octobre 29, 2020

Saawariya

De : Sanjay Leela Bhansali

Avec Ranbir Kapoor, Sonam Kapoor, Salman Khan, Rani Mukerji

Année: 2009

Pays: Inde

Genre: Romance

Résumé:

Artiste vagabond et doux idéaliste, Raj arrive dans une ville rêvée, entourée de montagnes, drapée de brume et enveloppée de magie. Lors d’une nuit étoilée, il remarque une jeune femme voilée de noir qui se tient seule sur un pont. C’est Sakina, mélancolique et mystérieuse, dont il tombe amoureux. Tentant de la séduire, le jeune homme découvre peu à peu le secret dissimulé dans le cœur de Sakina. Tous deux s’embarquent alors pour un voyage de romance, de désir et de passion…

Avis :

Sanjay Leela Bhansali est l’un des plus grands réalisateurs d’Inde. S’il a fait quelques films vers la fin des années 90, c’est au début des années 2000 qu’il se fait grandement remarquer avec « Devdas« , film démesuré de plus de trois heures, qui s’impose un peu partout dans le monde, et surtout qui s’impose comme un classique du cinéma indien. Après ce mélodrame musical, Sanjay Leela Bhansali a opté pour le drame et a présenté « Black« , un drame qui suit le destin d’une enfant devenant sourde et muette à l’âge de deux ans.

Après avoir littéralement eu des idées noires, Sanjay Leela Bhansali a décidé pour son film suivant de revenir vers quelque chose de plus gai, de plus romantique et de plus bollywoodien et c’est ainsi qu’est arrivé « Saawariya« , qui va être une adaptation des « … nuits blanches » de Fiodor Dostoïevski. Ce retour donc au mélo sentimental et chanté made in Bollywood est un film qui fut une expérience certes sympathique, mais aussi décevante. Si l’on se satisfera de la magie, des décors, ou encore de cette histoire d’amour qui a bien des regards, s’éloigne des standards, il faut dire que « Saawariya » a tendance à se faire long, à trop chanter et parfois à tomber dans le cliché qu’on imagine bien venant du cinéma bollywoodien. Bref, j’en ressors alors mitigé, partagé entre féerie et ennui…

Raj est un artiste qui vagabonde de ville en ville. Raj est une bulle de bonheur et partout où il va, il apporte avec lui joie et gaité. Un jour, il arrive dans une petite ville perdue dans les montagnes. Il réussit à se faire embaucher comme chanteur dans un cabaret. La nuit de son arrivée, il va rencontrer Sakina, une jeune femme sublime, à la tristesse magnifique. Raj en tombe fou amoureux de suite. Mais il va apprendre que la belle est déjà engagée et qu’elle attend l’homme de sa vie, qui après une année passée loin d’elle, reviendra le soir de l’Aïd. Malgré cela, Raj ne se décourage pas et continue de rêver et d’instaurer la joie et la bonne humeur.

Nouvelle plongée dans le cinéma indien et je dois dire que cette nouvelle séance de cinéma ne fut pas aussi bonne et passionnante que la précédente. « Saawariya« , c’est un film qui dans un sens, est terriblement frustrant, car le film est une sorte de promesse un peu folle. Une promesse qui est tenue en grande partie, nous offrant un film et un spectacle clairement dépaysant, et pourtant, malgré tout un tas de qualités, « Saawariya » demeure un film qui a du mal à fonctionner ou du moins c’est un film devant lequel il s’en dégage un sentiment d’ennui. Et ce sentiment est d’autant plus regrettable, parce que pour ce film, Sanjay Leela Bhansali nous a sorti le grand jeu.

Bien avant son intrigue, la première chose qui frappe dans « Saawariya« , c’est son ambiance. Dès les premières minutes du film, le réalisateur indien nous entraîne dans une sorte de conte des mille et une nuits. Doté de décors incroyables et d’une photographie des plus poétiques, « Saawariya » s’impose à l’écran, on en prend plein les yeux. Sanjay Leela Bhansali a vraiment quelque chose de démesuré dans son cinéma. Il a vraiment un style qui envoûte dès qu’on arrive dans ses films (enfin pour les deux que j’ai vus pour l’instant).

Pour nous raconter au mieux cette histoire d’amour, Sanjay Leela Bhansali nous offre plein de merveilles. Le réalisateur nous offre des séquences inspirées, il fait de cette ville un endroit où chaque rue, chacun intérieur, chaque pont, est un décor irréel qui pousse toujours plus loin le romantisme et l’amour. Comme c’est souvent le cas avec le cinéma indien, il faut faire avec les scènes chantées, et s’il y en a parfois trop et que parfois, on sombre dans un cliché kitschouille à la limite de la ringardise (La scène presque hilarante où Raj chante chez lui son bonheur, à sa sortie de douche… C’est quelque chose, là, il se passe quelque chose à l’écran, il faut avoir les reins et le cerveau solide…), la plupart du temps, ces scènes-là sont au-delà du sublime. Sanjay Leela Bhansali offre de l’énergie, de la beauté, et même si, comme je le disais, il y en a trop, ces scènes-là servent toujours l’intrigue.

Toujours pour aller dans le bon sens, il faut aussi noter les comédiens qui se donnent totalement, s’amusent et ont tendance à nous communiquer leur enthousiasme. Il est difficile de résister au charme que dégage Ranbir Kapoor, Sonam Kapoor, Rani Mukerji ou encore, et là, c’est mon coup de cœur, Zohra Segal qui incarne Lollipop, la petite mamie qui loue une chambre à Raj.

Enfin, du côté du scénario, « Saawariya » tient une histoire pleine d’intérêt. Sanjay Leela Bhansali nous raconte une belle histoire d’amour qui nous réserve deux trois surprises et un final assez surprenant.

Mais voilà, derrière tous ces bons points, derrière toutes les qualités que peut avoir le film, « Saawariya » est un film qui a une tendance à décevoir, car même si l’histoire d’amour est belle, même si visuellement parlant, on en prend plein les yeux, même si le film tient toutes ses promesses nous offrant un conte féérique, « Saawariya » est aussi un film mou, qui a tendance à traîner en longueur. Si on peut lui passer certains moments kitschouilles et certaines idées, ou encore ce trop-plein musical, il est vrai qu’on a plus de mal avec ces moments, où finalement il ne se passe pas grand-chose, ou encore ces moments où l’histoire a tendance à se répéter. « Saawariya » aurait mérité d’être coupé, car on peut très facilement lui enlever une belle demi-heure. Ainsi, le film et l’intrigue auraient été plus rythmés, il n’y aurait sûrement pas eu ces moments de relâche où il ne se passe pas grand-chose, où l’on attend de nouveau que le film nous reprenne et nous emporte.

Sur l’ensemble, et peut-être parce que je suis plus optimiste que pessimiste, « Saawariya » est un film qui demeure sympathique. Sanjay Leela Bhansali offre une belle histoire, du dépaysement, du spectacle, une photo et des décors incroyables. Le tout est mené par de bons acteurs et des personnages qu’on apprécie. Non franchement, sur l’ensemble, le film demeure sympathique et je suis assez content de m’y être arrêté et ça, même si, toutes les promesses faites ne sont pas tenues et que malgré tout, un sentiment d’ennui a eu tendance à s’installer au fur et à mesure.

Note : 11/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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