de ses homologues qui ont déjà une grosse carrière derrière eux. Piquant des idées à droite et à gauche mais sans jamais trouver sa marque de fabrique, Avicii choisit la facilité et donne ce qu’attend le public, quelque chose qui sert à faire danser dans les boîtes, quelque chose de superficiel. Le succès sera assuré, le talent l’est beaucoup moins, on se rabattra plus facilement sur Kavinsky ou C2C.

  1. Wake Me Up
  2. You Make Me
  3. Hey Brother
  4. Addicted to You
  5. Dear Boy
  6. Liar Liar
  7. Shame on Me
  8. Lay Me Down
  9. Hope There’s Someone
  10. Heart Upon my Sleeve

Note : 06/20

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Par AqME

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